Vue aérienne des serres agricoles détruites à Chtouka-Aït Baha après la tempête, montrant des bâches arrachées et des structures effondrées.
Agriculture

Chtouka-Aït Baha : Le Potager du Maroc Dévasté par les Tempêtes, l’Agriculture en Quête de Soutien

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Chtouka-Aït Baha : Le « Potager du Maroc » sous le Choc des Intempéries

La plaine de Chtouka, véritable poumon maraîcher du Royaume, est en état de choc. Les 26 et 27 février derniers, des vents d’une violence inouïe, accompagnés d’une tempête de sable dévastatrice, ont balayé cette région stratégique de la province de Chtouka Aït Baha. Le bilan est lourd : des milliers d’hectares de serres, piliers de la production de primeurs, gisent en ruine, laissant derrière eux un paysage de désolation et des agriculteurs désemparés.

Un Coup de Massue pour l’Agriculture Nationale

Alors que d’autres régions du Maroc, comme le Gharb et le Loukkos, subissaient déjà les assauts d’inondations et de pluies diluviennes, impactant gravement les filières des fruits rouges et des agrumes, Chtouka-Aït Baha n’a pas été épargnée. La Direction générale de la météorologie (DGM) avait pourtant émis un bulletin d’alerte orange, prévenant de rafales de vent pouvant atteindre 90 à 100 km/h. Une prévision malheureusement confirmée par l’ampleur des dégâts.

Sur les 15 000 hectares de serres qui font la renommée de cette région, les dommages sont catastrophiques. Les images aériennes témoignent d’une destruction massive : les bâches plastiques, boucliers essentiels des cultures, ont été arrachées et emportées par la fureur des éléments. Mais le sinistre va bien au-delà de ces seules couvertures.

Des Infrastructures Vitales en Ruine

Les constatations techniques, relayées par la Chambre d’agriculture, révèlent l’effondrement de nombreuses structures métalliques et en bois, squelettes des serres. Plus alarmant encore, les systèmes d’irrigation de précision, investissements cruciaux pour une agriculture moderne et économe en eau, ont subi des avaries majeures. Ces équipements, garants de la productivité et de la qualité des récoltes sous abri, sont désormais hors d’usage sur de vastes étendues.

Ces intempéries surviennent dans un contexte déjà tendu pour les agriculteurs de Chtouka. Fragilisés par la récente propagation de virus végétaux et de maladies fongiques, ils voient leurs efforts anéantis par cette catastrophe naturelle. L’érosion des sols, exacerbée par la faible couverture végétale, ajoute une couche d’inquiétude quant à la résilience future des terres.

Appel Urgent à la Mobilisation et au Soutien

Face à cette crise sans précédent, les acteurs majeurs du secteur agricole se sont rapidement réunis. Les membres du bureau de la Chambre d’agriculture, le directeur régional de l’Agriculture du Souss-Massa, et les représentants des fédérations et associations professionnelles ont dressé un constat alarmant et formulé des propositions concrètes.

L’urgence est à l’évaluation précise des pertes. Des commissions techniques doivent être déployées sans délai sur le terrain pour quantifier l’étendue des dégâts. Parallèlement, un appel pressant est lancé pour la mise en place d’aides financières substantielles, indispensables à la réhabilitation des infrastructures détruites. Le rééchelonnement des crédits bancaires est également une mesure clé pour offrir une bouffée d’oxygène aux exploitants endettés.

Enfin, l’activation rapide des dispositifs d’assurance contre les catastrophes naturelles est jugée primordiale pour garantir la pérennité de cette activité agricole vitale pour la région et pour l’ensemble du Maroc.

Chtouka : Un Modèle Agricole à Protéger

Il est essentiel de rappeler que le parc à serres de Chtouka est principalement composé d’abris canariens améliorés, introduits dès les années 1980. Ces structures ont permis de transformer la région en un fournisseur majeur de primeurs (tomates, poivrons, courgettes, concombres, aubergines, fruits rouges…) durant l’automne et l’hiver, remplaçant avantageusement les cultures en plein champ.

Cette agriculture protégée, qui capitalise sur le rayonnement solaire exceptionnel de la plaine, est également encadrée par un décret de sauvegarde de sa nappe phréatique, complété en février 2022 par la mise en service d’une unité mutualisée de dessalement de l’eau de mer à Inchaden. Autant d’efforts et d’investissements qui exigent aujourd’hui une réponse forte et solidaire pour permettre au « potager du Maroc » de se relever.


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Source: Lien externe

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