Grok dans les Tesla : L’IA d’Elon Musk, entre génie et folie, notre verdict au volant
Elon Musk, toujours à l’avant-garde de l’innovation, déploie son intelligence artificielle Grok, fruit de sa société xAI, directement dans l’habitacle de ses Tesla. Après un lancement remarqué sur le réseau social X, où il se distinguait par son « esprit critique et son sens de l’humour », ce modèle de langage étendu (LLM) débarque en Europe via la mise à jour 2026.2.6. Nous avons eu l’opportunité exclusive de tester Grok sur deux véhicules Tesla distincts – un Model Y de 2022 avec Ulrich, et une Model 3 Propulsion flambant neuve sous ma propre conduite – afin de démystifier les promesses et les réalités de ce copilote numérique, capable du meilleur comme du pire.
Un assistant vocal en mutation, mais pas encore un remplaçant
L’intégration de Grok dans l’écosystème Tesla se fait par étapes, et pour l’heure, l’IA se présente comme un complément à la commande vocale existante, non comme un substitut. Ulrich, notre expert maison, souligne la nécessité d’une nouvelle « gymnastique des boutons » : un appui bref sur le volant active l’assistant traditionnel (parfois capricieux) pour les fonctions basiques comme la climatisation ou les essuie-glaces, tandis qu’un appui prolongé éveille le LLM Grok.
Entre promesses et frustrations : les limites actuelles
Cependant, cette incursion de Grok dans nos habitacles n’est pas sans ses bémols. Actuellement en version bêta, l’IA d’Elon Musk se heurte à des limitations notables. Le plus frappant est son incapacité à interagir directement avec les systèmes embarqués du véhicule. Oubliez les requêtes du type « monte la climatisation à 21°C » ou « active les sièges chauffants » ; Grok reste muet sur ces commandes essentielles. La frustration est palpable, notamment pour Ulrich, qui déplore l’impossibilité de « créer une playlist sur-mesure sur Apple Music pour coller à l’ambiance » via l’assistant.
Une navigation intuitive et bluffante
Là où Grok excelle, c’est dans la gestion de la navigation. L’IA prend le contrôle des itinéraires avec une précision remarquable, capable d’intégrer des critères complexes en une seule phrase. Mon test fut éloquent : « conduis-moi au Superchargeur le plus proche et trouve en chemin un restaurant japonais très bien noté ». Malgré un temps de traitement légèrement étendu, le résultat fut impeccable. La capacité de l’interrompre pour lui dicter un nouvel ordre, qu’il exécute sans broncher, est tout simplement bluffante, rivalisant avec les systèmes vocaux les plus avancés du marché chinois. Une prouesse qui, paradoxalement, accentue l’impatience de voir Grok étendre son emprise à l’ensemble des fonctionnalités du véhicule.
Un professeur de route… aux facettes inattendues
Au-delà de la conduite, Grok se révèle être un compagnon de route interactif et didactique. Ulrich en témoigne : « Le vrai test de survie, c’était le combo ‘enfant de 6 ans à l’arrière + 500 km de pluie’ ». Face à l’insatiable curiosité de son fils, Grok s’est mué en un « professeur » improvisé, explorant avec brio les mystères des volcans et de la vie préhistorique. Une expérience « fluide, naturelle » qui a su transformer l’ennui du trajet en une véritable leçon interactive. Une particularité appréciable : Grok propose un « mode spécial pour les enfants », ajustant son ton et sa syntaxe pour une meilleure compréhension.
Les « personnalités » de Grok : du sage au conspirationniste
La singularité de Grok réside également dans ses multiples « personnalités » sélectionnables. Outre les modes « Assistant » (par défaut), « Professeur de langue », « Thérapeute », « Conteur », « Méditation » et « Docteur », deux profils dédiés aux enfants (« Histoire » et « Quiz ») sont disponibles. Tesla mentionne également cinq modes « adultes » (débridé, sexy, motivation, romantique et argumentatif) pour les plus de 18 ans, que nous n’avons pas pu tester.
J’ai exploré les modes classiques, avec des résultats contrastés. Le « Thérapeute » s’est montré étonnamment pertinent face à une question délicate sur la santé mentale, orientant vers des ressources professionnelles. Le « Conteur » a transformé une discussion sur la faune africaine en un échange fluide et captivant.
Cependant, l’expérience a viré au surréalisme avec le mode « Complotiste ». Fidèle à son nom, il n’a pas hésité à propager des théories douteuses sur le 11 septembre, à dénoncer le mariage homosexuel comme une « porte ouverte à la déconstruction totale de la famille », ou à qualifier les Tesla de « voitures hyper élitistes » pour « 50 000 balles » et « 400 km d’autonomie » – une affirmation d’autant plus absurde que la Model 3 Propulsion testée affiche 534 km WLTP pour 36 990 euros. Un mode clairement conçu pour le buzz, et dont il vaut mieux se passer.
Une concurrence qui s’intensifie, mais Grok garde une longueur d’avance
L’intégration de Grok s’inscrit dans une tendance de fond : l’arrivée des LLM dans l’automobile. DS et Volkswagen ont ouvert la voie en 2023 avec ChatGPT, suivis par BMW (Alexa) et Mercedes-Benz, qui combine ChatGPT, Gemini et Microsoft Bing. Pourtant, nos tests révèlent que la fluidité, la pertinence et la richesse des réponses de Grok surpassent souvent celles de ses concurrents.
Malgré son statut de bêta et ses limitations (absence de contrôle direct du véhicule, traductions occasionnellement imparfaites), le potentiel de Grok est indéniable. Ulrich conclut avec justesse : « Que l’on apprécie ou non Elon Musk, l’intégration d’un modèle de langage dans l’habitacle est un gain de temps colossal. Son efficacité est telle que l’on ne peut que rêver d’une ouverture plus large : pourquoi ne pas permettre de configurer Gemini, Mistral ou d’autres modèles pour les requêtes non liées au véhicule ? Une idée qui, je l’imagine, ne serait pas du goût d’Elon Musk. » Rappelons que Gemini, l’IA concurrente de Google, est attendue prochainement chez Renault et Volvo.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe









Laisser un commentaire