Somaliland : Un Pont Stratégique
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Somaliland : Un Pont Stratégique vers Washington, entre Minerais Rares et Bases Militaires

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Somaliland : L’Offre Audacieuse de Minerais et de Bases Militaires pour Séduire les États-Unis

Dans un mouvement diplomatique qui redéfinit les contours géopolitiques de la Corne de l’Afrique, le Somaliland, cette république autoproclamée dont l’indépendance a été reconnue par Israël fin 2025, déploie désormais ses charmes stratégiques pour attirer l’attention des États-Unis. L’enjeu ? Une reconnaissance internationale tant convoitée, en échange de ressources minières vitales et de potentielles installations militaires.

Un Pari Géopolitique Audacieux

En quête de légitimité sur la scène mondiale, le Somaliland ne ménage pas ses efforts. Après la reconnaissance historique d’Israël en décembre dernier – une première qui avait provoqué l’ire de la Somalie, toujours revendicatrice de son territoire – Hargeisa se tourne vers Washington avec une proposition alléchante. « Nous sommes prêts à accorder des exclusivités [minières] aux États-Unis. Nous sommes également ouverts à l’idée d’offrir des bases militaires aux États-Unis », a déclaré Khadar Hussein Abdi, ministre de la présidence, lors d’un entretien exclusif avec l’AFP le samedi 21 février 2026.

Un Trésor Souterrain Convoité

Les entrailles du Somaliland recèlent des richesses insoupçonnées. Selon le ministère de l’Énergie et des Minerais, le pays regorge de minerais stratégiques tels que le lithium, le tantale, le niobium et le coltan. Si l’ampleur exacte de ces gisements reste à quantifier par des études approfondies, leur simple présence suffit à aiguiser les appétits des grandes puissances, notamment dans un contexte de course aux ressources critiques.

La Reconnaissance d’Israël : Un Précédent Explosif

La décision d’Israël de reconnaître le Somaliland comme « État indépendant et souverain » a marqué un tournant majeur. Cette sécession unilatérale de la Somalie, proclamée en 1991, n’avait jusqu’alors jamais obtenu une telle légitimité. Le président somalilandais, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dit « Irro », avait déjà laissé entendre son intention d’offrir à Israël un accès privilégié aux ressources du pays. Cette avancée diplomatique, espère Hargeisa, servira de catalyseur pour d’autres reconnaissances, avec les États-Unis en ligne de mire.

Une Position Stratégique Inestimable

L’attrait du Somaliland ne réside pas uniquement dans ses richesses souterraines. Sa position géographique est un atout majeur. Situé à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, carrefour vital entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, le pays contrôle une portion de l’une des routes commerciales maritimes les plus fréquentées du globe, reliant l’océan Indien au canal de Suez. Washington, déjà doté d’une base navale à Djibouti, pays voisin, pourrait y voir une opportunité d’étendre son influence régionale. Interrogé sur la possibilité d’une base militaire israélienne, le ministre Khadar Hussein Abdi a affirmé « ne rien exclure » dans le cadre d’un « partenariat stratégique » imminent avec l’État hébreu.

Enjeux Sécuritaires et Diplomatie Américaine

Ce rapprochement avec le Somaliland est analysé par les experts régionaux comme une réponse stratégique aux tensions croissantes dans la région. Face au Yémen, où les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, multiplient les attaques contre Israël depuis le début du conflit à Gaza, la stabilité du Somaliland prend une nouvelle dimension. Une base militaire, qu’elle soit américaine ou israélienne, aurait un impact sécuritaire considérable pour un pays jusqu’ici relativement épargné par l’instabilité régionale.

Les Menaces Grandissantes

La reconnaissance israélienne n’est pas sans risque. Elle a déjà attiré les menaces des Houtis et des islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda, qui mènent depuis deux décennies une guerre acharnée contre le gouvernement somalien. Le Somaliland, qui avait initialement qualifié d’« allégation sans fondement » l’idée d’une base israélienne, doit désormais faire face à une réalité sécuritaire plus complexe.

La Stratégie Pragmatico-Minière de Washington

Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, la diplomatie américaine a affiché un pragmatisme marqué, privilégiant les partenariats avec des nations riches en ressources essentielles à son économie. Plusieurs sénateurs républicains, dont le Texan Ted Cruz, plaident activement pour la reconnaissance du Somaliland par les États-Unis. Si le président américain avait initialement exprimé un certain scepticisme – « Est-ce qu’il y a vraiment des gens qui savent ce qu’est le Somaliland ? » – il avait néanmoins promis d’« étudier ça ».

L’Avenir Incertain d’une Nation en Quête de Légitimité

Les autorités du Somaliland nourrissent l’ambition de financer leur développement par l’exploitation de leurs sols, à mesure que leur reconnaissance internationale s’élargit. Cependant, Mogadiscio continue de revendiquer son contrôle sur le territoire, bénéficiant du soutien d’une grande partie de la communauté internationale, notamment du monde musulman, réticent à cautionner un mouvement sécessionniste.

Le Somaliland Critique Mogadiscio

Khadar Hussein Abdi a réagi avec fermeté aux positions de la Somalie et de ses alliés : « La Turquie, important partenaire de la Somalie, doit parler avec nous, pas avec Mogadiscio, qui n’est pas un État fonctionnel. Ce sont des factions fragmentées qui siègent à Mogadiscio. Elles ne sont d’accord sur rien. Elles ne s’accordent pas sur une voie électorale. Elles ne s’accordent pas sur une Constitution. Se concentrer là-dessus n’aide pas la sécurité de la région. »

Le Somaliland se positionne ainsi comme un acteur clé dans une région volatile, prêt à monnayer ses atouts stratégiques pour forger son destin sur la carte du monde. (Avec AFP)


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