Le Gazoduc Nigeria-Maroc : Un Projet Pharaonique en Pleine Accélération
Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP), véritable colonne vertébrale de la future diplomatie énergétique ouest-africaine, franchit des étapes décisives. Le gouvernement nigérian a récemment réaffirmé son engagement, soulignant l’importance stratégique de cette infrastructure colossale, estimée à plus de 200 milliards de dirhams, pour l’intégration économique régionale et la projection de l’Afrique sur la scène énergétique mondiale. Plongeons au cœur des derniers développements de ce chantier qui promet de redéfinir les équilibres continentaux.
Une Vision Panafricaine Ancrée dans la Réalité Géopolitique
Un Tracé Ambitieux et des Engagements Fermes
Dans un contexte international où le gaz naturel s’impose comme un levier de souveraineté et un pilier de la transition énergétique, les déclarations du ministre nigérian du Gaz, Ekperikpe Ekpo, résonnent avec force. Il a confirmé que le tracé du Gazoduc Africain-Atlantique (GAA), s’étendant sur plus de 5 000 kilomètres à travers une douzaine de nations, progresse conformément aux accords bilatéraux entre Abuja et Rabat. Ce pipeline, dont la longueur totale atteindra 7 000 kilomètres en longeant la côte atlantique de 13 pays, se positionnera comme le plus long du monde, avec 5 100 kilomètres en mer et 1 760 kilomètres sur terre. Au-delà de l’acheminement du gaz nigérian vers l’Europe, le NMGP est conçu comme un véritable corridor énergétique régional, capable de dynamiser les économies locales, de soutenir l’industrialisation et de renforcer la sécurité énergétique des pays traversés, offrant même la perspective de raccorder le potentiel gazier du Sénégal et de la Mauritanie.
Un Consortium de Financement International Robuste
L’envergure du NMGP attire un éventail impressionnant de partenaires financiers. Un consortium stratégique se dessine, avec des institutions multilatérales comme le Fonds OPEP (ayant déjà alloué 14,3 millions USD pour la phase FEED II), la Banque Islamique de Développement (IsDB) et la Banque Européenne d’Investissement (EIB) en première ligne pour financer les études et la construction, dont le coût est estimé à 25 milliards USD. Les Émirats Arabes Unis ont également manifesté un intérêt majeur en mai 2025, et l’on anticipe l’implication potentielle de la Chine et des États-Unis. Cette diversification des sources de financement, avec une architecture mixte prévoyant 40 à 50% de fonds multilatéraux, vise à sécuriser la livraison de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers le marché européen, tout en atténuant les risques pays. Le ministre nigérian des Finances, Wale Edun, a d’ailleurs confirmé l’intérêt « particulièrement fructueux » de Washington, via la DFC et des fonds souverains alliés, pour une enveloppe de 8 milliards de dollars, garantie à 70%.
Un Catalyseur de Développement et d’Intégration Régionale
La Vision Stratégique du Maroc
Anas Abdoun, expert en Géopolitique et Senior Analyst chez Stratas Advisors, souligne la pertinence de l’approche marocaine : « Le Maroc, sous l’impulsion d’une volonté royale, a su mettre en place une hiérarchie claire et coordonnée pour la réalisation de ses projets économiques, notamment dans le secteur énergétique. Cette approche a permis au Maroc de mobiliser efficacement les ressources politiques, économiques, et diplomatiques nécessaires à la concrétisation de ses ambitions, comme le montre le projet du gazoduc Nigeria-Maroc. Ce projet, avançant à un rythme significatif, illustre la capacité du Maroc à lever des fonds et à attirer des investissements directs étrangers, bénéficiant d’une stabilité politique et d’une stratégie d’ouverture économique. Le financement est un aspect crucial de ces projets d’envergure. »
Une Aura Géostratégique Incontestable
Porté conjointement par la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) et l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), le NMGP a déjà vu ses études de faisabilité et d’ingénierie détaillées être bouclées en avril 2024, confirmant sa viabilité technique et économique. Yasmina Asrarguis, experte en Relations internationales, analyse : « Le projet traduit la volonté de structurer un espace atlantique africain intégré, où l’énergie devient instrument de souveraineté autant que vecteur d’interdépendance. À ce stade, l’avancement confirmé par Abuja témoigne moins d’un simple progrès technique que d’une consolidation politique progressive d’un axe stratégique appelé à redéfinir les équilibres régionaux. »
Le déploiement se fera par tronçons, avec des modèles d’affaires spécifiques pour les segments Nigeria-Côte d’Ivoire, Sénégal-Mauritanie-Maroc (connecté au Gazoduc Maghreb-Europe) et Côte d’Ivoire-Sénégal. Les phases de terrassement, de pose des conduites et de tests de pression sont prévues entre 2026 et 2029, avec une première livraison de gaz nigérian à la frontière maroco-européenne attendue pour 2030.
Comme le rappelle Said Guemara, expert en énergie, ce projet est bien plus qu’une simple infrastructure : « Aujourd’hui ce projet a une véritable aura géostratégique sur le continent. Dans une Afrique où la question de l’énergie constitue un véritable défi, ce projet permettra non seulement au pays africain de dépasser les problématiques de délestage d’électricité mais aussi aura une incidence positive sur la croissance économique des États. » Le Maroc, avec une stratégie claire en matière de gaz naturel liquéfié (GNL), se positionne au cœur de cette transformation énergétique, renforçant ainsi son rôle de hub régional.
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