Le Digital, un Levier Pédagogique Salué par la Majorité
L’éducation marocaine se tourne résolument vers l’avenir, et le numérique en est le fer de lance. C’est ce que révèle l’enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS) 2024, menée par l’Instance nationale d’évaluation auprès du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Un chiffre éloquent :
94% des enseignants du secondaire collégial marocain estiment que les outils digitaux sont un puissant levier pour stimuler l’intérêt des élèves.
Les conclusions de TALIS 2024 brossent le portrait d’un corps enseignant marocain enthousiaste face aux opportunités offertes par le numérique. Au-delà de l’intérêt suscité, 89% des professeurs au collège voient dans ces technologies un moyen d’améliorer significativement les performances des apprenants. De plus, 81% d’entre eux reconnaissent que le digital favorise une meilleure collaboration en classe, ouvrant la voie à des pédagogies plus interactives et participatives.
Les Ombres au Tableau : Distraction et Adoption de l’IA
Malgré cet optimisme généralisé, l’enquête, dont les résultats ont été présentés par Hicham Ait Mansour, directeur de l’Instance nationale d’évaluation, met en lumière certains défis. Près de la moitié des enseignants du collège (44%) et une part significative de ceux du primaire (39%
) perçoivent le numérique comme une source potentielle de distraction pour les élèves. Un autre point d’attention concerne l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les pratiques pédagogiques. Son usage reste modéré, avec seulement
26,5% des enseignants du collège et 28% de ceux du primaire l’ayant adoptée, des chiffres en deçà des moyennes de l’OCDE (36%) et de l’ensemble des pays TALIS (37%).
Un Corps Enseignant Jeune et Dynamique, Confronté aux Enjeux d’Équité
dispose d’un corps enseignant relativement jeune, avec une moyenne d’âge n’excédant pas
40 ans. Le primaire se distingue par une forte féminisation, les enseignantes représentant 64% de l’effectif. Un tiers des professeurs, tous cycles confondus (30%
), sont des débutants. Si cette jeunesse est synonyme de dynamisme et de potentiel de renouvellement, elle révèle également des fragilités structurelles. L’enquête pointe notamment une concentration des enseignants les moins expérimentés dans les établissements des zones les plus défavorisées, soulevant ainsi des questions cruciales d’équité territoriale et sociale dans l’accès à une éducation de qualité.
Niveau Académique et Formation Initiale : Des Spécificités Marocaines
Une qualification académique solide
Sur le plan académique, les enseignants marocains affichent un niveau de qualification élevé. La proportion de titulaires d’une licence atteint 63% au collège et 62% au primaire, surpassant la moyenne TALIS de 48,5%.
Des programmes de formation à optimiser
Concernant la formation initiale, le parcours classique, alliant enseignement disciplinaire, pédagogie et stages pratiques, reste privilégié par environ 60% des enseignants des deux cycles. Ce taux, bien qu’élevé, est inférieur aux moyennes internationales de TALIS, qui dépassent les 70%. Les programmes accélérés ou spécialisés, destinés à répondre à des besoins urgents ou à intégrer des professionnels chevronnés, concernent respectivement 15% des enseignants du collège et 19% du primaire.
Gouvernance Scolaire et Relations Interpersonnelles : Des Atouts à Valoriser
Participation et leadership éclairé
L’enquête TALIS 2024 révèle une forte culture participative au sein des établissements scolaires marocains. 80% des enseignants au collège et 82% au primaire déclarent avoir la possibilité de prendre part aux décisions de leur école, des niveaux comparables aux standards internationaux. Plus de 90% des professeurs
saluent par ailleurs la vision de leurs directeurs, leur soutien à la coopération et la qualité des retours constructifs qu’ils reçoivent, témoignant d’une confiance solide envers leur expertise professionnelle.
Des relations élèves-enseignants harmonieuses
Les relations entre enseignants et élèves sont jugées « positives » par une écrasante majorité. Près de neuf enseignants sur dix affirment entretenir de bonnes relations avec leurs élèves, se soucier de leur bien-être et apporter un soutien actif à ceux qui rencontrent des difficultés.
Une Vocation Forte et une Satisfaction Élevée
L’enseignement au Maroc est avant tout une vocation. 78% des enseignants au collège et 71% au primaire ont choisi cette profession comme leur premier choix de carrière, des pourcentages supérieurs à la moyenne internationale. Le plaisir d’enseigner est palpable, dépassant les 90% dans les deux cycles. Environ 75% au collège et 72% au primaire apprécient les défis inhérents au métier, ce qui se traduit par des niveaux de satisfaction globale très élevés (92% et 93% respectivement).
Objectifs Stratégiques de l’Enquête TALIS 2024
Cette étude internationale a pour ambition d’offrir une analyse approfondie des perceptions des enseignants concernant leurs pratiques professionnelles et leurs conditions de travail. Elle examine également les méthodes pédagogiques employées et le niveau de développement professionnel. Enfin, elle met en lumière les enjeux cruciaux liés à l’intégration des technologies, à la promotion de l’équité et au développement des compétences socio-émotionnelles des élèves, dans le but ultime de nourrir et d’orienter l’élaboration des politiques publiques en matière d’éducation et de formation au Maroc.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe









Laisser un commentaire