L’Éclat Renouvelé de l’Or : Le Maroc à l’Aube d’une Nouvelle Ruée ?
Alors que l’or, valeur refuge par excellence, continue sa flambée spectaculaire sur les marchés mondiaux, franchissant allègrement la barre symbolique des 5 000 dollars l’once, le Maroc se prend à rêver d’un nouvel âge d’or. Cette ascension fulgurante, loin d’être un simple feu de paille, est ancrée dans des turbulences géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient, renforçant le statut indéfectible du métal jaune. Mais au-delà de l’engouement, quelle est la véritable étendue du potentiel aurifère du Royaume et comment compte-t-il capitaliser sur cette manne ? L’histoire minière marocaine, riche en épisodes de prospérité, semble prête à écrire un nouveau chapitre, porté par des explorations audacieuses et des technologies de pointe.
Le Miroir du Passé : Une Production Nationale Discrète
Actuellement, la contribution directe du Maroc à la production mondiale d’or reste modeste. L’essentiel de l’activité se concentre autour de la mine de Tiouit, nichée dans la province de Tinghir, près de Boumalne-Dadès. Ici, l’ingéniosité se manifeste par le retraitement des stériles, ces résidus miniers, via des procédés de cyanuration pour en extraire les précieuses particules d’or. Si cette méthode permet de maintenir une activité, elle plafonne à une centaine de kilogrammes par an, un chiffre qui contraste avec les ambitions nationales.
L’empreinte de Managem et le défi des réserves épuisées
Il est crucial de distinguer la production du géant minier Managem, qui, bien qu’atteignant environ 5 tonnes d’or, provient majoritairement de ses opérations à l’étranger, notamment en Afrique. Sur le sol marocain, l’épuisement des gisements historiques, comme celui d’Akka, a marqué un tournant. Jadis fleuron de l’extraction aurifère entre 2002 et 2006, avec des pics de production atteignant 2,6 tonnes annuelles, Akka a depuis été ingénieusement reconvertie en site d’exploitation de cuivre à partir de scories métallurgiques. Par le passé, l’or était également récupéré comme sous-produit de l’extraction d’autres métaux, tels que le cobalt et l’argent, contribuant à une production marginale de quelques dizaines de kilogrammes.
L’Horizon de l’Exploration : Dévoiler les Trésors Cachés du Sous-Sol
L’exploration aurifère est une entreprise intrinsèquement risquée, plus encore que pour d’autres métaux critiques, en raison des particularités géochimiques de l’or. Pourtant, la carte minière du Maroc révèle une trentaine d’indices prometteurs, disséminés principalement dans les vastes étendues du sud et de l’est du pays, de Guelmim à Errachidia, en passant par Aousserd, Tata et Tinghir. Plus d’une demi-douzaine d’entreprises sont déjà engagées dans cette quête, armées des dernières avancées technologiques en matière de prospection.
Leçons du passé, promesses du futur
L’histoire nous enseigne que des découvertes majeures peuvent surgir de manière inattendue. La mine de Tiouit elle-même, mise au jour sous le Protectorat français, n’a révélé son potentiel aurifère qu’après des exploitations initiales de plomb et de cobalt. Cette anecdote souligne l’importance d’une exploration continue et innovante pour percer les mystères du sous-sol marocain.
Les Projets Phares : Vers une Renaissance Aurifère ?
Plusieurs initiatives se distinguent par leur potentiel à redéfinir la place du Maroc sur l’échiquier aurifère.
Boumadine : Le pari polymétallique de Tinejdad
À l’horizon 2030, la mine de Boumadine, dans la région de Tinejdad, s’annonce comme un projet transformateur. Son exploitation ciblera un concentré polymétallique riche en plomb, zinc, argent et, surtout, en or. Actuellement, le traitement de ce type de minerai complexe est l’apanage des fonderies chinoises. Cependant, le Maroc envisage sérieusement la construction d’une fonderie nationale, une démarche stratégique qui non seulement maximiserait la valeur ajoutée locale, mais garantirait également une production autonome d’or raffiné.
Tichka Est : Les promesses d’une exploration ciblée
La compagnie Stellar AfricaGold a récemment fait état de résultats encourageants pour son projet Tichka Est. Les campagnes de forage ont mis en évidence une minéralisation aurifère significative, atteignant des teneurs de 6,12 g/t, principalement au sein de diorites fracturées et de zones d’altération carbonatées. Ces découvertes justifient la poursuite des travaux de forage, essentiels pour affiner l’estimation des ressources et évaluer la viabilité économique du gisement.
Tafilalet et Figuig : Un potentiel historique à réévaluer
Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable promeut activement le potentiel de la région minière de Tafilalet et de Figuig. Bien que traditionnellement connue pour ses gisements de plomb, cette zone recèle des indices aurifères prometteurs, notamment dans le gîte minéral de Tamelalt, près de Bouarfa. Des exploitations artisanales de barytine et des découvertes ultérieures de cuivre ont déjà révélé la présence d’or, suggérant un potentiel sous-exploité.
Les initiatives de l’ONHYM : Réduire le risque pour attirer les investisseurs
L’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) joue un rôle clé en stimulant l’investissement dans l’exploration. Son programme de développement vise à minimiser le risque minier pour les opérateurs privés. Deux projets aurifères près de Tafraout illustrent cette stratégie : le site d’Afoud, avec des teneurs allant jusqu’à 5,8 g/t, et celui de Tizeggouine-Moumjjoud, affichant des teneurs remarquables pouvant atteindre 27 g/t. Ces perspectives, si elles se concrétisent, pourraient significativement enrichir le portefeuille aurifère du Maroc.
Le Maroc, face à un marché de l’or en pleine effervescence, se trouve à un carrefour stratégique. Entre une production actuelle modeste et un sous-sol recelant des promesses, l’avenir de l’or marocain dépendra de la capacité du Royaume à investir dans l’exploration, à innover dans les techniques d’extraction et à développer des infrastructures de transformation locales. Un défi de taille, mais dont la récompense pourrait être un nouveau chapitre brillant dans l’histoire minière du pays.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe








Laisser un commentaire