Le Maroc a-t-il vraiment déboursé un milliard de dollars pour le “Board of Peace” de Trump ?
La scène se déroule à Washington, le 19 février 2026. Le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, prend la parole lors de la réunion inaugurale du Conseil de paix, une nouvelle initiative internationale lancée par le président américain, Donald Trump. Au milieu d’un discours formulant l’engagement de Rabat envers cette nouvelle instance, une phrase résonne et sème le trouble : « Le Maroc a déjà effectué la toute première contribution financière au Conseil de paix ». Cette déclaration, aussi concise qu’énigmatique, a depuis lors alimenté les spéculations et un véritable casse-tête chez les observateurs.
L’amalgame financier : Gaza ou siège permanent ?
La confusion autour de cette « contribution financière » découle de la conjonction de deux informations distinctes. D’une part, des rumeurs persistantes évoquent un montant d’un milliard de dollars que les États désireux d’obtenir un siège permanent au Conseil de paix devraient débourser. D’autre part, le Conseil prévoit des efforts de reconstruction dans la bande de Gaza, pour lesquels ses membres sont invités à s’engager financièrement. Nasser Bourita, par son intervention, n’a malheureusement pas contribué à éclaircir cette dualité, laissant planer le doute sur la nature exacte de l’apport marocain.
Les éclaircissements d’une source diplomatique américaine
Pour démêler cet écheveau, Médias24 a sollicité une source diplomatique américaine haut placée. Celle-ci a apporté une précision cruciale : toutes les contributions évoquées lors de la réunion du 19 février sont « volontaires » et « considérées comme faisant partie de l’engagement envers Gaza ». Cette affirmation corrobore les propos tenus par Donald Trump lui-même. Le président américain, en citant le Maroc parmi huit autres nations comme contributeur à une cagnotte initiale de 7 milliards de dollars, avait explicitement mentionné un « relief package » (plan d’aide) destiné à Gaza.
Le mystère du siège permanent : la charte est formelle
Cependant, cette clarification ne lève pas entièrement le voile. La question demeure : le Maroc a-t-il, en parallèle, versé le milliard de dollars requis pour s’assurer une adhésion définitive au Conseil de paix ? La charte de l’organisation, rendue publique le 18 janvier 2026, est sans équivoque à ce sujet. Son article 2.2 stipule que le mandat des États membres est de trois ans, renouvelable par le président, « sauf pour les États membres qui versent plus de 1.000.000.000 dollars américains en espèces au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte ».
Si l’ambition de Rabat est de conserver sa place au sein de cette instance, le Royaume dispose donc jusqu’au 22 janvier 2027 – date anniversaire du lancement officiel du Conseil à Davos – pour honorer cette contribution substantielle. À moins que l’opération ne soit déjà en cours ou même finalisée en toute discrétion.
La répartition des 7 milliards et le silence de Rabat
Concernant le « relief package » de 7 milliards de dollars pour Gaza, une ventilation partielle des contributions a été rendue publique par certains pays :
- L’Arabie saoudite : 1 milliard de dollars
- Les Émirats arabes unis : 1,2 milliard de dollars
- Le Koweït : 1 milliard de dollars
- Le Qatar : 1 milliard de dollars
Ces chiffres laissent un solde de 2,8 milliards de dollars à répartir entre les cinq autres pays mentionnés par Trump : le Maroc, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Quelle est la part exacte du Maroc dans ce total ? Interrogé à ce sujet, notre contact diplomatique américain a renvoyé vers « le gouvernement du Maroc ». Or, malgré nos multiples tentatives et relances, le gouvernement marocain maintient un silence radio. Cette absence de communication officielle est d’autant plus problématique qu’elle risque de fausser la perception des engagements financiers réels du pays sur la scène internationale. La transparence, en matière de diplomatie financière, serait pourtant un gage de clarté pour tous.
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