Maroc : Nizar Baraka sonne
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Maroc : Nizar Baraka sonne l’alerte – L’eau, bien plus qu’une question de rareté, un défi de résilience climatique

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Nizar Baraka : L’Eau, un Défi de Résilience au-delà de la Simple Rareté

Face aux récentes inondations qui ont balayé plusieurs provinces du Royaume, Nizar Baraka, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, lève le voile sur la stratégie de son département. Il détaille un dispositif complet d’anticipation et de gestion, allant de la surveillance rigoureuse des barrages aux modélisations hydrologiques avancées, en passant par une coordination interministérielle et l’activation de systèmes d’alerte. L’occasion de revenir sur la réactivité de l’État, les leçons précieuses tirées de ces épisodes météorologiques extrêmes et les ajustements cruciaux envisagés pour forger une résilience hydrique marocaine à l’épreuve des bouleversements climatiques.

Jalal Baazi | 23 Février 2026 À 16:27

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Le Rôle Pivot du Ministère face aux Crues : Une Symphonie Opérationnelle

Le Matin : Quel a été concrètement le rôle du Ministère de l’Equipement et de l’Eau dans la gestion des inondations qui ont touché le Maroc ces derniers jours ? Comment s’est opérée la coordination entre votre Département, les autorités locales, la protection civile, le Ministère de l’intérieur et les autres secteurs concernés ?

Nizar Baraka :

Le Ministère de l’Équipement et de l’Eau s’est positionné en véritable chef d’orchestre lors de ces inondations, assumant un rôle central dans l’anticipation, le suivi minutieux et la gestion technique de la complexe situation hydrologique. Nos équipes techniques spécialisées ont été mobilisées en permanence, assurant une surveillance sans relâche des barrages, de leurs retenues et de l’ensemble des ouvrages hydrauliques du Royaume.

Forts des prévisions météorologiques actualisées, nos services ont déployé des simulations et des modélisations hydrologiques d’une précision remarquable. Cette ingénierie prévisionnelle nous a permis d’anticiper l’évolution des crues sur plusieurs jours, d’identifier avec acuité les zones potentiellement menacées et d’estimer les niveaux d’eau attendus. Ces analyses prospectives ont été le socle de nos décisions techniques, guidant notamment une gestion optimisée des débits et, lorsque la situation l’exigeait, des déversements préventifs et anticipatifs, cruciaux pour garantir la sécurité de nos infrastructures et minimiser l’impact en aval sur les populations et les biens.

La coordination opérationnelle a été exemplaire, tissant des liens étroits avec l’ensemble des acteurs impliqués : le Ministère de l’Intérieur, les autorités locales, la Protection Civile et les divers secteurs concernés. Cette synergie s’est concrétisée au sein de comités de veille activés à l’échelle nationale, régionale et locale, garantissant une réponse unifiée et efficace. L’objectif ultime de cette mobilisation collective était clair : assurer la sécurité des citoyens, protéger leurs biens et maintenir la continuité des services publics face à ces conditions hydrométéorologiques d’une intensité exceptionnelle.

L’Œil Vigilant des Systèmes d’Alerte : Entre Performance et Nécessité d’Évolution

Les systèmes de surveillance hydrométéorologiques ont-ils permis d’anticiper l’ampleur de ces inondations ? Avec un peu de recul estimez-vous que les dispositifs d’alerte précoce sont suffisants ou doivent être renforcés, notamment dans les zones historiquement exposées ?

Nizar Baraka :

Absolument. Dans le sillage des épisodes pluviométriques intenses que le Maroc a récemment traversés, un dispositif intégré de suivi, d’anticipation et d’aide à la décision a été promptement activé. Ce système a été notre boussole pour une gestion optimale des crues et de nos ouvrages hydrauliques.

La Direction Générale de la Météorologie (DGM) a fourni la pierre angulaire de notre capacité d’anticipation, avec des prévisions météorologiques spatialisées, détaillées à l’échelle des sous-bassins versants. Ces projections, issues de modèles numériques de pointe, ont été actualisées régulièrement, parfois même à l’heure, offrant une vision dynamique de la situation.

Ces données météorologiques ont été enrichies par les mesures hydrologiques émanant du réseau national, sous l’égide des Agences des Bassins Hydrauliques et la supervision de la Direction Générale de l’Hydraulique (DGH). Cette combinaison de données constitue une composante stratégique de notre dispositif hydrométéorologique national, essentielle pour le suivi des ressources en eau et la prévention des inondations. Leur rôle a été déterminant, non seulement dans la prévention et la gestion des crues, mais aussi en fournissant les éléments techniques indispensables à une prise de décision éclairée.

L’intégration de ces prévisions météorologiques actualisées dans nos chaînes de traitement et de simulations hydrologiques, dynamiquement calibrées par rapport aux mesures réelles, a été un atout majeur. Ces simulations nous ont permis d’identifier les zones les plus vulnérables, d’estimer l’ampleur des crues en amont des barrages, de quantifier les volumes de ruissellement et d’anticiper les effets cumulés des vidanges et des apports naturels. C’est sur cette base que nous avons pu activer, en parfaite synergie avec le Ministère de l’Intérieur et les autorités locales, les mécanismes de vigilance nécessaires.

Cette approche intégrée, alliant prévisions et simulations, a démontré sa robustesse et sa réactivité face aux événements extrêmes, permettant une meilleure maîtrise des apports aux barrages, une gestion préventive des ouvrages et une réduction significative des risques. C’est une illustration éloquente de la solidité de notre dispositif.

Cependant, l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, inhérente aux dérèglements climatiques, nous impose de renforcer et de consolider davantage nos systèmes de surveillance hydrométéorologiques. Il est impératif de poursuivre l’amélioration de la densité et la modernisation du réseau hydrologique national, de développer encore la prévision météorologique, d’intégrer des outils de modélisation hydrologique à très haute résolution, et de renforcer l’automatisation de l’intégralité de la chaîne « prévision – simulation – alerte ».

Infrastructures Hydrauliques : Une Résilience Confirmée

Disposez-vous aujourd’hui d’un premier bilan technique des dégâts enregistrés au niveau des infrastructures hydrauliques ?

Nizar Baraka : Je suis en mesure de confirmer qu’à ce stade des constats techniques effectués sur le terrain, aucun dégât significatif n’a été enregistré au niveau de nos infrastructures hydrauliques. Nos barrages, les ouvrages de régulation et l’ensemble des équipements associés ont opéré de manière optimale durant cet épisode pluvieux intense, en stricte conformité avec les protocoles d’exploitation et de sécurité en vigueur. Les dispositifs de surveillance et de gestion mis en place par le Ministère de l’Équipement et de l’Eau ont prouvé leur efficacité, assurant un suivi continu de la situation et garantissant la stabilité et le bon fonctionnement de l’ensemble de ces ouvrages vitaux.

Repenser la Politique de l’Eau : Au-delà de la Rareté, la Gestion des Risques Multiples

Ces événements révèlent-ils un déséquilibre dans la gestion des extrêmes climatiques, entre manque d’eau prolongée et excès brutal ? Faut-il repenser la politique de l’eau afin d’intégrer davantage la gestion des risques climatiques multiples, et non plus uniquement la rareté de la ressource ?

Nizar Baraka : Ces récentes inondations, qui ont secoué le Royaume, s’inscrivent indéniablement dans un contexte international où l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes est devenue la norme. Elles confirment, avec une acuité nouvelle, que notre pays est confronté non seulement à des épisodes de sécheresse structurelle et prolongée, mais également à des épisodes brutaux et intenses d’excès hydrique. Cette dualité, loin d’être un paradoxe, est la manifestation même du dérèglement climatique.

Face à cette réalité, il est impératif d’opérer un véritable changement de paradigme dans notre approche de la gestion de l’eau. Nous ne pouvons plus nous contenter de limiter notre politique à la seule lutte contre la rareté de la ressource. L’heure est venue d’intégrer pleinement une gestion multi-risques, embrassant à la fois la sécheresse, les inondations, mais aussi la préservation de la qualité de l’eau et l’adaptation aux impacts globaux du changement climatique. Il s’agit d’adopter une vision holistique, intégrée et résolument proactive, pour bâtir une véritable résilience hydrique pour le Maroc de demain.


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