Dattes : L’Équation Délicate du Marché Marocain Face à la Ferveur de Ramadan
, le 20 février 2026
– À l’approche du mois sacré de Ramadan, les étals des marchés marocains se transforment en véritables mosaïques de dattes, où les trésors du terroir national côtoient une offre internationale pléthorique. De Derb Mila à Casablanca, un ballet incessant de commerçants et de consommateurs se joue, chacun cherchant à concilier tradition, qualité et budget. Cette année, le marché est marqué par une forte demande, mais aussi par une résilience notable des variétés marocaines face à la concurrence des importations.
Un Kaleidoscope de Saveurs et d’Origines
Les allées animées de Derb Mila, épicentre du commerce casablancais, offrent un spectacle haut en couleurs et en saveurs. « Nous avons des dattes des Émirats, de Jordanie, de Tunisie, d’Algérie, d’Égypte… et même d’Irak », détaille un commerçant aguerri, témoin de cette mondialisation du fruit. L’offre est vaste, et les prix suivent une hiérarchie bien établie, allant des « premiers prix » irakiens aux pépites saoudiennes du segment premium.
L’Irak se positionne comme le fournisseur le plus abordable, suivi de près par l’Égypte. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis se disputent le milieu de gamme, tandis que la Tunisie, l’Algérie et la Jordanie complètent ce panorama, proposant des dattes avec ou sans branche, influençant directement leur valeur marchande.
Le Luxe Sucré : Quand la Datte Devient Précieuse
Dans la catégorie des dattes d’exception, les prix s’envolent. L’« Ajwa » saoudienne, réputée pour ses vertus et sa rareté, peut atteindre des sommets, oscillant entre 100 et 220 dirhams le kilogramme, selon sa qualité et son conditionnement. La Jordanie, quant à elle, brille par son « Mejhoul », un concurrent direct du fleuron marocain, affichant des tarifs tout aussi élevés. Pour les budgets plus modestes, des variétés importées de Tunisie, d’Algérie ou des Émirats se trouvent généralement entre 30 et 70 dirhams le kilo, une fourchette dictée par la marque, le calibre et la qualité.
Le « Made in Oasis » : Une Fierté Nationale Inébranlable
Malgré l’afflux de dattes étrangères, le produit marocain maintient fermement sa position. « La majorité des Marocains demandent et achètent le produit local », affirme avec conviction un vendeur de Derb Mila. Cette préférence s’explique par une confiance inébranlable dans la qualité des dattes locales et un attachement profond à l’identité nationale. Le « Mejhoul » marocain, en particulier, reste l’icône incontestée, salué pour son calibre généreux, sa texture fondante et sa saveur incomparable. Ses prix, bien que variables, reflètent son statut de référence premium.
Une Récolte Nationale Prometteuse, Des Prix Stables
La filière nationale a de quoi se réjouir cette année. Grâce à des conditions climatiques favorables, la récolte est estimée à près de 160 000 tonnes, avec un rendement amélioré dans les bassins oasiens. La qualité est au rendez-vous, notamment pour le prestigieux Mejhoul. Cependant, cette abondance ne se traduit pas par une baisse spectaculaire des prix. Les professionnels pointent du doigt les coûts structurels persistants : production, conditionnement, transport et distribution, qui maintiennent les tarifs au détail à un certain niveau.
Dans ce contexte, les autorités veillent à l’équilibre du marché en encadrant les importations. Une suspension temporaire des licences d’importation est notamment appliquée durant la période de collecte nationale, afin de protéger les producteurs locaux et d’éviter une saturation du marché.
Le Consommateur, Arbitre Ultime
Le profil de l’acheteur de dattes est multiple, comme le souligne un commerçant : « Il y a ceux qui veulent de la qualité et prennent plus cher, et il y a les gens simples qui cherchent 20, 30, 40 dirhams ». Durant le Ramadan, la datte est un incontournable, et le choix final est souvent dicté par le portefeuille. Néanmoins, une préférence marquée pour le produit national persiste, le Mejhoul marocain étant unanimement reconnu pour sa « meilleure qualité ».
Un Aperçu des Prix à Casablanca (20 Février 2026)
Voici une fourchette des prix observés sur les marchés de Casablanca, sujette à variation selon la ville, le circuit de distribution et la qualité spécifique du produit :
- Dattes égyptiennes et irakiennes : environ 25 à 30 DH/kg
- Dattes tunisiennes et libyennes : entre 35 et 50 DH/kg
- Dattes émiraties : entre 60 et 70 DH/kg
- Dattes algériennes : autour de 40 à 60 DH/kg
- Variétés locales classiques : généralement 35 à 80 DH/kg
- Mejhoul marocain : de 60 à 120 DH/kg pour les petits calibres, jusqu’à 180 DH/kg et plus pour les gros calibres premium
- Variétés saoudiennes haut de gamme (Ajwa) : entre 180 et 220 DH/kg
La Datte : Plus Qu’un Fruit, Une Tradition Sacrée
Au-delà des considérations économiques et des préférences gustatives, la datte revêt une dimension spirituelle profonde durant le Ramadan. Rompre le jeûne avec des dattes est une tradition prophétique, perpétuée par des millions de fidèles à travers le monde. Le Prophète Mohammed (paix et bénédiction sur lui) initiait son Iftar avec des dattes et de l’eau, un geste symbolique et nutritif.
Sur le plan nutritionnel, la datte est un véritable concentré d’énergie. Riche en sucres naturels, elle offre un regain d’énergie rapide et doux pour l’estomac après une longue journée de jeûne. Elle est également une source précieuse de fibres et de minéraux essentiels tels que le potassium et le magnésium, contribuant à réduire la fatigue et à faciliter la digestion. Pour bénéficier pleinement de ses bienfaits sans excès, il est conseillé de se limiter à trois dattes accompagnées d’un verre d’eau au moment de l’Iftar, en raison de leur teneur élevée en sucre.
Le marché des dattes au Maroc, en cette période de Ramadan, est donc un reflet fidèle des dynamiques économiques et culturelles du pays, où la tradition et la modernité se rencontrent autour d’un fruit emblématique.
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