Détroit d’Ormuz : Oman, l’équilibriste face à la tempête moyen-orientale
Au cœur d’une région en proie à des tensions exacerbées, le Sultanat d’Oman se retrouve, une fois de plus, à la croisée des chemins. Sa position géographique privilégiée, à l’orée du détroit d’Ormuz – cette artère vitale du commerce mondial de pétrole – est à la fois sa plus grande richesse et son plus lourd fardeau. Alors que la stratégie de ‘monétisation du passage’ adoptée par l’Iran secoue les fondations de la stabilité régionale, Mascate, fidèle à sa tradition de médiation et de neutralité, lutte pour maintenir son influence dans ce jeu de pouvoir complexe.
Musandam, sentinelle silencieuse d’une voie maritime cruciale
Aux confins de la péninsule Arabique, où les montagnes ciselées rencontrent des fjords majestueux, se niche Musandam. Ce petit territoire omanais, enclavé au sein des Émirats arabes unis, n’est pas seulement un bout de terre isolé ; il est l’un des centres névralgiques du monde. Ses côtes escarpées surplombent le détroit d’Ormuz, un goulet d’à peine 40 kilomètres de large par lequel transite, en temps normal, un cinquième de la production pétrolière mondiale. Une scène paisible, capturée le 27 mars 2026 par ELKE SCHOLIERS pour « LE MONDE », montre des vraquiers et des pétroliers amarrés dans le golfe d’Oman, face au port de Sohar, tandis qu’une famille prend le thé près de la plage de Shinas. Une image qui contraste fortement avec la réalité actuelle.
La paralysie du détroit : quand la rente se mue en risque
Depuis un mois, le tableau idyllique de Musandam a cédé la place à une mer étrangement calme. Le ballet incessant des tankers, autrefois régulé par la station-radar perchée au sommet de la péninsule, a été pétrifié. Les vingt navires attaqués par l’Iran, en représailles aux bombardements américano-israéliens sur son territoire, ont transformé ce couloir maritime en zone de haute tension. Selon les chiffres alarmants du Lloyd’s, le géant britannique de l’assurance maritime, seuls 150 bateaux ont osé emprunter ce passage depuis le 1er mars, un trafic qui équivalait, avant la guerre, à une seule journée de navigation. La station-radar, jadis gardienne du flux commercial, est désormais dévolue à une tâche plus sombre : repérer les équipages en détresse, victimes d’un drone iranien. Pour Oman, cette situation est un dilemme cornélien : comment préserver sa prospérité et sa sécurité lorsque sa principale source d’influence devient un point de friction international ?
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