Maroc : L'Ombre de l'Inquiétude
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Maroc : L’Ombre de l’Inquiétude Plane sur l’Enfance Disparue

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En quelques jours seulement, plusieurs affaires de disparition d’enfants ont bouleversé l’opinion publique au Maroc. La disparition de la petite Soundous à Chefchaouen, celle d’un nourrisson dans la région de Zagora, ou encore le drame de Hiba, retrouvée morte près du lac Bin El Ouidane, ont suscité une vive émotion et ravivé une inquiétude profonde au sein de la société. Derrière ces histoires, ce sont des familles plongées dans l’angoisse, des recherches qui mobilisent habitants et autorités, et une question qui revient avec insistance : comment mieux protéger les enfants ? Chefchaouen : les recherches s’intensifient pour retrouver Soundous, 18 mois, portée disparue Disparue mercredi 25 février dans l’après-midi à Krinsif, à Chefchaouen, la petite Soundous, âgée d’un an et demi, demeure introuvable. Au fil des jours, les recherches se sont transformées en une mobilisation collective mêlant habitants, autorités et volontaires, tandis que l’angoisse de la famille gagne bien au-delà de la ville et suscite, à l’échelle nationale, un puissant élan de solidarité et de prières. Très vite, les réseaux sociaux se sont transformés en espaces de mobilisation et d’alerte. Messages de solidarité, appels à la prudence, conseils aux parents… Les publications se multiplient pour rappeler la nécessité de redoubler de vigilance, notamment envers les enfants en bas âge. De nombreux internautes invitent les familles à ne pas relâcher leur attention, même dans les environnements familiers du quotidien.Cette inquiétude est largement partagée par les parents. Plusieurs d’entre eux reconnaissent que ces affaires ont renforcé leur vigilance. Certains expliquent éviter désormais de laisser leurs enfants jouer seuls devant la maison ou dans les rues du quartier, tandis que d’autres affirment accompagner davantage leurs déplacements. «Dès qu’on entend parler d’un enfant disparu, on ne peut pas s’empêcher de penser à nos propres enfants», confie une mère de famille. «On devient plus attentif à chaque détail.»Face à cette situation, l’Organisation Alternatives pour l’enfance et la jeunesse a exprimé sa vive préoccupation face à la succession de cas signalés dans différentes régions du Royaume. Pour l’Organisation, ces événements douloureux rappellent l’importance de renforcer les dispositifs de protection de l’enfance et de promouvoir une approche globale mobilisant l’ensemble des acteurs concernés.L’Organisation rappelle que la protection des enfants ne peut se limiter à une réponse sécuritaire, aussi essentielle soit-elle dans les opérations de recherche et d’intervention rapide. Elle insiste, également, sur la nécessité de développer davantage la prévention, en diffusant une véritable culture de protection de l’enfance au sein des familles et des établissements scolaires, tout en multipliant les actions de sensibilisation destinées aux enfants.Elle souligne aussi l’importance de renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la protection de l’enfance, notamment à travers l’amélioration des mécanismes de veille, de signalement et d’intervention précoce. Dans un contexte marqué par l’expansion rapide du numérique, l’Organisation appelle, par la même occasion, à sensibiliser les familles et les enfants aux risques liés aux espaces digitaux, afin de prévenir les tentatives d’approche ou d’exploitation en ligne.En conclusion, Mohamed Ennahili, président de l’Organisation Alternatives pour l’enfance et la jeunesse et expert engagé dans les questions liées à l’enfance et à la jeunesse au Maroc, rappelle que la protection des enfants ne doit pas être perçue comme une réaction ponctuelle à un événement particulier, mais comme une responsabilité collective permanente. Selon lui, la sécurité de l’enfance constitue un indicateur fondamental de la vigilance d’une société et de la solidité de ses institutions. Il ajoute que l’investissement réel dans l’avenir d’un pays commence par la protection de ses enfants aujourd’hui, car une enfance protégée et épanouie constitue la base d’une société plus juste, plus solidaire et plus stable. Le ministère de l’Intérieur dément une fausse note sur des enlèvements d’enfants Le ministère de l’Intérieur a démenti de manière catégorique les fausses informations relayées sur des réseaux sociaux et plusieurs sites électroniques portant sur une prétendue note adressée aux établissements scolaires, en relation avec un soi-disant « phénomène d’enlèvement d’enfants ». Entretien avec le président de l’Organisation Alternatives pour l’enfance et la jeunesse et expert et acteur associatif dans les questions liées à l’enfance et à la jeunesse au Maroc Mohamed Ennahili : «Les espaces numériques représentent, aujourd’hui, un défi majeur pour la protection de l’enfance» Le Matin : La multiplication récente des signalements de disparitions d’enfants a suscité une vive inquiétude dans l’opinion publique. Selon vous, quels sont, aujourd’hui, les principaux facteurs qui peuvent expliquer la disparition d’enfants dans le contexte marocain ?Mohamed Ennahili : La disparition d’un enfant est toujours un événement extrêmement préoccupant qui mobilise l’ensemble de la société. Dans le contexte marocain, plusieurs facteurs peuvent expliquer ces situations. D’abord, il y a des facteurs sociaux liés à la vulnérabilité de certains environnements, notamment dans les zones où les conditions socio-économiques sont fragiles ou où la surveillance des enfants peut être plus difficile. Ensuite, il existe des facteurs liés aux espaces publics peu sécurisés ou insuffisamment surveillés, ainsi que des situations familiales complexes pouvant exposer certains enfants à des risques accrus.Par ailleurs, les transformations sociales et numériques créent de nouveaux risques, notamment à travers les mécanismes d’approche ou de manipulation via Internet ou les réseaux sociaux. Ces situations ne signifient pas nécessairement l’absence de dispositifs juridiques ou institutionnels, car le Maroc dispose d’un cadre légal relativement avancé pour la protection de l’enfance. Toutefois, elles révèlent surtout la nécessité de renforcer l’efficacité opérationnelle de ce système : amélioration de la coordination entre les acteurs, rapidité de réaction dans les premières heures, renforcement de la prévention et de la vigilance collective.Vous dites que la protection des enfants ne peut pas se limiter à une approche sécuritaire. Quelles autres dimensions doivent être renforcées pour prévenir efficacement ces situations ?L’approche sécuritaire reste évidemment essentielle, mais elle


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