Manifestation vibrante à Dakar, Sénégal, le 23 mai 2025, où des citoyens expriment leur opposition à l'homosexualité, reflétant les débats sociétaux intenses du pays.
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Afrique : Les Échos d’une Semaine Intense – Entre Géopolitique, Or et Droits Humains

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Afrique : Les Échos d’une Semaine Intense – Entre Géopolitique, Or et Droits Humains

Bonjour à toutes et tous,

Bienvenue dans cette nouvelle édition du Brief de Jeune Afrique

, votre boussole hebdomadaire pour naviguer dans les méandres de l’actualité politique et économique du continent. Cette semaine, nous levons le voile sur des enjeux cruciaux, des dynamiques géopolitiques aux transformations sociétales, en passant par les batailles économiques qui façonnent l’avenir de l’Afrique.

1. Sénégal : Quand la Législation sur l’Homosexualité Devient un Enjeu Politique Majeur

Le Sénégal est à la croisée des chemins. Le 24 février dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko a déposé devant l’Assemblée nationale un projet de loi visant à durcir la législation déjà restrictive envers l’homosexualité. Notre correspondante, Marième Soumaré, décrypte les motivations profondes derrière cette initiative, qui place le parti Pastef face à ses promesses électorales et aux réalités d’une société en ébullition.

Un premier projet de loi aux répercussions internationales

Ce texte, premier grand chantier législatif du gouvernement Sonko, concrétise une promesse de campagne. Paradoxalement, le Sénégal figure déjà au 191e rang sur 197 pays selon l’indice Equaldex, mesurant l’égalité LGBTQI+ mondiale, témoignant d’un cadre légal déjà parmi les plus sévères. L’annonce de ce durcissement intervient dans un climat social tendu, exacerbé par une récente vague d’arrestations, notamment dans des affaires de pédocriminalité, qui ont ravivé les passions et les prises de position.

L’homophobie, un levier politique opportun ?

L’association And Samm Jikko Yi

(« Ensemble, préservons nos valeurs ») a récemment lancé un « ultimatum » au Premier ministre, exigeant une modification de l’article 319 du Code pénal avant le 8 avril. Ousmane Sonko n’a pas tardé à répondre à cet appel. Un observateur politique averti souligne la dimension stratégique de cette manœuvre : « Dans un contexte où le Sénégal est acculé par l’ampleur de sa dette et fragilisé par la crise à l’université, le renforcement de l’arsenal législatif contre l’homosexualité est une mesure qui coûte peu au régime. Au contraire, ce projet de loi lui permet de contenter sa base, et au-delà, à peu de frais. » Une analyse qui met en lumière l’utilisation potentielle de questions sociétales sensibles à des fins de consolidation politique.

2. Cameroun : L’Ombre Russe sur les Médias Panafricanistes

Une investigation exclusive menée par Mathieu Olivier lève le voile sur l’ingérence croissante de réseaux russes au sein de médias panafricanistes opérant au Cameroun. Cette stratégie d’influence, orchestrée depuis Moscou, vise à remodeler les perceptions et à asseoir une présence idéologique sur le continent.

PM-TV : Le fer de lance camerounais de la propagande

Au cœur de ce dispositif, Panafrican Media TV (PM-TV)

s’impose comme une plateforme clé. Fondée en 2023 par le Camerounais Mohamed Bachir Ladan, cette entité, dotée d’un site internet et d’une chaîne YouTube forte de près de 40 000 abonnés, a des accointances troublantes. Ladan, se présentant comme journaliste et panafricaniste, a été simultanément nommé directeur de la communication de l’Alliance internationale des BRICS pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. Cette « alliance », initiée par la Russie, est un vecteur privilégié pour diffuser les thèses du Kremlin, cherchant à positionner Moscou comme le champion d’un « Grand Sud » face à l’hégémonie occidentale.

Afrique Media : Le mégaphone continental

Avec une audience colossale de 1,2 million d’abonnés sur Facebook, Afrique Media demeure un pilier essentiel de la diffusion des narratifs russes en Afrique. La chaîne n’hésite pas à relayer des contenus estampillés « Africa Corps », la nouvelle entité sous contrôle des renseignements militaires russes, succédant au tristement célèbre groupe Wagner. Ces productions mettent en scène des mercenaires de Vladimir Poutine, vantant une efficacité au Mali souvent contestée, le tout sur fond de musiques rock américaines, un paradoxe saisissant.

Globus : Le cerveau de l’opération

Les ramifications de PM-TV avec l’appareil de propagande russe sont encore plus profondes. La plateforme distribue des contenus émanant de Globus Expert Council (Globus), une organisation cofondée par la Russe Yulia Berg. Ancienne du groupe Wagner et proche d’Evgueni Prigojine, elle est une figure centrale de cette stratégie d’influence. La Camerounaise Clarisse Wiydorven est également citée comme l’intermédiaire crucial facilitant cette collaboration entre Globus et PM-TV, soulignant l’ancrage local de ces opérations.

3. Sahel : L’UE Face au Défi des Juntes, un Virage Diplomatique « Réaliste »

L’Union européenne, par l’entremise de son représentant spécial pour le Sahel, João Cravinho, explore une voie nouvelle face aux régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES). Jeune Afrique analyse cette tournée diplomatique, marquée par une tentative de « réalisme » et de réajustement stratégique.

Niamey : L’art délicat du dialogue

Au Niger, terreau fertile des critiques anti-occidentales, João Cravinho a dû user de toute sa finesse. Face au Premier ministre nigérien, figure emblématique d’une junte prompte à fustiger l’Occident, et la France en particulier, le diplomate européen a opté pour la retenue, prônant un « dialogue respectueux et qualitativement amélioré ». Une approche mesurée, loin des condamnations passées, qui signale une volonté de réouverture des canaux de communication.

Ouagadougou : L’écoute au service de la souveraineté

L’étape burkinabè a consolidé ce changement de paradigme. Devant Karamoko Jean Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Cravinho a insisté sur une démarche d’écoute attentive et de dialogue continu. Ce virage sémantique n’est pas anodin : il vise à réaligner le partenariat européen avec la rhétorique souverainiste chère à la junte burkinabè, cherchant un terrain d’entente au-delà des divergences.

Bamako : Le Mali, porte-étendard de la dignité

C’est cependant au Mali que l’ampleur du défi s’est pleinement révélée. Malgré un accueil officiel positif, Abdoulaye Maïga, chef du gouvernement malien, a interpellé João Cravinho, l’exhortant à devenir un « ambassadeur » capable de faire comprendre à certains États membres de l’UE que le Mali mène une « bataille pour la dignité humaine ». Un message fort, soulignant les attentes profondes des régimes sahéliens en matière de reconnaissance et de respect mutuel, et la complexité d’une diplomatie européenne en quête de nouvelle légitimité.

4. L’Or Africain : Qui Sont les Grands Gagnants du Boom Minier ?

Malgré les caprices des cours mondiaux, le secteur aurifère africain continue de faire briller les yeux des investisseurs. Fatoumata Diallo nous éclaire sur les véritables bénéficiaires de cette fièvre de l’or, soulignant la performance remarquable de certaines sociétés minières sur le continent.

Le Mali, nouvel eldorado pour les géants miniers

Au Mali, pays riche en ressources, la mine de Fékola s’est hissée en 2025 au rang de première source d’or du pays. Détenue à 80% par le géant B2Gold et à 20% par l’État malien, cette exploitation a propulsé les résultats de B2Gold, qui a triplé ses performances par rapport à 2024, avec un apport colossal de 1,74 milliard provenant de Fékola. Un succès retentissant qui illustre le potentiel lucratif du sous-sol malien.

Allied Gold et Sadiola : Un acteur majeur sur l’échiquier

Non loin de là, la mine de Sadiola, fleuron du groupe canadien Allied Gold, conforte sa position de deuxième site de production aurifère le plus important du Mali. Ces chiffres soulignent une tendance claire : les entreprises minières internationales, avec leurs capacités d’investissement et leur expertise, sont les premières à capitaliser sur la richesse minérale du continent, souvent au détriment d’une répartition équitable des bénéfices pour les populations locales.

5. Orange contre Starlink : La Bataille des Cieux pour la Connectivité Africaine

Alors que Starlink, le service d’internet par satellite d’Elon Musk, déploie ses constellations et séduit par sa promesse de connectivité rapide même dans les zones reculées, les opérateurs historiques comme Orange ne restent pas inactifs. Une véritable guerre des ondes se dessine pour le contrôle de l’accès à internet en Afrique, un marché en pleine expansion.

La riposte stratégique d’Orange

Face à l’arrivée disruptive de Starlink, Orange, acteur majeur des télécommunications sur le continent, orchestre une contre-offensive. Celle-ci s’articule autour de plusieurs axes : l’extension agressive de son réseau fibre optique et 4G/5G dans les zones urbaines et semi-urbaines, l’optimisation de ses offres de services pour maintenir sa compétitivité, et potentiellement, le développement de partenariats stratégiques ou d’offres hybrides pour contrer l’attrait du satellite. L’objectif est clair : défendre ses parts de marché et capitaliser sur sa connaissance approfondie des marchés locaux et des besoins spécifiques des populations africaines, face à un concurrent global dont la force réside dans la couverture universelle.

Enjeux et perspectives d’une compétition féroce

Cette confrontation entre un géant des télécoms traditionnel et un nouvel acteur technologique illustre les dynamiques de transformation numérique en Afrique. Elle promet d’accélérer l’accès à internet pour des millions de personnes, mais soulève également des questions sur la régulation, le coût des services et l’équité d’accès. La capacité d’Orange à innover et à s’adapter sera déterminante pour conserver son leadership face à la révolution satellitaire de Starlink.


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