CAN 2025 : Le chaos de la finale Maroc-Sénégal, une reconstitution judiciaire glaçante
Le 18 janvier 2026, le complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat, théâtre d’une finale de Coupe d’Afrique des nations (CAN) tant attendue entre le Maroc et le Sénégal, a basculé dans le chaos. Ce qui devait être une célébration du football africain s’est transformé en une scène de violences et de dégradations, dont les détails glaçants émergent aujourd’hui des procès-verbaux de la police judiciaire et du jugement du tribunal de première instance de Rabat, que Médias24 a pu consulter. Retour sur une soirée qui a marqué l’histoire du sport national, mais pour de mauvaises raisons.
L’étincelle qui a embrasé le complexe Moulay Abdellah
La tension était palpable bien avant le coup d’envoi. Les récentes polémiques soulevées par la Fédération sénégalaise avaient déjà électrisé l’atmosphère. Mais c’est à la 93e minute du temps additionnel que le drame s’est noué. Une action sénégalaise, conclue par un but, est refusée par l’arbitre Jean-Jacques Ndala. La stupeur et la colère s’emparent du camp sénégalais. Dans la foulée, une décision encore plus controversée : un penalty est accordé au Maroc. Cette double sentence, survenue en un laps de temps si court, a été le détonateur. Les joueurs sénégalais, sidérés, quittent la pelouse, tandis que des vagues de supporters, animés par une fureur incontrôlable, tentent d’envahir l’aire de jeu.
L’assaut des gradins : Une marée humaine déchaînée
Dès l’annonce du penalty, un mouvement de foule irrépressible se déclenche. Des supporters, tels une marée humaine, déferlent des gradins. Ignorant les barrières, ils enjambent et détériorent les panneaux publicitaires électroniques, symboles de l’ordre et de la délimitation sacrée du terrain. L’intrusion n’est pas l’œuvre d’individus isolés, mais d’un groupe compact, mû par une même indignation. Les agents de sécurité, positionnés pour protéger l’enceinte, s’interposent avec courage, tentant de repousser cette avancée et de rétablir un semblant de périmètre. C’est dans ce bras de fer que la violence physique éclate, documentée avec précision par les autorités.
Le bilan humain : Des agents de sécurité en première ligne
Le procès-verbal de la police judiciaire dresse un tableau accablant des blessures subies par le personnel de sécurité. Un agent, en première ligne pour contenir la foule, est atteint au visage par un projectile en bois, lui causant une plaie à la tempe droite. Il est l’une des cinq parties civiles qui attendent encore une juste réparation. Un autre est violemment frappé à la tête alors qu’il tente de bloquer un accès. Une blessure médicalement constatée. Un troisième reçoit un coup à l’œil gauche, cette fois-ci par une baguette de tambour, entraînant une rougeur sévère et une incapacité temporaire de trente jours. Un quatrième agent s’effondre, victime d’un objet contondant lancé des tribunes, le choc lui faisant perdre connaissance. Enfin, un cinquième est frappé à l’arrière du crâne par un objet dur, avec une incapacité temporaire de vingt-deux jours. Des sièges arrachés deviennent eux aussi des projectiles, l’un d’eux atteignant l’épaule gauche d’un agent, lui valant quinze jours d’incapacité. Tous ces actes de violence ont été suivis de plaintes déposées le jour même, le 18 janvier 2026.
Le saccage matériel : Un stade défiguré
Au-delà des blessures, le complexe sportif a subi d’importantes dégradations. Les constatations de la police judiciaire, corroborées par des correspondances administratives, révèlent l’ampleur des dégâts. De nombreux sièges ont été arrachés, leurs systèmes de fixation double détériorés. Les panneaux et écrans publicitaires électroniques, vitrines du stade, ont été vandalisés, subissant chocs et pressions qui ont provoqué leur dysfonctionnement. Un coffret électrique mural a été endommagé, et d’autres équipements électriques ont été mécaniquement dégradés. Même les installations sanitaires n’ont pas été épargnées, obstruées par un usage inapproprié. La directrice générale de l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), Zineb Benmoussa, a d’ailleurs confirmé dans une correspondance l’étendue des dommages affectant ces installations d’utilité publique.
Les conséquences judiciaires : La justice face au chaos
Les interpellations ont eu lieu sur-le-champ, au sein même du stade et à ses abords immédiats. Les individus appréhendés sont ceux qui ont activement participé à l’intrusion sur la pelouse. Lors de leurs auditions par la police judiciaire, plusieurs ont reconnu avoir franchi les barrières après l’annonce du penalty. Leurs motivations variaient : certains affirmaient vouloir protester contre la décision arbitrale, d’autres prétendaient vouloir calmer les esprits ou prévenir une escalade. Cependant, le tribunal a tranché. Il a retenu leur participation à l’envahissement de l’aire de jeu, le franchissement des panneaux publicitaires, et pour certains, leur implication directe dans les violences et dégradations. Les chefs d’accusation incluaient l’intrusion sur une aire de jeu lors d’une manifestation sportive, la participation à des actes de violence, les coups et blessures ayant entraîné des incapacités temporaires, et la dégradation d’équipements sportifs et d’installations d’utilité publique. En fonction de la gravité des faits et du degré d’implication de chacun, des peines distinctes ont été prononcées, allant jusqu’à un an d’emprisonnement pour les actes de violence les plus graves. Une décision qui, un mois après les faits, rappelle la nécessité de maintenir l’ordre et le respect dans l’enceinte sportive.
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