Soudan : L’horreur s’abat sur les marchés du Kordofan et du Darfour, 33 morts civils
Le Soudan est de nouveau plongé dans l’horreur. Des frappes de drones, attribuées à l’armée, ont semé la mort et la désolation sur des marchés animés du Kordofan et du Darfour, faisant au moins 33 victimes civiles ce dimanche 8 mars. Cette escalade tragique intervient alors que le Kordofan, région stratégique et riche en ressources, est devenu le nouveau théâtre central d’un conflit qui ne cesse de s’intensifier.
Des Soudanais déplacés ayant quitté El-Fasher se sont réfugiés à Tawila, où un incendie qui s’est déclaré dans le camp a tué un enfant le 11 février 2026.
Les frappes meurtrières au Kordofan-Ouest
Au cœur du Kordofan-Ouest, région en proie à d’intenses affrontements, la violence a frappé de plein fouet les populations civiles. Samedi 7 mars, deux drones ont ciblé les marchés d’Abou Zabad et de Wad Banda, des lieux de vie et d’échange transformés en scènes de carnage. Un médecin de l’hôpital d’Abou Zabad, s’exprimant sous couvert d’anonymat via une connexion Starlink, a confirmé à l’AFP un bilan macabre : 33 morts et 59 blessés, dont une trentaine demeurent hospitalisés, leur pronostic vital parfois engagé.
Témoignages poignants et démentis de l’armée
Le désespoir des survivants résonne avec force. Hamad Abdoullah, résident d’Abou Zabad, a raconté avoir participé à l’inhumation de vingt victimes samedi, toutes fauchées par ce qu’il identifie comme une attaque de drone de l’armée sur le marché. « Quatre membres de ma famille, qui travaillaient là, figurent parmi les disparus », a-t-il confié, la voix brisée. Face à ces allégations accablantes, une source militaire, s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, a catégoriquement rejeté toute responsabilité. « Les forces armées ne bombardent jamais les zones civiles. C’est une allégation sans fondement. Notre action cible exclusivement les rebelles des FSR, leurs équipements et leurs caches d’armes », a-t-elle affirmé, tentant de dédouaner l’institution.
La violence s’étend au Darfour-Est
L’onde de choc des frappes ne se limite pas au Kordofan. Au Darfour, bastion des Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemetti », qui y contrôlent les cinq capitales régionales, une nouvelle attaque de drone a frappé dimanche. La cible : la zone de vente d’essence du marché d’El-Daien, chef-lieu du Darfour-Est. Des témoins oculaires ont décrit une scène apocalyptique, avec des flammes toujours vives quatre heures après l’impact. Les FSR n’ont pas tardé à réagir, dénonçant via leur canal Telegram deux frappes de drones imputées à l’armée sur la ville.
Le Kordofan, nouveau front d’une guerre sans fin
Alors que les FSR maintiennent leur emprise sur l’ouest et une vaste portion du sud du Soudan, incluant le Kordofan-Ouest et le Darfour-Est, l’armée régulière conserve le contrôle du centre, de l’est et du nord du pays. Cette dynamique territoriale souligne l’importance stratégique du Kordofan, désormais principal épicentre des combats. Cette région, véritable grenier du Soudan avec ses terres fertiles et ses richesses pétrolières et minérales, est devenue un enjeu majeur depuis la chute du dernier bastion gouvernemental au Darfour.
Les paramilitaires des FSR, en cherchant à consolider leur présence dans le Kordofan, visent clairement à sécuriser un corridor vital reliant le Darfour à la capitale, Khartoum, intensifiant ainsi la pression sur les forces armées.
Un bilan humain qui s’alourdit
Le drame humanitaire s’aggrave de jour en jour. Dimanche, le Croissant-Rouge a annoncé le décès d’une de ses bénévoles, succombant à ses blessures après une frappe sur l’hôpital de Dilling, au Kordofan-Sud, survenue jeudi. Cette attaque avait déjà coûté la vie à 28 personnes et fait 60 blessés, selon des sources médicales, illustrant la brutalité aveugle de ce conflit.
Une crise humanitaire sans précédent et des accusations de crimes de guerre
Après près de trois années de conflit dévastateur, le Soudan est le théâtre de la « pire crise humanitaire au monde », selon les Nations Unies. Des dizaines de milliers de vies ont été fauchées, et plus de 11 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, devenant des déplacés internes ou des réfugiés. La communauté internationale ne cesse de pointer du doigt les deux factions belligérantes, l’armée et les FSR, les accusant de crimes de guerre, notamment le ciblage délibéré de civils et les bombardements indiscriminés de zones résidentielles. Une tragédie humaine qui exige une attention et une action urgentes. (Source : AFP)
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