Table de repas richement garnie pour l'Iftar pendant le Ramadan, avec des plats traditionnels marocains et des fruits, symbolisant l'abondance et la convivialité.
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Ramadan : un pic de consommation qui pèse sur l’épargne des ménages

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Ramadan au Maroc : Quand la Ferveur Sacrée Rime avec une Économie en Ébullition, au Détriement de l’Épargne

Le mois sacré de Ramadan, période de recueillement et de spiritualité pour des millions de Marocains, se révèle paradoxalement être un catalyseur majeur de la consommation des ménages. Loin de la sobriété souvent associée à cette période, les chiffres du Haut-Commissariat au Plan (HCP) mettent en lumière une augmentation spectaculaire des dépenses, impactant directement l’épargne nationale.

Une Vague de Consommation Alimentaire Submerge les Foyers

Chaque année, le calendrier hégirien dicte un rythme économique singulier. Selon les analyses, la dépense moyenne par foyer marocain bondit de plus de 18% durant le Ramadan, comparée aux autres mois de l’année. Cette frénésie d’achat est principalement tirée par le secteur alimentaire, où certains produits connaissent des hausses vertigineuses.

  • Les produits laitiers, œufs et sucreries voient leurs ventes s’envoler de 25% à 55%.

  • Les denrées de base ne sont pas en reste, témoignant d’une surconsommation ancrée dans les traditions culinaires du mois.

Pour l’économiste Youssef Guerraoui Filali, cette effervescence est avant tout un « pic saisonnier inscrit dans un modèle culturel », et non un moteur de croissance structurel pour l’économie nationale. Une distinction cruciale pour comprendre les répercussions à long terme.

Flambée des Prix et Spectre de la Spéculation : Le Revers de la Médaille

Cette demande accrue n’est pas sans conséquence sur le marché. Régulièrement, le Ramadan s’accompagne d’une tension palpable sur les prix des denrées alimentaires. Youssef Guerraoui Filali pointe du doigt plusieurs facteurs, dont la disponibilité des produits et le délicat équilibre entre l’offre et la demande.

Face à ce constat, l’expert préconise une surveillance renforcée de la chaîne de distribution. Des producteurs aux transporteurs, en passant par les intermédiaires, un contrôle strict est essentiel pour endiguer les pratiques spéculatives qui exploitent cette période de forte demande.

Un autre corollaire regrettable de cette surconsommation est le gaspillage alimentaire. Des quantités importantes de nourriture sont jetées, un phénomène qui contraste avec l’esprit de partage et de modération prôné par le mois sacré.

L’« Économie de la Foi » : Un Impact Limité sur la Macroéconomie

Au-delà des tables garnies, le Ramadan insuffle également un dynamisme à ce que l’on pourrait nommer l’« économie de la foi ». Les dépenses liées aux voyages religieux, notamment l’Omra, ainsi que les transferts financiers à des fins caritatives ou familiales, représentent un volume d’affaires estimé à environ 3 milliards de dirhams. Si ce chiffre est notable à l’échelle sectorielle, il reste modeste face aux grands indicateurs macroéconomiques du pays.

À titre comparatif, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) dépassent les 100 milliards de dirhams, relativisant ainsi l’impact global de cette « économie de la foi » sur la balance commerciale ou les flux de devises, comme le souligne Guerraoui Filali.

Spiritualité et Consommation : Une Cohabitation Culturelle

Comment concilier l’appel à la retenue spirituelle du Ramadan avec cette explosion des dépenses ? L’économiste y voit non pas une contradiction, mais une manifestation culturelle profondément enracinée. L’augmentation des dépenses pour les festivités et les repas de rupture du jeûne coexiste avec une logique d’épargne souvent dirigée vers des objectifs religieux à plus long terme, tels que l’Omra ou le pèlerinage à La Mecque.

En somme, le Ramadan agit comme un stimulant économique conjoncturel, redistribuant les dépenses plutôt que de générer une richesse durable. Il met en lumière les spécificités d’un marché influencé par des dynamiques culturelles et religieuses fortes, appelant à une vigilance constante pour protéger le pouvoir d’achat des ménages et limiter les dérives.

Avec Le360


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