L’Algérie et le Niger : Un Pacte de Sécurité Mutuelle et une Coopération Stratégique Relancée
Niamey, le 25 mars 2026 – Dans un geste diplomatique fort, le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a martelé l’interdépendance sécuritaire entre l’Algérie et le Niger lors de sa récente visite dans la capitale nigérienne. « La sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger et la sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie », a-t-il déclaré, soulignant l’importance cruciale d’un partenariat renforcé. Cette initiative, orchestrée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, vise à consolider les liens avec les régimes militaires du Sahel, notamment le Niger et le Mali, dans un contexte régional volatile.
Un Partenariat Stratégique Réaffirmé
Arrivé à Niamey le 23 mars, Sifi Ghrieb était à la tête d’une imposante délégation composée d’une dizaine de ministres et d’éminents hommes d’affaires. L’objectif : coprésider la commission mixte de coopération Niger-Algérie. Les discussions ont abouti à une déclaration conjointe réaffirmant « leur volonté commune de hisser leur partenariat à un niveau stratégique encore plus élevé, en accordant une priorité particulière à leur coordination sécuritaire ».
Priorité à la Sécurité Transfrontalière
Les deux nations, partageant une frontière désertique de 959 kilomètres, sont confrontées à des défis sécuritaires communs. Au cœur des préoccupations figurent la lutte contre « la menace terroriste », la criminalité transfrontalière et l’intensification du commerce illicite. La ville nigérienne d’Assamaka, située à seulement 15 kilomètres de l’Algérie, est un carrefour migratoire majeur et une zone particulièrement exposée aux attaques jihadistes, ce qui rend la collaboration sécuritaire d’autant plus impérative.
Impulsion Économique et Projets d’Envergure
Au-delà des enjeux sécuritaires, Alger et Niamey ont manifesté leur ferme intention de dynamiser leurs relations économiques et commerciales. L’accent a été mis sur l’« accélération » de projets structurants pour la région.
Accélération des Infrastructures Transsahariennes
Parmi les initiatives phares, on retrouve le projet de gazoduc transsaharien, la route transsaharienne, et la mise en place d’une liaison transfrontalière par fibre optique. Ces infrastructures sont perçues comme des leviers essentiels pour le développement économique et l’intégration régionale, promettant d’ouvrir de nouvelles perspectives commerciales et de communication.
Un Don Énergétique Symbolique
En signe de solidarité et de soutien au développement nigérien, l’Algérie a annoncé l’offre d’une nouvelle centrale électrique de 40 MW. Les travaux de construction de cette centrale, dont le lancement a été officialisé par les Premiers ministres des deux pays, devraient s’achever d’ici le 30 juin 2026, apportant une contribution significative à l’approvisionnement énergétique du Niger.
Le Dégel des Relations au Sahel
Cette visite marque une étape cruciale dans le processus de normalisation des relations entre l’Algérie et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), après une période de tensions.
Surmonter les Tensions Passées
Les relations entre Alger et le Mali, le Burkina Faso et le Niger, tous membres de l’AES, avaient connu une période de froid notable. Un incident impliquant un drone malien abattu par l’armée algérienne en avril 2025 avait entraîné le rappel des ambassadeurs par les juntes sahéliennes, suivi d’une riposte diplomatique d’Alger. Cependant, un vent de rapprochement souffle désormais sur la région.
Vers une Influence Algérienne Renforcée dans l’AES?
Le président Tebboune avait déjà initié le dégel en février, en décidant du retour de l’ambassadeur d’Algérie au Niger, peu après la reprise des activités de l’ambassadeur nigérien à Alger. L’entrée officielle en fonction de l’ambassadeur algérien à Niamey le 24 mars concrétise ce renouveau. Cette dynamique suggère une volonté d’Alger de réaffirmer son rôle d’acteur régional majeur et de maintenir un dialogue constructif avec les juntes du Sahel, potentiellement pour influencer les équilibres géopolitiques au sein de l’AES. Ce rapprochement pourrait positionner le Niger comme un « cheval de Troie » de l’Algérie au sein de cette confédération émergente, comme l’a suggéré une analyse récente de Jeune Afrique. (Avec AFP)
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