Tunisie : L’ex-Premier ministre Ali Laarayedh condamné en appel à 24 ans de prison
Le rideau est tombé sur l’une des affaires les plus sensibles et médiatisées de la Tunisie post-révolutionnaire. Ali Laarayedh, ancien chef du gouvernement et figure emblématique du parti islamiste Ennahdha, a été condamné en appel à 24 ans de prison ferme. Cette décision, rendue par la cour d’appel de Tunis, vient clore un chapitre judiciaire houleux, marqué par des accusations d’implication dans l’envoi de jihadistes vers les zones de conflit à l’étranger.
Initialement, en mai 2025, Ali Laarayedh s’était vu infliger une peine de 34 ans de réclusion. La réduction de dix ans en appel témoigne de la complexité du dossier et de la bataille juridique acharnée menée par la défense.
L’ombre persistante du jihadisme : une décennie de départs massifs
La Tunisie, terreau de l’extrémisme après la révolution
Après l’euphorie de la révolution de 2010-2011, qui a balayé le régime de Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie a malheureusement été confrontée à l’émergence et à l’expansion d’une mouvance jihadiste. Ce phénomène a atteint son paroxysme en 2015, année noire marquée par des attentats sanglants, notamment à Sousse et Tunis, coûtant la vie à plusieurs dizaines de touristes étrangers et ébranlant la stabilité du pays.
Des milliers de Tunisiens sur les fronts jihadistes
Les chiffres de l’ONU sont éloquents : entre 2011 et 2016, près de 5 500 citoyens tunisiens auraient rejoint les rangs de groupes jihadistes, dont la redoutable organisation État islamique (EI), pour combattre en Irak, en Syrie ou en Libye. Un exode sans précédent qui a soulevé de nombreuses questions sur les responsabilités et les éventuelles complicités.
Ennahdha au cœur des accusations : un déni constant
Le parti islamiste Ennahdha, qui a dominé l’échiquier politique tunisien jusqu’à l’été 2021, s’est retrouvé au centre de ces allégations. Ali Laarayedh, en tant que l’un de ses responsables historiques et ancien ministre de l’Intérieur (2011-2013) puis chef du gouvernement (mars 2013 – janvier 2014), a été particulièrement visé. La formation a toujours farouchement nié toute implication dans la facilitation de ces départs, clamant son innocence face à ces accusations graves.
Un parcours politique et judiciaire mouvementé
Un passé déjà marqué par l’incarcération
Ce n’est pas la première fois qu’Ali Laarayedh connaît les geôles. Sous la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, il avait déjà purgé une peine de 15 ans de prison, dont une décennie en isolement, pour des accusations de « complot visant à renverser le gouvernement par la violence ». Une expérience qui, selon ses partisans, témoigne de son engagement politique et de sa résilience.
Les charges retenues et la défense de l’innocence
Depuis son arrestation en décembre 2022, en vertu de la loi antiterroriste, Ali Laarayedh a constamment martelé son innocence. Les accusations qui pesaient sur lui étaient lourdes : « formation et appartenance à une organisation terroriste » et facilitation de l’envoi de jihadistes vers les zones de conflit en Irak et Syrie, comme l’a précisé Oussama Bouthelja. Son procès en première instance s’était ouvert en novembre 2024.
Des peines réduites pour d’autres co-accusés
L’affaire ne concernait pas uniquement l’ancien Premier ministre. Plusieurs autres personnes étaient également jugées. La cour d’appel de Tunis a ainsi réduit les peines de Fathi Beldi et Abdelkrim Labidi, d’anciens membres des forces de sécurité, passant de 26 à 22 ans de réclusion. Au total, la cour a prononcé des peines allant de trois à 24 ans de prison, marquant la fin d’un long processus judiciaire. (Avec AFP)
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