Guinée : Tierno Monénembo, la voix dissonante face à la « fausse démocratie » de Doumbouya
À Conakry, tandis que le calendrier politique guinéen s’apprête à marquer une nouvelle étape avec les élections législatives et locales fixées au 24 mai, une figure intellectuelle majeure ose briser le silence. L’écrivain Tierno Monénembo, lauréat du prix Renaudot, se dresse en contempteur lucide du pouvoir en place, qualifiant la Guinée de « vraie fausse démocratie », même après l’investiture du président Mamadi Doumbouya. Un mois à peine après la victoire écrasante de ce dernier à la présidentielle du 28 décembre 2025, Monénembo livre une analyse sans concession, loin des discours officiels.
L’abstention, un acte de défiance
Le romancier guinéen, dont la plume acérée n’a jamais craint de dénoncer les travers de son pays, n’a pas participé au scrutin de fin d’année 2025. Son absence dans les urnes est un geste fort, une marque de défiance envers un processus électoral qu’il juge vicié. Pour Tierno Monénembo, ces élections, présentées comme le point d’orgue d’un « retour à l’ordre constitutionnel », ne sont qu’une illusion démocratique. Il exprime un scepticisme profond quant à la légitimité et à la transparence des institutions mises en place, soulignant l’absence d’un véritable pluralisme et d’un débat contradictoire.
Le mirage de la légitimité post-transition
L’écrivain pointe du doigt une transition qui, sous couvert de restaurer l’ordre républicain, aurait en réalité consolidé un pouvoir unilatéral. La victoire « sans appel » de Mamadi Doumbouya, loin de rassurer, alimente les craintes d’une démocratie de façade où les mécanismes électoraux servent davantage à légitimer un statu quo qu’à exprimer la volonté populaire. Monénembo, observateur avisé des dynamiques politiques africaines, met en garde contre la banalisation de ces simulacres démocratiques qui minent la confiance des citoyens et entravent tout développement authentique.
Un appel à la vigilance citoyenne
Dans cet entretien sans filtre, l’auteur de « Le Terroriste de Dieu » invite les Guinéens à une prise de conscience collective. Il exhorte à ne pas se laisser duper par les apparences et à exiger une gouvernance véritablement inclusive et respectueuse des droits fondamentaux. Sa voix, rare et courageuse, résonne comme un rappel essentiel : la démocratie ne se décrète pas par des élections formelles, mais se construit jour après jour par la participation active, la liberté d’expression et la garantie des contre-pouvoirs. Un défi immense pour la Guinée, où l’ombre de l’autoritarisme continue de planer sur les aspirations populaires.
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