L’escalade fulgurante : Kaboul sous les bombes, Islamabad déclare la « guerre ouverte »
Dans un développement dramatique qui fait craindre une déstabilisation régionale majeure, le Pakistan a lancé des frappes aériennes sur Kaboul, la capitale afghane, déclarant simultanément une « guerre ouverte » aux autorités talibanes. Cette action intervient en réponse à une offensive frontalière menée la veille par l’armée afghane, marquant un point de non-retour dans les relations déjà tendues entre les deux nations.
Une riposte pakistanaise sans équivoque
Le ministre de l’Intérieur pakistanais, Mohsin Naqvi, a qualifié ces bombardements de « réponse appropriée » à l’agression afghane. Sur la plateforme X (anciennement Twitter), son homologue de la Défense, Khawaja Asif, a renchéri avec une rhétorique martiale : « Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous. » Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a également utilisé le même canal pour avertir que « nos troupes ont toute la capacité nécessaire pour écraser toute ambition agressive. »
Tôt ce vendredi, des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) présents à Kaboul ont rapporté avoir entendu de violentes explosions et le survol d’avions de chasse. À Kandahar, bastion du chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, un autre reporter de l’AFP a également témoigné de la présence d’aéronefs. Parallèlement, des tirs d’artillerie et d’armes légères ont éclaté vers 9h30 heure locale (6h à Paris) près du poste-frontière stratégique de Torkham, soulignant l’intensité des affrontements.
Un contexte de tensions croissantes
Les relations entre le Pakistan, puissance nucléaire, et l’Afghanistan, sous le joug des Talibans depuis août 2021, se sont gravement dégradées ces derniers mois. La frontière commune est devenue un théâtre de confrontations récurrentes, avec la plupart des points de passage terrestres fermés depuis des combats meurtriers en octobre, qui avaient fait plus de 70 victimes des deux côtés.
L’escalade actuelle trouve ses racines dans les événements de la semaine dernière. Jeudi, l’armée afghane avait annoncé des « attaques massives » le long de la frontière, présentées comme une riposte directe aux bombardements pakistanais du week-end précédent. Islamabad avait alors affirmé avoir ciblé des camps « terroristes », revendiquant plus de 80 morts, selon une source proche des services de sécurité. En retour, Zabihullah Mujahid, porte-parole des autorités talibanes, avait déclaré que les forces afghanes avaient pris 15 avant-postes pakistanais et tué des « dizaines » de soldats. Si le gouvernement taliban a confirmé les bombardements pakistanais de vendredi, M. Mujahid a toutefois affirmé qu’ils n’avaient fait aucune victime. Le ministre de l’information pakistanais, Attaullah Tarar, a pour sa part précisé que les frappes visaient « des cibles de la défense talibane afghane » à Kaboul, Kandahar et dans la province frontalière orientale de Paktia.
En réaction, les autorités afghanes ont annoncé vendredi de nouvelles frappes « à grande échelle contre des positions de soldats pakistanais », promettant une spirale de violence difficile à enrayer.
Le lourd tribut des affrontements
Le ministère de la Défense afghan a déploré la mort de huit soldats lors de l’offensive terrestre de jeudi, lancée depuis les provinces de Nangarhar et de Kunar. Un porte-parole du Premier ministre pakistanais a, quant à lui, évoqué de « lourdes pertes » infligées aux forces afghanes. Au-delà des pertes militaires, la Mission des Nations unies en Afghanistan a rapporté que les bombardements pakistanais du week-end dernier, d’une ampleur inédite depuis octobre, avaient coûté la vie à au moins 13 civils. Le gouvernement taliban, de son côté, a fait état de 18 morts civils.
Islamabad accuse l’Afghanistan d’avoir « ouvert le feu unilatéralement sur plusieurs positions » jeudi, le long de la frontière avec la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa. Ces accusations mutuelles soulignent la profonde méfiance qui gangrène les relations bilatérales.
L’ombre persistante des talibans pakistanais
Historiquement proches, le Pakistan et l’Afghanistan sont désormais pris dans un cycle de confrontations sporadiques depuis la prise de Kaboul par les talibans en 2021. Islamabad reproche aux autorités afghanes d’abriter des mouvements terroristes, notamment les talibans pakistanais (TTP), actifs sur son territoire, des allégations que Kaboul nie fermement.
Une brève trêve, orchestrée le 19 octobre grâce à la médiation du Qatar et de la Turquie, avait été déclarée caduque neuf jours plus tard par le Pakistan, qui accusait l’Afghanistan d’orchestrer des attentats menés par le TTP. Malgré plusieurs cycles de négociations, aucune solution durable n’a pu être trouvée pour désamorcer ce conflit latent. Seule une intervention de l’Arabie saoudite a permis un maigre succès diplomatique avec la libération de trois soldats pakistanais capturés en octobre. La région se trouve désormais au bord d’une confrontation d’une ampleur inédite, avec des conséquences potentiellement dévastatrices.
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