L’Économie Américaine à la Croisée des Chemins : Ralentissement et Tensions Politiques en 2025
Après une année marquée par les aléas des droits de douane et les frictions budgétaires, l’économie américaine clôture l’année 2025 sur une note de décélération prononcée. Avec une croissance annuelle établie à 2,2%, les États-Unis peinent à maintenir leur dynamisme, un constat qui alimente les critiques virulentes de Donald Trump à l’encontre de la Réserve fédérale et des démocrates.
Un Quatrième Trimestre en Berne : Le Reflet d’une Année sous Tension
Les chiffres du département du Commerce sont tombés, et ils confirment une tendance inquiétante. Le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis n’a progressé que de 1,4% en rythme annualisé au quatrième trimestre, un résultat bien en deçà des 2,5% anticipés par les marchés. Sur l’ensemble de 2025, la croissance s’est fixée à 2,2%, marquant un recul significatif par rapport aux 2,8% de 2024 et aux 2,9% de 2023. Une performance en demi-teinte pour la locomotive économique mondiale.
Trump monte au créneau : Les Accusations Fusent
L’ancien président Donald Trump, toujours prompt à commenter l’actualité économique, n’a pas tardé à réagir. Avant même la publication officielle, il a imputé cette contre-performance aux démocrates et à la paralysie budgétaire d’octobre et novembre, le plus long «shutdown» de l’histoire du pays. Sur son réseau Truth Social, il a affirmé que le «shutdown» avait coûté «au moins deux points de PIB» à l’économie américaine.
Le spectre des « shutdowns » plane toujours
La situation est d’autant plus délicate que les États-Unis sont actuellement confrontés à un nouveau «shutdown», bien que partiel, ciblant cette fois le département de la Sécurité intérieure, sur fond de désaccords persistants concernant la politique migratoire.
La Réserve Fédérale dans le viseur présidentiel
Donald Trump a également ciblé le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, critiquant avec véhémence le maintien des taux directeurs inchangés. «Pas de paralysie ! Et aussi, des taux d’intérêt plus bas», a-t-il lancé, alors que les marchés anticipent une nouvelle période de stabilité monétaire lors de la réunion de la Fed prévue à la mi-mars.
Décryptage des Facteurs du Ralentissement
Selon le département du Commerce, le ralentissement observé au dernier trimestre s’explique par un ensemble de facteurs convergents. Un retournement des dépenses publiques et des exportations, combiné à un fléchissement de la consommation des ménages, a pesé sur l’activité.
Les coupes budgétaires et le repli des exportations
Samuel Tombs, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics, met en lumière la contraction des dépenses publiques comme la principale surprise, estimant qu’elle a amputé près d’un point de croissance. Il y voit l’effet conjugué du «shutdown» et des premières coupes budgétaires engagées sous l’administration Trump. Le repli des exportations, quant à lui, témoigne d’un environnement commercial international potentiellement moins favorable.
L’IA, bouée de sauvetage des investissements
Malgré ce tableau, les investissements restent dynamiques, bien que fortement concentrés sur le secteur de l’intelligence artificielle (IA). Cette concentration soutient les dépenses en équipements technologiques, tandis que d’autres secteurs affichent un repli. Heather Long, cheffe économiste chez Navy Federal Credit Union, souligne que la croissance a néanmoins bénéficié d’une consommation encore solide et de la demande soutenue liée à l’IA. Cependant, elle alerte sur le marché de l’emploi, dont le ralentissement commence à se faire sentir, avec des embauches jugées «anémiques».
2026 : Vers une Économie en « K » ?
Les perspectives pour 2026 appellent à la prudence. Les économistes anticipent un rythme de croissance comparable, principalement porté par les ménages à hauts revenus. Cette divergence croissante entre les différentes catégories de la population est de plus en plus décrite comme une économie «en K».
Le fossé se creuse entre les ménages
Cette métaphore de l’économie en «K» illustre une réalité préoccupante : les ménages aisés continuent de consommer et de soutenir l’activité, tandis que les classes moyennes et modestes sont confrontées à une inflation persistante et à un risque accru de chômage. Une fracture économique qui pourrait s’accentuer, posant des défis sociaux et politiques majeurs pour les années à venir.
S.N. avec agences / Les Inspirations ÉCO
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