[Patrimoine oublié, ép. 2] Ouichane : Quand le Géant de Fer et de Pierre Murmure l’Épopée Minière du Rif
Chaque semaine, notre série « Patrimoine oublié » vous invite à un voyage au cœur de ces lieux délaissés qui, malgré le poids des ans, continuent de raconter des histoires. Pour ce deuxième volet, cap sur le Rif, à seulement dix kilomètres de Nador, où se dresse un colosse de béton et d’acier : l’ancienne usine de San Daniel. Érigée en 1932 sur les flancs majestueux du Jbel Ouichane, cette infrastructure est bien plus qu’une ruine ; elle est le vestige spectaculaire d’un passé minier qui a façonné le destin de toute une région.
L’Écho Silencieux d’une Gloire Passée
Il faut s’éloigner, prendre de la hauteur, pour embrasser l’ampleur de ce géant endormi. L’usine de traitement de San Daniel, œuvre architecturale de 1932, s’étale avec une démesure saisissante à flanc du Jbel Ouichane. Nichée à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Nador, au sein du massif des Beni Bou Ifrour, elle témoigne d’une époque où le fer et les minerais du Rif attiraient les convoitises et alimentaient les ambitions industrielles.
San Daniel : Une Cathédrale Industrielle au Cœur du Jbel Ouichane
Conçue pour transformer les richesses extraites des entrailles de la terre, l’usine de San Daniel fut, en son temps, un fleuron de l’ingénierie. Ses structures imposantes, aujourd’hui patinées par le temps et les éléments, évoquent la puissance d’une activité qui battait son plein, générant emplois et dynamisme économique. Chaque poutre rouillée, chaque mur de pierre érodé, résonne encore des bruits de machines, des voix des ouvriers, et de l’espoir d’un avenir forgé dans le minerai.
Un Témoin Immuable de l’Aventure Minière
Le site minier du Jbel Ouichane, avec l’usine de San Daniel en son cœur, est une cicatrice grandeur nature dans le paysage rifain, une empreinte indélébile de l’histoire industrielle du Maroc. Il nous rappelle les figures marquantes comme Bou Hamara ou Mohamed Améziane, et les influences étrangères, notamment espagnoles, qui ont jalonné cette période. Aujourd’hui, il offre aux explorateurs urbains et aux passionnés d’histoire un terrain de jeu fascinant, un musée à ciel ouvert où la nature reprend doucement ses droits sur l’œuvre humaine.
L’Urgence de la Mémoire
Alors que le temps continue son œuvre de dégradation, ces vestiges industriels, symboles d’une ère révolue, interpellent. Ils sont une part de notre mémoire collective, un rappel tangible de l’ingéniosité et du labeur humain. Les préserver, c’est honorer notre passé et enrichir notre compréhension du présent. L’usine de San Daniel, avec ses murs silencieux et ses charpentes éventrées, est un appel à ne pas laisser sombrer dans l’oubli ces géants de pierre et de fer qui ont bâti notre histoire.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe









Laisser un commentaire