Le football marocain : Entre reprise effrénée et un silence assourdissant
Le football marocain, avec une résilience qui lui est propre, a entamé sa reprise post-trêve comme si de rien n’était. La Botola a redémarré sur les chapeaux de roue, les rencontres s’enchaînent, les débats s’animent dans les cafés bondés et sur les réseaux sociaux, où l’arbitrage reste, comme toujours, le sujet de discorde favori. En apparence, le spectacle est de retour. Mais au-delà de cette façade, une fatigue invisible, un arrière-goût amer, persiste dans l’esprit collectif.
L’écho persistant du 18 janvier
Car un pays peut bien relancer son championnat, il ne peut pas, d’une simple pression sur un bouton ‘reboot’, effacer une émotion collective profonde. La défaite du 18 janvier, loin d’être un simple revers sportif, a laissé une empreinte tenace. Une gêne palpable, une lassitude sourde qui contredit l’injonction officielle de « passer à autre chose ». Comment tourner la page quand l’avenir lui-même est une énigme ? L’incertitude règne, et au cœur de ce flottement, un feuilleton médiatique autour du sélectionneur national, Walid Regragui, captive l’attention.
La FRMF : Maître dans l’art de communiquer sans informer
La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a récemment démenti, par une « micro-phrase » lapidaire, les rumeurs concernant une éventuelle séparation avec Regragui. Une prouesse fascinante, cette capacité à émettre un communiqué qui clarifie sans éclairer, qui informe sans réellement donner d’information concrète. Nous avons assisté à deux faux départs, deux démentis, auxquels s’est ajouté un troisième, coupant court à la rumeur de la nomination de Mohamed Ouahbi. Au bout du compte, le tunnel reste sombre. Le premier communiqué de la FRMF, d’un ton résolument administratif, affirmait n’avoir reçu aucune démission. Le second, encore plus minimaliste, se contentait de cette fameuse « micro-phrase » démentant les rumeurs de séparation. Le résultat ? Le pays entier reste suspendu, dans l’attente d’une direction claire. Et c’est peut-être là la véritable raison pour laquelle cette « reprise » du football marocain peine à susciter l’enthousiasme habituel : comment avancer quand on est coincé dans un entre-deux perpétuel ?
Les Lions de l’Atlas : Une attente teintée d’ambivalence
L’ironie de la situation réside dans ce sentiment contradictoire qui nous habite tous, supporters. Nous avons hâte de revoir l’équipe nationale en action, mais une certaine appréhension nous retient. La dernière semaine de mars, date potentielle du prochain rassemblement, semble encore lointaine. D’ici là, il faudra boucler le Ramadan, jongler avec un calendrier de Botola surchargé, remplir les stades et les terrasses de café lors des matchs nocturnes, et tenter de reconstruire une routine pour nous, les inconditionnels du ballon rond. Pourtant, l’esprit ne peut s’empêcher de divaguer.
L’avenir en suspens : Qui pour guider les Lions ?
Le prochain match des Lions de l’Atlas soulève une multitude de questions. Qui convoquera les joueurs ? Walid… ou un autre visage ? Et si un changement s’opère, qui sera l’heureux élu pour prendre les rênes ? Ce groupe, qui a tant fait rêver, continuera-t-il sur sa lancée, ou faudra-t-il tout rebâtir de zéro, panser les plaies d’un vestiaire marqué par la défaite ? Ces interrogations, lourdes de sens, empêchent de tourner définitivement la page du 18 janvier. Car au fond, on ne digère pas une finale perdue tant qu’on ignore comment se dénoue réellement son épilogue. Et là, l’épilogue se prolonge, dans les non-dits, les rumeurs, et ce silence assourdissant des deux parties, comme si le moindre bruit risquait d’aggraver une situation déjà délicate.
Le flou comme stratégie ?
Pourquoi ce mutisme ? Est-ce une forme de protection ? Une solution d’arrangement ? Une manière d’éviter de se contredire ultérieurement ? Ou bien le flou est-il devenu une stratégie à part entière, une zone grise où chacun gagne du temps, mais où personne n’assume le coût émotionnel de cette incertitude ?
Pendant ce temps, la Botola poursuit son chemin. Les clubs sprintent, s’adaptent, rattrapent leur retard, enchaînent les rencontres. On nous martèle l’urgence sportive à chaque nouvelle journée : « Il faut finir avant juin pour la Coupe du Monde… » Une échéance qui nous ramène inévitablement à nos Lions. Mais ce que l’on oublie, c’est que le supporter, lui, ne suit pas toujours le rythme effréné des instances. Il a besoin d’un signal clair, d’un début et d’une fin. D’un « voilà ce qu’on fait » plutôt que d’un éternel « on verra ».
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