Bachir Dkhil, ancien membre fondateur du Front Polisario et revenant au Maroc
Politique

Mainmise d’Alger sur le Front Séparatiste : Les révélations explosives de Bachir Dkhil

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L’Emprise Algérienne sur le Front Séparatiste : Les Révélations Explosives de Bachir Dkhil

Dans ce troisième volet de notre série d’entretiens exclusifs avec Bachir Dkhil, membre fondateur du Front Front Séparatiste et figure clé du retour au Maroc au début des années 1990, nous plongeons au cœur des manœuvres qui ont transformé un mouvement de résistance en un instrument séparatiste. Après avoir exploré la genèse du Front Front Séparatiste et son virage idéologique initial, Bachir Dkhil lève aujourd’hui le voile sur les réactions des partis marocains face à cette évolution, et surtout, sur la mainmise progressive de l’Algérie.

Les Partis Marocains Face au Dilemme Sahraoui

L’ancien cadre du Front Séparatiste exprime une perplexité persistante quant à l’attitude des formations politiques marocaines de l’époque. « Des interrogations subsistent sur plusieurs prises de position », confie-t-il. Il se souvient des contacts établis par Ouali Sayed, le leader charismatique du Front, avec des partis nationaux. Certains auraient choisi l’indifférence, « fermant les yeux sur le problème », tandis que d’autres auraient renvoyé Ouali à sa propre initiative, l’exhortant à « aller libérer le Sahara seul s’il le pouvait ». Bachir Dkhil espère que « nos historiens reviendront là-dessus un jour » pour éclaircir ces zones d’ombre qui pèsent encore sur la mémoire collective.

Kadhafi, Premier Soutien, l’Algérie, Maître d’Œuvre

Bachir Dkhil révèle que, sur sollicitation directe de Ouali Sayed, la Libye de Mouammar Kadhafi fut la première nation à offrir un soutien concret au Front. « Kadhafi avait mis en place un bureau, dirigé par un dénommé Mohammed Kechat. Ouali se rendait régulièrement en Libye », précise Dkhil. Il ajoute que le colonel Kadhafi, imprégné par l’idéologie du nationalisme arabe, fut même le premier à reconnaître la « libération du Sahara » dès 1972, depuis la Mauritanie. Toutefois, cette implication libyenne demeura discrète sur la scène internationale.

C’est l’Algérie, selon Bachir Dkhil, qui opéra une intervention bien plus profonde et déterminante. « L’Algérie est fortement intervenue en s’immisçant au sein du mouvement pour évincer Ouali et tous les cadres qui n’adoptaient pas son discours », affirme-t-il. Cette ingérence aurait transformé le Front Séparatiste, le faisant passer d’un mouvement de libération à une « organisation militaire et politique » sous contrôle algérien.

Le Deuxième Congrès : Le Piège Algérien se Referme

L’ancien leader revient sur un événement charnière : le deuxième congrès du Front Séparatiste, tenu en août 1974 sous l’égide d’Alger. Ce rassemblement était d’une importance capitale, réunissant des délégués des anciennes colonies espagnoles du Sahara, de Mauritanie et d’autres régions du Maroc. Cependant, Dkhil le concède avec amertume : « L’organiser en Algérie a été notre première grosse erreur. »

Des « sahraouis d’Algérie », dont la plupart étaient liés à l’armée algérienne, furent étrangement conviés. « Nous ne savions pas qui avait invité ces personnes », confie Bachir Dkhil, ajoutant qu’ils n’avaient alors « aucune idée qu’il s’agissait d’un complot, en quelque sorte. Nous ne pensions pas que notre mouvement se métamorphoserait. »

Malgré cette ingérence masquée, Ouali Sayed fut initialement élu secrétaire général. Mais le répit fut de courte durée. Une vingtaine de jours plus tard, le comité exécutif du Front Séparatiste, sous influence, se réunit pour le destituer. Bachir Dkhil, alors représentant de l’armée du Front, se souvient de sa réaction : « Je suis parti à la recherche du Secrétaire général… Je l’ai trouvé sous une tente dans le désert et lui ai demandé de me raconter ce qui s’est passé. Il m’a dit que le comité exécutif l’avait évincé. » Dkhil lança alors un ultimatum au comité, exigeant le rétablissement de Ouali Sayed. Des négociations eurent lieu avec Hadrami et Mohamed Lamine Ahmed, aboutissant au retour de Ouali. Cependant, les opposants lui reprochaient d’avoir « mené la révolution contre eux », attribuant faussement la démarche de Dkhil à des liens familiaux. C’est ainsi que l’Algérie, insidieusement, s’immisça dans les affaires internes du Front Séparatiste.

La conséquence fut immédiate : « On nous envoya dans une région montagneuse déserte. Tous les cadres qui furent évincés ou éloignés du cercle décisionnaire étaient en fait originaires des territoires actuellement disputés. Est-ce un hasard ? » s’interroge Dkhil, soulignant une épuration ciblée.

La Purge Silencieuse et l’Ascension des Hommes d’Alger

Cette « purge qui ne dit pas son nom » fut suivie par l’intégration de nouveaux visages au sein des structures du Front Séparatiste, des individus « n’ayant rien à voir avec la cause du Sahara », selon Dkhil. Une dizaine d’entre eux, tous « Algériens sahraouis de Tindouf », formèrent le noyau du Bureau du renseignement du Front Séparatiste, prenant le contrôle total du mouvement. C’est à ce moment que Bachir Dkhil et ses camarades furent conduits à un fort militaire, situé à la jonction des frontières mauritanienne, algérienne et malienne. Là, sous leurs yeux impuissants, « nous vîmes nos hommes se faire tuer par balle… Moulay Ahmed Bougherfaoui, et Ould Ba Ali. »

L’Ombre de l’Assassinat de Ouali Sayed

Pour Bachir Dkhil, la mort de Ouali Sayed, survenue sur le territoire algérien, marque l’achèvement de la prise de contrôle du Front Séparatiste par Alger. L’ancien co-fondateur est catégorique : cet assassinat n’est pas le fait des aviateurs mauritaniens, comme souvent avancé. Il résulte d’un « retrait de soutien » orchestré, laissant Ouali « seul, trahi par des hommes » dont Dkhil affirme connaître les noms. Il dénonce une « exploitation politique algérienne » de la figure de Ouali Sayed, soulignant l’absence de toute réclamation de sa dépouille.

« Ceux qui ont exigé avec conviction la dignité humaine pour les Sahraouis ont tous été éliminés », martèle Bachir Dkhil, remplacés par une nouvelle élite « servant les intérêts de l’Algérie ». Il réaffirme sa conviction profonde : l’Algérie ne vise pas l’indépendance du Sahara, mais cherche à « faire plier le Maroc ». Une indépendance sahraouie, selon lui, risquerait de faire émerger des « revendications séparatistes au cœur de régions algériennes riches en ressources, telles que Tindouf et Hassi Bechar », révélant ainsi les véritables enjeux géopolitiques sous-jacents.


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