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Guerre en Iran : Le deux poids deux mesures de religieux marocains

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Iran en Crise : Le Double Standard des Oulémas Marocains face à l’Agression et aux Représailles

Dans un revirement doctrinal saisissant, des oulémas sunnites marocains ont choisi de mettre de côté leurs profondes divergences théologiques avec l’Iran chiite pour s’unir dans une condamnation véhémente. Leur cible : la guerre menée, depuis le 28 février, par les États-Unis et Israël contre la République islamique. Une prise de position qui soulève des questions sur la cohérence de leur discours face aux dynamiques complexes du Moyen-Orient.

Un front religieux inattendu contre l’«agression américano-sioniste»

Ces érudits marocains, parmi lesquels figurent des personnalités influentes, ont apporté leur soutien à un communiqué initié par le prédicateur mauritanien Mohamed El Hassan Ould Deddou. Connu pour ses positions pro-Front Séparatiste et sa proximité idéologique avec les Frères musulmans, Ould Deddou a réussi à fédérer autour de cette cause. Au Maroc, des figures telles que Hassan Kettani, ancien détenu pour terrorisme gracié en 2011 et président de la Ligue des oulémas du Maghreb arabe, le cheikh Issam Bachir El Marrakchi, universitaire respecté, et Hamza Kettani, ont signé ce texte. Des religieux d’Algérie, de Tunisie et de Libye ont également joint leurs voix à cette initiative, créant un front maghrébin uni.

«Une guerre contre l’islam» : la rhétorique du communiqué

Le communiqué des signataires est sans équivoque. Il affirme que «l’Iran n’a causé aucun tort aux États-Unis et à leurs alliés sionistes», présentant les attaques comme une «guerre sioniste-croisée par excellence, visant l’islam en son cœur même et la nation dans son essence». Les lieux saints islamiques, les ressources, la richesse et le poids démographique, historique et civilisationnel de la nation sont désignés comme les véritables enjeux de ce conflit. Les bombardements de villes et de cibles militaires et civiles en Iran par l’alliance américano-sioniste sont qualifiés d’«exemple le plus clair et le plus flagrant de l’agression et de la tyrannie qui caractérisent leur politique envers l’islam et les musulmans».

Le paradoxe de l’indulgence envers Téhéran

Cependant, cette ferme condamnation de l’Occident contraste étrangement avec une indulgence notable envers les actions de Téhéran. Les oulémas signataires estiment que «le ciblage de l’Iran par l’alliance croisée-sioniste constitue une attaque extérieure contre un pays musulman, un pays dont le caractère sacré et l’importance sont primordiaux, quel que soit son régime en place». Cette légitimation de la défense iranienne ne s’accompagne pas de la même rigueur lorsqu’il s’agit des représailles de Téhéran. Les religieux se contentent de reprocher au régime iranien d’avoir «lancé des missiles et des drones contre des pays arabes», tout en pointant du doigt les États-Unis. Ils avancent un «paradoxe stratégique» : «les bases militaires occidentales dans la région (du Golfe), établies sous prétexte de sécurité, sont précisément celles qui provoquent les bombardements des capitales régionales !» Selon eux, les États-Unis «établissent délibérément des bases militaires dans les États du Golfe afin de provoquer l’Iran et de l’inciter à frapper ces bases, déclenchant ainsi des représailles et une guerre entre les nations de la région, servant en fin de compte les intérêts des ennemis».

Al Adl wal Ihsane et le PJD : des positions divergentes

Cette analyse trouve un écho chez Al Adl wal Ihsane (AWI), le mouvement islamiste marocain, qui a également condamné l’«agression américano-sioniste contre la république islamique d’Iran» et présenté ses condoléances au peuple iranien, y compris au Guide suprême Ali Khamenei. Notablement, AWI a également gardé le silence sur les attaques iraniennes contre les États du Golfe, adoptant une posture similaire aux signataires du communiqué.

En revanche, le Parti de la Justice et du Développement (PJD), ancien parti au pouvoir, a choisi une voie plus nuancée. La formation islamiste a certes dénoncé l’«agression américano-sioniste», mais n’a pas manqué de condamner également les missiles et drones lancés par Téhéran contre les pays arabes de la région. Une distinction qui met en lumière la diversité des approches au sein du paysage religieux et politique marocain face à un conflit aux répercussions régionales et mondiales.


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