Une Opération Inopinée et Coordonnée
Le marché marocain des dispositifs médicaux est sous le feu des projecteurs. Le Conseil de la concurrence a mené une opération d’envergure, ciblant plusieurs entreprises suspectées de pratiques anticoncurrentielles. Une action coup de poing qui souligne la détermination du régulateur à assainir un secteur vital pour la santé publique.
C’est le 17 février 2026 que les équipes d’instruction et d’enquête du Conseil de la concurrence ont frappé. Des visites et saisies simultanées ont été effectuées dans les locaux d’acteurs majeurs de la commercialisation de dispositifs médicaux. Ces interventions, menées avec l’aval du Procureur du Roi et l’appui de la Brigade nationale de la police judiciaire, s’appuient sur l’article 72 de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, garantissant la légalité et la rigueur de la démarche.
Un Marché Stratégique sous Surveillance
Ce coup de filet n’est pas anodin. Il intervient alors que le Maroc s’engage résolument dans une politique de souveraineté sanitaire, avec un accent particulier sur le « Made in Morocco » pour les dispositifs médicaux. Une convention-cadre 2026-2030, récemment signée entre les ministères, institutions publiques et acteurs privés, vise précisément à réduire la dépendance aux importations et à stimuler la production locale. Dans ce contexte, toute entrave à la concurrence pourrait compromettre ces ambitions nationales.
L’enjeu de la concurrence dans la santé
Le secteur de la santé, par sa nature même, est un domaine où la concurrence loyale est primordiale. Elle garantit non seulement des prix justes, mais aussi un accès équitable à des équipements de qualité et une transparence indispensable pour les patients et le système de santé dans son ensemble. La vigilance accrue du régulateur dans ce marché stratégique est donc une nécessité absolue.
Présomption d’Innocence et Confidentialité
Le Conseil de la concurrence tient à rappeler que ces opérations de perquisition ne préjugent en rien de la culpabilité des entreprises visées. Elles constituent une étape cruciale de l’enquête, permettant de collecter des preuves. Seules les instances délibératives de l’institution, après une instruction contradictoire respectant scrupuleusement les droits de la défense, pourront statuer sur la véracité des faits reprochés. Pour l’heure, l’identité des opérateurs et la nature exacte des pratiques suspectées demeurent confidentielles, conformément aux principes de protection des droits des entreprises.
Le « Gun Jumping » dans le Viseur
Au-delà des pratiques anticoncurrentielles classiques, ces investigations peuvent également cibler le « gun jumping », c’est-à-dire l’absence de notification préalable d’opérations de concentration économique. Un manquement qui, s’il est avéré, peut également fausser le jeu de la concurrence et justifie l’intervention des services d’enquête.
Ce dossier, révélé par Le Matin le 20 février 2026, marque un tournant. Il envoie un signal fort aux opérateurs du marché des dispositifs médicaux : la transparence et la loyauté concurrentielle sont des piliers inaliénables de l’économie marocaine, particulièrement dans un domaine aussi sensible que la santé.
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