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La Tunisie à l’heure de l’immobilisme

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Tunisie : L’Étau de l’Immobilisme, Un Pays en Quête de Souffle

Tunis, février 2026. Un voile d’attentisme et d’inertie semble s’être posé sur la Tunisie. Alors que les murmures d’un remaniement gouvernemental se font persistants, aucune décision concrète ne vient dissiper le brouillard. Les chantiers pharaoniques, promesses d’un avenir meilleur, demeurent figés, et face aux caprices d’un climat de plus en plus imprévisible, la réponse étatique se fait étonnamment discrète. Au cœur de cette léthargie, un homme, le président Kaïs Saïed, concentre l’essentiel des leviers du pouvoir, mais le mouvement, lui, se fait désirer.

Dans les ruelles séculaires du souk de Tunis, où les échoppes d’objets en cuivre (comme celle immortalisée le 18 février 2026 par Imen BEN YOUSSEF/Hans Lucas via AFP) résonnent habituellement des discussions animées, un silence inhabituel s’est installé. Fraj, un ancien des assurances à la retraite, en fait l’amère expérience. Chaque matin, il espère retrouver ses compagnons pour le rituel café-débat, mais les chaises restent vides. « Il n’y a plus de plaisir de la joute, plus rien à commenter, plus rien à dire », confie-t-il avec une pointe d’amertume. « Autrement, nous pourrions être accusés d’être… » Le point de suspension en dit long sur le climat de prudence qui musèle les voix.

Une paralysie politique palpable

L’attente d’un remaniement ministériel, maintes fois évoquée, s’étire, créant un vide décisionnel préjudiciable. Cette inertie au sommet se répercute sur l’ensemble de l’appareil d’État, freinant toute initiative et alimentant un sentiment d’incertitude quant à la direction future du pays. Les dossiers urgents s’accumulent, tandis que le calendrier politique semble suspendu à une volonté présidentielle qui tarde à se manifester.

L’économie tunisienne en mode pause

Des projets structurants à l’arrêt

Les grands projets d’infrastructure et de développement, souvent vitaux pour relancer une économie en difficulté, sont aujourd’hui au point mort. Qu’il s’agisse d’investissements étrangers ou d’initiatives nationales, le manque de clarté et la lenteur administrative découragent les acteurs économiques. Cette stagnation a des conséquences directes sur l’emploi et le pouvoir d’achat des Tunisiens, exacerbant les tensions sociales.

Face aux défis climatiques : une inertie inquiétante

Alors que la Tunisie est en première ligne face aux conséquences du changement climatique – sécheresses, inondations, érosion côtière – l’absence de stratégies claires et de mesures concrètes est alarmante. Les populations rurales, en particulier, subissent de plein fouet les aléas climatiques sans voir de réponse robuste de la part des autorités. Cette passivité interroge sur la capacité du pays à anticiper et à protéger ses citoyens face à des menaces grandissantes.

Kaïs Saïed : un pouvoir centralisé, une action différée ?

La Constitution de 2022 a consolidé les prérogatives du président Kaïs Saïed, lui conférant un rôle prépondérant dans la gouvernance du pays. Si cette concentration des pouvoirs visait initialement à accélérer les réformes, elle semble paradoxalement conduire à une forme d’immobilisme. Chaque décision majeure semble attendre l’aval présidentiel, créant des goulots d’étranglement et ralentissant le rythme des transformations nécessaires. La question se pose : cette centralisation est-elle un atout ou un frein pour une Tunisie en quête de dynamisme ?

La Tunisie se trouve donc à un carrefour, entre l’urgence d’agir et une inertie qui semble s’installer durablement. L’attente d’un nouveau souffle est palpable, tant dans les cafés désertés que dans les coulisses du pouvoir.

Par Thomas Paillaute. Publié le 21 février 2026. Lecture : 4 minutes.


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