Une seringue d'injection amaigrissante posée à côté de pilules et d'un ruban à mesurer, symbolisant les différentes approches de la perte de poids.
Santé

Perte de poids : les traitements en vogue passés au crible

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La quête de la minceur : quand la science rencontre l’espoir

Longtemps circonscrite aux régimes draconiens et, pour les cas les plus extrêmes, à la chirurgie bariatrique, la lutte contre l’excès de poids s’est enrichie de nouvelles perspectives. Aujourd’hui, l’horizon s’élargit vers des solutions médicamenteuses et paramédicales, promettant d’intervenir directement sur les mécanismes complexes de l’appétit et du métabolisme. Parmi ces innovations, les injections amaigrissantes se taillent la part du lion, captivant l’attention du public et des professionnels de santé.

Les injections « minceur » : une révolution venue du diabète

Des noms comme Ozempic, Victoza ou Wegovy résonnent désormais bien au-delà des cercles médicaux. Initialement conçus pour la gestion du diabète de type 2, ces médicaments sont devenus des alliés inattendus dans la bataille contre les kilos. Le Dr Khaled Dembri, endocrinologue, diabétologue et spécialiste en nutrition, nous éclaire : « Ces injections sont toutes des agonistes du GLP-1. Il s’agit d’une hormone naturellement sécrétée par l’intestin en réponse à l’ingestion d’aliments, jouant un rôle crucial dans la régulation de la glycémie et de l’appétit. »

Ozempic, Victoza, Wegovy : décryptage de leur mécanisme

Bien que partageant une même famille pharmacologique, chaque injection possède ses spécificités. Le Dr Dembri souligne : « Si ces médicaments présentent des effets similaires en termes de perte de poids, ils se distinguent par leur dosage, leur fréquence d’administration et leurs indications précises. »

  • Ozempic :

    Administré une fois par semaine, il est particulièrement réputé pour son impact marqué sur la satiété. « Ozempic stimule la sécrétion d’insuline par le pancréas lorsque la glycémie s’élève. Il diminue également la production de glucagon, une hormone hyperglycémiante, et ralentit la vidange gastrique, favorisant ainsi une sensation de plénitude durable », explique l’endocrinologue.

  • Victoza : Avec une prise quotidienne, Victoza propose une approche plus graduelle.
  • Wegovy : Spécifiquement développé pour la prise en charge du surpoids et de l’obésité, Wegovy mime également l’hormone de satiété. « Son mécanisme d’action est comparable à celui d’Ozempic », précise le Dr Dembri.

Précautions et contre-indications

Malgré leur efficacité, ces traitements ne sont pas sans risques. Ils sont formellement déconseillés aux personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer de la thyroïde, de pancréatite, ainsi qu’à celles souffrant de troubles gastro-intestinaux, d’allergies à l’un des composants, ou sujettes à l’hypoglycémie. Les femmes enceintes ou allaitantes doivent également s’abstenir. « Une consultation médicale préalable est indispensable avant d’initier tout traitement par agoniste du GLP-1 », insiste le Dr Dembri.

Quels résultats sur la balance et après l’arrêt ?

Les études cliniques affichent des résultats prometteurs. « Les patients peuvent généralement observer une perte de poids dès 4 à 6 semaines, avec des résultats optimaux atteignables entre 6 et 12 mois », rapporte le Dr Dembri. Cependant, une réalité cruciale doit être prise en compte : la reprise de poids est fréquente après l’arrêt du traitement. « Ces injections agissent en augmentant la satiété, en réduisant l’appétit et en ralentissant la vidange gastrique. Une fois le traitement interrompu, ces effets s’estompent, ce qui peut entraîner une recrudescence de l’appétit et une consommation calorique accrue », avertit le praticien. D’où l’importance capitale d’adopter des habitudes de vie saines et durables, combinant alimentation équilibrée et activité physique régulière.

Effets indésirables : la face cachée de la minceur médicamenteuse

Comme tout traitement pharmacologique, ces injections peuvent provoquer des effets secondaires, principalement digestifs : nausées, vomissements, diarrhées, constipation ou ballonnements sont les plus courants, surtout en début de cure. Le Dr Dembri soulève également des interrogations sur le long terme : « L’impact à long terme de ces injections sur le pancréas n’est pas encore entièrement élucidé. Les préoccupations se concentrent notamment sur le risque de pancréatite et un potentiel effet sur le développement de cancers du pancréas. »

Les inhibiteurs de l’absorption des graisses : une autre piste

Au-delà des agonistes du GLP-1, d’autres traitements ciblent directement l’absorption des lipides. Souvent sous forme de comprimés, ces médicaments agissent en bloquant partiellement l’assimilation des graisses alimentaires par l’intestin, réduisant ainsi l’apport calorique sans exiger de bouleversements radicaux du régime. L’Orlistat, par exemple, est une option reconnue et autorisée dans de nombreux pays, y compris le Maroc, pour les personnes en surpoids ou obèses présentant des facteurs de risque métaboliques (cholestérol élevé, hypertension).

Précautions avec les bloqueurs de graisses

Le Dr Amal Mjabber, spécialiste en endocrinologie, diabétologie, nutrition et maladies métaboliques, met en garde : « En bloquant l’assimilation des graisses, ces médicaments peuvent également limiter l’absorption de certaines vitamines essentielles, notamment les vitamines liposolubles comme les vitamines A, D et K. » Elle insiste sur la nécessité d’une prescription et d’un suivi médical rigoureux : « Ces traitements doivent impérativement être pris sur ordonnance et jamais de manière aléatoire. Ils doivent être adaptés à l’état de santé du patient et s’inscrire dans une prise en charge globale, incluant une alimentation saine et une activité physique adaptée. »

Brûleurs de graisse : mythe ou réalité scientifique ?

Les « brûleurs de graisse », ces compléments alimentaires vantés pour leur capacité à stimuler la combustion des lipides stockés, inondent le marché. Thé vert, caféine, L-carnitine, guarana, konjac… des noms familiers souvent encapsulés ou réduits en poudre. Mais que cache réellement cette promesse marketing ?

L’avis des experts sur les « brûleurs »

Rihab Chouari, docteure en nutrition clinique et neurosciences, tempère l’enthousiasme : « Il est vrai que certaines substances comme la caféine ou le thé vert sont célèbres pour leur prétendu effet brûle-graisse, mais la réalité scientifique est bien plus nuancée. Ces composés ne “brûlent” pas le gras au sens propre ; ils agissent tout au plus comme des soutiens au métabolisme. »

Elle détaille leur action :

  • Caféine : « Elle stimule le système nerveux et augmente légèrement la thermogenèse, la production de chaleur par le corps. Cela incite l’organisme à dépenser quelques calories supplémentaires, mais cet effet reste marginal et s’estompe avec l’accoutumance », explique-t-elle.
  • Thé vert (EGCG) : « Grâce à ses catéchines, notamment l’EGCG, le thé vert peut favoriser très légèrement l’oxydation des graisses. Cependant, les études démontrent que sans un déficit calorique et une activité physique régulière, son impact reste limité. »

En conclusion, si la science offre de nouvelles pistes pour la perte de poids, la prudence et l’accompagnement médical demeurent les maîtres-mots. Les solutions médicamenteuses, bien que prometteuses, exigent une compréhension approfondie de leurs mécanismes, de leurs bénéfices et de leurs risques, toujours en synergie avec un mode de vie équilibré.


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