RDC : Jean-Marc Kabund, la voix dissonante qui récuse Félix Tshisekedi comme arbitre du dialogue national
Kinshasa, RDC – L’arène politique congolaise est secouée par une nouvelle déclaration fracassante. Jean-Marc Kabund-a-Kabund, figure autrefois incontournable de la majorité présidentielle et ex-allié de poids de Félix Tshisekedi, s’impose désormais comme l’un de ses plus virulents détracteurs. Récemment de passage en Europe, l’ancien président intérimaire de l’UDPS a livré à Jeune Afrique une analyse sans concession de la situation actuelle, rejetant catégoriquement l’idée que le président Tshisekedi puisse fixer les règles d’un dialogue national qu’il juge indispensable.
De l’ombre à la lumière, puis à la prison : la trajectoire d’un opposant
Le parcours de Jean-Marc Kabund est celui d’une ascension fulgurante suivie d’une chute spectaculaire. Après avoir été un pilier de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et un fidèle compagnon de route de Félix Tshisekedi, les liens se sont irrémédiablement distendus en 2022. Une rupture politique profonde, doublée d’une inimitié personnelle, a conduit à son éviction brutale du parti présidentiel. L’épisode le plus marquant de cette discorde fut sans doute sa condamnation à sept ans de prison pour « outrage au chef de l’État » en septembre 2023. Après deux ans et demi d’incarcération à la prison de Makala, à Kinshasa, il a recouvré la liberté en février 2025. Depuis, il mène, à la tête de son propre parti, l’Alliance nationale pour le changement (ACH), une opposition acharnée contre ce qu’il qualifie de « pouvoir de jouisseurs ».
Le dialogue national : un impératif d’inclusivité face aux « lignes rouges » présidentielles
Félix Tshisekedi, partie du problème, non de la solution ?
C’est à Paris, lors d’un entretien exclusif avec Jeune Afrique, que Jean-Marc Kabund a exposé sa vision d’un « dialogue politique inclusif ». Pour lui, la condition sine qua non
à toute avancée réside dans la neutralité de l’arbitrage. « Félix Tshisekedi fait partie du problème, il ne peut pas fixer les règles du dialogue », martèle l’opposant. Cette déclaration remet en question la légitimité du président à définir seul le cadre des discussions et à tracer des « lignes rouges » qui, selon Kabund, entraveraient une véritable résolution des crises.
L’intégration des groupes armés : une proposition audacieuse et controversée
Allant plus loin, Jean-Marc Kabund plaide pour une ouverture des discussions aux groupes armés. Une position qui inclut explicitement l’AFC/M23, dont les alliés rwandais contrôlent aujourd’hui de vastes territoires dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Cette proposition, bien que controversée, souligne la complexité et l’urgence de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, suggérant qu’aucune paix durable ne peut être envisagée sans l’implication de tous les acteurs du conflit, y compris ceux que le pouvoir actuel considère comme des ennemis.
Les propos de Jean-Marc Kabund résonnent comme un appel à une refonte profonde de l’approche politique en RDC, où la recherche d’une solution passe, selon lui, par une table de discussion véritablement inclusive, loin des diktats et des exclusions.
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