Le 10 février dernier, la Maison centrale de Conakry a été le théâtre d’un événement qui a secoué la capitale guinéenne : des coups de feu ont retenti, prélude à une intervention musclée des Forces spéciales. Leur objectif ? Exfiltrer Aboubacar Sidiki Diakité, plus connu sous le nom de Toumba, l’ancien bras droit du capitaine Moussa Dadis Camara, pour le transférer vers la prison de Coyah, à une cinquantaine de kilomètres. Mais ce qui aurait pu être une simple opération carcérale a dégénéré en heurts violents, révélant l’influence persistante et le poids symbolique d’un homme dont le nom est indissociable des pages les plus sombres de l’histoire récente de la Guinée.
L’Écho d’un Transfert Explosif
Les images et les récits du 10 février ont fait le tour du pays. Des détenus s’opposant farouchement au déplacement de Toumba, des affrontements éclatant dans l’enceinte de la prison… Pourquoi un tel déchaînement de violence pour un simple transfert ? Cette poussée de fièvre est un baromètre éloquent de l’empreinte que Toumba Diakité continue de laisser sur l’imaginaire collectif guinéen, plus de quinze ans après le tristement célèbre massacre du 28 septembre 2009.
Toumba Diakité : De l’Ombre à la Lumière Sanglante
L’Ascension d’un Homme Redouté
Ancien chef de la Garde présidentielle sous la junte de Moussa Dadis Camara, Aboubacar Sidiki Diakité a longtemps cultivé une aura de discrétion, avant de devenir l’une des figures les plus redoutées de Guinée. Son rôle lors du massacre du 28 septembre 2009, où plus de 150 manifestants pacifiques furent tués et de nombreuses femmes violées au Stade du 28 Septembre, reste au cœur des débats. Était-il un simple exécutant des ordres venus d’en haut, ou l’un des architectes d’un dispositif sécuritaire macabre ? La question continue de hanter les esprits et le procès en cours tente d’y apporter des réponses.
Le Retournement Spectaculaire
L’histoire de Toumba est aussi celle d’une trahison retentissante. Après avoir été le fidèle bras droit de Dadis Camara, il s’est retourné contre son ancien mentor, allant jusqu’à tenter de l’assassiner. Un acte qui l’a propulsé au rang d’accusateur principal de Dadis Camara lors du procès historique qui a débuté en 2022, offrant une perspective unique sur les événements tragiques de cette période.
Le Mythe Persistant et la Réinvention de l’Image
L’aura mystique de « Toumba »
« Toumba était quelqu’un que l’on ne pouvait pas fixer dans les yeux », se souvient Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique à Conakry. « Il y avait une sorte de mythe autour de la personne de Toumba. On parlait de lui comme d’un marabout qui savait prédire l’avenir, voire jeter des sorts maléfiques. » Cette perception, mêlant crainte et fascination, a forgé une légende autour de l’homme, bien au-delà de son rôle militaire.
Le Sauveur Autoproclamé
Dix-sept ans après les faits, Toumba Diakité a habilement œuvré à transformer son image. « Il est parvenu à se présenter comme quelqu’un qui a sauvé des gens au stade, comme quelqu’un qui est intervenu pour limiter les dégâts, qui est allé à l’encontre de la volonté de Moussa Dadis Camara pour empêcher ou limiter le massacre », explique Diawo Barry. Une réécriture de l’histoire personnelle qui, malgré sa détention, lui confère une influence politique non négligeable.
Notre décryptage vidéo vous invite à explorer le parcours complexe de ce militaire, figure centrale de l’un des pires drames de l’histoire guinéenne. Depuis les murs de sa prison, Toumba Diakité continue d’espérer peser sur la vie politique du pays, son ombre planant toujours sur l’avenir de la Guinée.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe









Laisser un commentaire