Une pharmacie marocaine traditionnelle avec un pharmacien en blouse blanche discutant avec un patient, symbolisant la proximité et le service de santé essentiel.
Actualité

Pharmaciens du Maroc : La colère monte face à la menace de libéralisation du capital des officines

Partager
Partager
Pinterest Hidden

Le Maroc au bord d’une crise pharmaceutique : les officines en ordre de bataille contre la libéralisation

Le secteur pharmaceutique marocain est en ébullition. Les syndicats de pharmaciens, unis comme jamais, s’apprêtent à lancer un mouvement de grève national d’une ampleur inédite. Leur cible : une recommandation controversée du Conseil de la concurrence, qui prône la libéralisation du capital des officines. Une mesure perçue comme une menace existentielle pour l’accès aux soins, la sécurité sanitaire et la survie même du maillage pharmaceutique national.

Un front syndical uni face à une réforme jugée dangereuse

Le 28 février 2026, un communiqué conjoint émanant des principales centrales syndicales – la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, l’Union nationale des pharmaciens du Maroc et le Syndicat national des pharmaciens du Maroc – a sonné le tocsin depuis Rabat. Ce document marque le début d’un bras de fer résolu contre ce qu’ils qualifient de «rejet total» de la libéralisation du capital des pharmacies. Les professionnels dénoncent une exclusion flagrante des instances syndicales dans le processus de décision et un mépris des engagements pris par le président du Conseil de la concurrence, dont le mandat touche à sa fin.

L’argumentaire des pharmaciens est clair : comparer le Maroc à des modèles étrangers ayant déjà subi les «conséquences désastreuses» de la libéralisation est une aberration. Ils estiment que cette approche ignore les spécificités sanitaires et socio-économiques du Royaume, menaçant directement l’accès équitable aux médicaments et aux conseils professionnels.

Trois piliers pour une pharmacie citoyenne

L’opposition syndicale repose sur des fondations solides, articulées autour de trois principes fondamentaux :

  1. La responsabilité humaine du pharmacien :

    Le patient, au cœur de la mission du pharmacien, ne saurait être réduit à un simple consommateur. La santé n’est pas une marchandise comme les autres.

  2. La protection de la sécurité sanitaire : La libéralisation risquerait de transformer les officines en simples points de vente, sacrifiant la qualité du conseil et la vigilance pharmaceutique au profit de la rentabilité.
  3. La sauvegarde de la pérennité des officines : La concentration des capitaux dans les grandes agglomérations est une menace directe pour les pharmacies de proximité, particulièrement dans les zones rurales et périphériques, où elles sont souvent le dernier rempart sanitaire.

Les syndicats appellent à s’attaquer aux déséquilibres structurels existants plutôt qu’à ouvrir la porte à une concurrence «déloyale et destructrice» qui fragiliserait l’ensemble du secteur.

La riposte syndicale : des grèves pour la survie des officines

Le projet de libéralisation, bien que présenté comme un levier pour l’investissement et la compétitivité, est perçu par la profession comme une bombe à retardement. Les analyses économiques soulignent que plus de 80% des officines marocaines sont aujourd’hui détenues par des pharmaciens indépendants. Ce modèle garantit un maillage territorial dense, essentiel pour l’accès aux soins pharmaceutiques, notamment dans les régions les plus reculées.

Une libéralisation sans garde-fous pourrait entraîner une «désertification sanitaire» alarmante. Selon une projection sectorielle, 15 à 20% des régions périphériques risquent une absence totale de service pharmaceutique. Les données de la Direction de la Pharmacie et du Médicament sont encore plus précises : près de 27% des communes rurales pourraient se retrouver sans officine viable si les règles actuelles étaient abolies.

Face à cette menace, l’unité syndicale se traduit par des actions concrètes : des grèves nationales successives, dont la durée augmentera progressivement, et l’organisation d’un Conseil fédéral pour coordonner la mobilisation. Une alliance stratégique avec les conseils étudiants des facultés de pharmacie est également prévue, annonçant une mobilisation générale sans précédent.

Un enjeu de santé publique et d’emploi

Le secteur pharmaceutique est un pilier économique, employant environ 60 000 personnes à travers près de 7 500 officines. La libéralisation pourrait non seulement menacer la souveraineté du pharmacien sur son officine, mais aussi provoquer une concentration du marché, marginalisant les petites structures et entraînant des pertes d’emplois massives dans les zones économiquement moins attractives.

Historiquement, le dialogue a toujours été privilégié. Cependant, la gravité de la réforme proposée a poussé les syndicats à l’escalade. Leur objectif est double : protéger l’indépendance de la profession et garantir un accès équitable aux soins pharmaceutiques pour tous les citoyens, sur l’ensemble du territoire. Il est crucial de distinguer une libéralisation partielle, qui pourrait être encadrée, d’une libéralisation totale, synonyme de dérégulation et de risques majeurs pour la santé publique.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *