Guerre. Entre la “nouvelle routine”
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Guerre. Entre la “nouvelle routine” des Marocains du Golfe et le cri du cœur d’un exilé iranien au Maroc

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Le Golfe sous tension : entre résilience marocaine et le cri déchirant d’un Iranien exilé au Maroc

Alors que les vents de la guerre soufflent sur le Moyen-Orient, redessinant les contours du quotidien dans plusieurs nations du Golfe, la vie des Marocains expatriés dans la région s’organise autour d’une nouvelle normalité. Rythmée par les alertes et les sirènes, leur existence continue, témoignant d’une capacité d’adaptation remarquable. Loin de ce tumulte, au Maroc, un exilé iranien livre un témoignage poignant, une âme en peine face à la dérive de son pays et au poids oppressant d’un régime qu’il abhorre.

Les Marocains du Golfe : Une Résilience au Quotidien

Pour les plus de 220.000 Marocains recensés en 2024 dans les pays du Golfe, le mois sacré de Ramadan 2026 s’est déroulé sous une menace inédite, celle des tensions militaires grandissantes. Pourtant, à Dubaï, l’effervescence habituelle semble persister. « Je sors du travail à l’instant. Les centres commerciaux, les bureaux et les rues sont comme d’habitude. Si ce n’est que certains d’entre nous travaillent désormais depuis la maison, l’activité ne s’arrête pas », confie Chady, un Marocain résidant à l’étranger (MRE) aux Émirats arabes unis.

Ce constat de quasi-normalité est partagé par Najib Bencherif, journaliste émérite et membre du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME). Il confirme que, malgré le contexte géopolitique tendu, « les Marocains du Golfe vaquent à leurs occupations quotidiennes », une preuve de leur résilience et de la stabilité relative de leur environnement immédiat.

Une Gestion du Danger « Chirurgicale »

La gestion des menaces aériennes est devenue une routine d’une précision quasi chirurgicale. Les smartphones des habitants reçoivent des notifications d’urgence : « Éloignez-vous des fenêtres, restez à l’intérieur ». Pendant que les systèmes de défense interceptent les projectiles au-dessus des villes, les citoyens s’exécutent avec une discipline impressionnante. « Cela dure environ 15 à 20 minutes. Puis, un second message tombe : ‘Tout est revenu à la normale, vous pouvez reprendre vos activités’. Et la vie reprend immédiatement », explique Chady, qui exprime une confiance inébranlable dans l’efficacité et la puissance de l’État émirati.

Cette sérénité n’est pas fortuite. Elle est le fruit d’une organisation locale rigoureuse et d’un engagement institutionnel sans faille. Najib Bencherif le souligne : « Les autorités émiraties ne ménagent aucun effort pour que les habitants des Émirats, y compris les Marocains, continuent à mener leur vie malgré la situation actuelle. »

La « Tamaghrabit » en Action : Solidarité et Réassurance Familiale

Face à l’incertitude, l’esprit de la « Tamaghrabit » – l’identité marocaine – s’exprime pleinement. Sur les groupes WhatsApp et Facebook, la communauté marocaine s’organise avec une solidarité exemplaire. Au-delà des échanges d’informations, des initiatives concrètes voient le jour : des Marocains résidant dans des zones jugées plus sûres proposent d’héberger leurs compatriotes vivant à proximité des sites sensibles. « Surtout pour les familles avec des enfants qui pourraient avoir peur », précise Chady, illustrant la profondeur de cette entraide.

La communication avec la mère patrie est également une priorité. « On appelle nos familles tous les jours en vidéo pour les rassurer. On leur dit de ne surtout pas croire ce qui circule sur Facebook ou Instagram. C’est très exagéré. La réalité sur le terrain est bien plus maîtrisée que ce que montrent les écrans », ajoute Chady, soulignant l’importance de déconstruire la désinformation.

À Dubaï, entre deux alertes, les Marocains démontrent que la solidarité et la résilience sont des boucliers tout aussi puissants, si ce n’est plus, que les missiles de défense aérienne.

Confidences d’un exilé iranien au Maroc : « Ce régime efface l’Iran petit à petit »

À des milliers de kilomètres de l’effervescence de Dubaï, au Maroc, un exilé iranien observe le même ciel, mais avec un regard empreint d’une douleur et d’une amertume radicalement différentes. Préférant l’anonymat pour protéger sa famille restée en Iran d’éventuelles représailles du régime des Mollahs, cet homme que nous nommerons Ali, livre à Médias24 un témoignage glaçant sur un pouvoir auquel il est farouchement opposé.

Installé au Maroc depuis 2008, Ali ne reçoit pas de notifications d’alerte sur son smartphone. Pour lui, l’escalade des tensions au Moyen-Orient se traduit par un mélange complexe d’espoir et de désespoir. « Quand la nouvelle de l’escalade est tombée, ma première pensée a été pour les innocents. Mais pour le gouvernement, je n’ai aucune sympathie », confie-t-il, la voix lourde de chagrin.

Le Gouffre entre Perception et Réalité en Iran

Le décalage entre la perception internationale et la réalité vécue par les Iraniens est, selon Ali, abyssal. « Les étrangers voient de la géopolitique ; nous, nous voyons 40.000 personnes tuées lors des dernières manifestations », lance-t-il, faisant référence à la vague de protestations qui a secoué l’Iran fin décembre 2025. Initialement motivées par une inflation galopante et une crise économique sans précédent, ces manifestations se sont rapidement transformées en une contestation politique directe contre les autorités de la République islamique et le guide suprême Ali Khamenei.

Le mouvement, qui s’est étendu à des villes majeures comme Ispahan, Shiraz et Mashhad, a été brutalement réprimé. Arrestations massives, affrontements meurtriers et une coupure nationale d’Internet ont marqué cette période sombre, visant à étouffer la coordination des manifestants et la diffusion d’informations.

Une Économie Sacrifiée sur l’Autel de la Géopolitique

Ali dresse un tableau accablant de la situation économique de son pays. « En 2008, un dollar valait 1.000 tomans. Aujourd’hui, il en vaut 170.000. La monnaie a été divisée par 170 en dix-sept ans », déplore-t-il. Pour lui, la raison est claire : « Tout l’argent du pétrole part dans les missiles, les drones et le soutien aux groupes armés à l’étranger, pendant que le peuple s’enfonce dans la misère. »

Il perçoit cette stratégie comme une impasse tragique, un système qui sacrifie sa propre population pour nuire à ses voisins, sans jamais parvenir à stabiliser son économie. « Ils veulent rayer des pays de la carte, mais c’est l’Iran qu’ils effacent petit à petit », affirme-t-il avec une amertume palpable.

L’Espoir d’une Nouvelle Génération

Malgré l’exil et la douleur, Ali garde un lien indéfectible avec sa terre natale et un espoir vibrant pour l’avenir. Il observe avec admiration la nouvelle génération, qu’il juge « bien plus courageuse » que la sienne. « On nous a lavé le cerveau dès l’école, on nous faisait marcher sur des drapeaux étrangers. Mais les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus peur. Ils voient que les partisans du régime ont tous plus de 60 ans. Ce système est à bout de souffle », analyse-t-il, convaincu que le changement est inévitable.

Étonné du relatif silence médiatique qu’il a perçu au Maroc lors des événements de décembre 2025, il se remémore avec nostalgie l’époque où le Roi Hassan II et le Shah d’Iran entretenaient une amitié profonde. « Aujourd’hui, nos pays ont rompu toute relation. C’est une tristesse immense », confie-t-il.

Pourtant, à l’image des Marocains de Dubaï, Ali croit en la résilience de son peuple. Il leur envoie, par-delà les frontières, un message de solidarité et l’espoir d’un avenir où l’actuel régime iranien ne sera plus qu’un lointain souvenir, laissant place à une nation libre et prospère.


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