Lyon : L’Ultradroite Marche pour Quentin Deranque, entre Deuil et Stratégie Politique
Lyon, le 21 février 2026. Les rues de la capitale des Gaules ont été le théâtre d’un rassemblement d’envergure, réunissant près de 3 200 personnes selon les estimations de la préfecture du Rhône. Cette marche, orchestrée par la mouvance de l’extrême droite radicale, se tenait en hommage à Quentin Deranque, jeune militant de 23 ans, dont le décès tragique, survenu une semaine plus tôt des suites de blessures reçues lors d’affrontements avec l’extrême gauche, continue de défrayer la chronique et d’alimenter les tensions.
Un Hommage Sous Haute Surveillance
L’événement, loin d’être une simple procession funèbre, s’est déroulé sous l’œil vigilant des autorités et des observateurs. Les organisateurs avaient en effet imposé des consignes d’une rigueur inhabituelle à leurs troupes : bannissement des drapeaux autres que tricolores, dissimulation des tatouages à connotation politique, proscription des injures et de toute « gogolerie » – terme interne désignant les comportements jugés excessifs. Même les cagoules et tours de cou, souvent emblématiques de ces groupes, étaient formellement interdits.
Ces directives strictes n’étaient pas le fruit du hasard. Elles constituaient la condition sine qua non
posée par la préfecture du Rhône pour accorder l’autorisation de cette marche. Une stratégie claire : éviter tout débordement qui aurait pu justifier une interdiction ou ternir l’image que l’ultradroite cherche désormais à projeter. Comme l’a ironiquement souligné un des organisateurs au cours de la procession : « C’est nous les gentils ».
La Construction d’un Martyr et l’Affirmation d’une Idéologie
Au-delà du recueillement, cette marche s’inscrit dans une dynamique plus vaste : celle de l’érection de Quentin Deranque en figure martyre. Son jeune âge, les circonstances violentes de sa mort – encore sous le coup d’une enquête ayant déjà mené à l’inculpation de sept individus – confèrent à son destin une dimension tragique que l’extrême droite entend exploiter pour galvaniser ses partisans et légitimer son discours.
Les mots prononcés lors de l’hommage résonnent avec force : « Il aimait cette ville, il aimait cette civilisation ». Une formule qui encapsule la vision identitaire et nationaliste de cette mouvance, présentant le défunt non seulement comme une victime, mais aussi comme un défenseur des valeurs qu’elle prétend incarner. Cette démonstration de force, encadrée mais significative, interroge sur l’évolution des stratégies de l’extrême droite et sa capacité à mobiliser, même dans le deuil, pour faire avancer son agenda politique sur la scène publique.
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