Sénégal : Vers un durcissement drastique des lois anti-homosexualité, la société civile en alerte
Dakar s’apprête à vivre un moment charnière pour les droits humains. Le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale sénégalaise se penchera sur un projet de loi qui, s’il est adopté, marquera un tournant majeur dans la répression de l’homosexualité. Initié par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte controversé vise à doubler les peines encourues pour les relations entre personnes de même sexe et à criminaliser l’« apologie » de l’homosexualité, suscitant l’indignation des défenseurs des libertés.
Une répression accrue en ligne de mire
Le projet de loi, dont les détails ont été révélés par le Premier ministre Ousmane Sonko, prévoit des sanctions particulièrement sévères. Les relations homosexuelles, déjà illégales, pourraient désormais être passibles de dix ans d’emprisonnement, soit le double de la peine actuelle. Plus alarmant encore, « toute personne qui fait l’apologie » de l’homosexualité risquerait entre trois et sept ans de prison. Cette proposition intervient dans un contexte de tensions sociales et de pressions croissantes de certains groupes conservateurs.
Vague d’arrestations et tollé international
Ces dernières semaines ont été le théâtre d’une intensification des actions répressives à l’encontre de personnes perçues comme homosexuelles. Une douzaine d’hommes, dont deux personnalités locales, ont été interpellés début février, accusés d’« actes contre nature ». Cette vague s’est rapidement étendue, menant à l’arrestation de plus de trente individus, dont les noms ont parfois été divulgués par la presse locale, à la suite de dénonciations ou de fouilles de téléphones. Ces pratiques ont provoqué un tollé général parmi les organisations de défense des droits de l’Homme, qui dénoncent une atteinte flagrante aux libertés fondamentales.
Le rôle des médias et les accusations de VIH
Face à la couverture médiatique parfois sensationnaliste de ces arrestations, le CORED (Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias) a dû intervenir. L’organe de régulation a émis un rappel à l’ordre, insistant sur la nécessité de respecter la « dignité humaine » et la « vie privée des individus », soulignant l’importance d’une information responsable. Par ailleurs, certaines des personnes arrêtées sont accusées d’avoir délibérément transmis le VIH, une allégation qui, bien que grave, alimente malheureusement une homophobie déjà virulente dans le pays.
Un enjeu politique et sociétal
L’homosexualité est majoritairement perçue comme une déviance au Sénégal, et le renforcement de sa répression constitue une promesse électorale de longue date pour le camp au pouvoir. Cette position est politiquement porteuse dans un pays où les associations religieuses, très influentes, militent activement depuis des années pour une « criminalisation » totale de l’homosexualité. Le débat parlementaire du 11 mars s’annonce donc comme un moment crucial, non seulement pour la communauté LGBTQI+ sénégalaise, mais aussi pour l’image du Sénégal sur la scène internationale en matière de droits humains.
(Avec AFP)
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