L’Envolée des Criquets Pèlerins au Sahara Marocain : Une Menace Sous Haute Surveillance
Le Sahara marocain est de nouveau le théâtre d’une recrudescence des criquets pèlerins, comme en témoignent des images et vidéos récentes circulant sur la toile. Des villes emblématiques comme Laâyoune, Boujdour et Dakhla voient leur ciel s’assombrir sous l’effet d’une densité croissante de ces insectes migrateurs. Loin d’une invasion panique, cette situation révèle une phase de transition délicate, où la vigilance et l’intervention rapide du Centre national de lutte antiacridienne (CNLA) sont cruciales pour prévenir une catastrophe agricole.
L’Éveil des Criquets : Une Montée en Puissance au Sud Marocain
La situation acridienne actuelle, bien que préoccupante, n’est pas une nouveauté soudaine. Elle a débuté discrètement entre novembre et décembre 2025, avant que les premières apparitions en milieu urbain ne soient signalées à la mi-janvier 2026. Depuis, la densité des populations de criquets pèlerins s’est considérablement accrue, marquant une résurgence en plein développement. Il est impératif de souligner que nous ne sommes pas face à une invasion imminente, mais bien dans une phase de transition qui exige des interventions intensifiées. C’est à ce stade précoce que les opérations de traitement se révèlent les plus efficaces, empêchant le passage à la redoutable phase grégaire, synonyme de formations ravageuses.
Cartographie de la Menace : Où en est la Situation au 18 Février 2026 ?
Origine et Facteurs Favorisants
Initialement, les criquets pèlerins provenaient de Mauritanie, présentant des phases solitaires entre décembre 2025 et mi-janvier 2026. Cependant, les précipitations exceptionnelles enregistrées au Maroc, y compris dans les régions sahariennes, ont créé des conditions environnementales optimales. Cette abondance d’humidité a favorisé un développement rapide et une résurgence notable des populations acridiennes.
Chiffres Clés de la Surveillance
Les données du CNLA sont éloquentes. En janvier 2026, pas moins de 396 zones d’ailés et 262 zones larvaires ont été identifiées à travers les trois régions du sud marocain. Un mois plus tard, en février 2026, ces chiffres ont évolué : 213 zones d’ailés en groupes et 59 zones larvaires. La diminution significative du nombre de zones larvaires est un indicateur positif, attestant de l’efficacité des opérations de lutte menées sur le terrain pour freiner l’évolution vers la phase grégaire.
Zones d’Activité et Progression
Géographiquement, le développement des larves se concentre principalement dans la région de Gueltat Zemmour et le long de l’axe Boujdour-Dakhla. Quant aux criquets ailés, leur présence est observée au nord, aux environs de Tan-Tan, et ils se rapprochent dangereusement de la ville de Guelmim.
La Réponse Marocaine : Une Stratégie de Lutte Proactive
Interventions Ciblées du CNLA
Face à cette situation évolutive, le Centre national de lutte antiacridienne (CNLA) a intensifié ses opérations ces dernières semaines, ciblant spécifiquement les concentrations identifiées :
- Entre Boujdour et Dakhla : Des mues imaginales (passage de la forme larvaire à adulte) sont activement traitées au sein des groupes larvaires.
- Entre Gueltat Zemmour et Bir Anzarane :
Des groupes de larves et d’ailés en maturation sont sous surveillance et font l’objet d’interventions.
- Au sud de Laâyoune : Des groupes d’ailés sont également ciblés.
- Entre Tarfaya et Guelmim : Des ailés adultes en groupes, se dirigeant vers le nord en direction de Sidi Ifni, sont activement suivis et traités.
Comprendre la Grégarisation : Un Changement de Comportement
La dynamique de cette recrudescence est étroitement liée aux conditions climatiques. Après des pluies exceptionnelles, le dessèchement progressif de la végétation pousse les criquets ailés solitaires à se regrouper, favorisant ainsi un changement de comportement et de couleur, prélude à la formation d’essaims. Le sud du Maroc, historiquement, est une zone de reproduction hiverno-printanière et de migration, mais n’a jamais été un site de grégarisation majeure, contrairement au Sud-Est marocain et à l’Oriental. À ce jour, le Royaume n’abrite aucune zone d’essaims, et l’évolution future de la situation dépendra potentiellement des développements observés en Mauritanie.
Leçons du Passé et Préparation Future
L’Invasion de 2003-2005 : Un Précédent Mémorable
Le Maroc a déjà fait face à des défis acridiens majeurs. La dernière invasion d’envergure, survenue entre 2003 et 2005, avait été provoquée par l’arrivée d’essaims en provenance de la Mauritanie et du Sénégal. Le pays avait alors déployé des moyens considérables, traitant pas moins de 5 millions d’hectares grâce à une intervention aérienne décisive, démontrant sa capacité à réagir efficacement.
Un Plan d’Intervention National Robuste
Fort de son expérience, le Maroc dispose d’un plan d’intervention antiacridienne solidement établi et prêt à être activé en cas de recrudescence majeure. En période de crise, la coordination des opérations est centralisée, passant du CNLA à un Poste de Commandement Central (PCC) interministériel basé à Rabat. Ce PCC est lui-même appuyé par 13 Postes de Coordination Régionaux (PCR), stratégiquement répartis le long de trois lignes de défense. La première de ces lignes, cruciale pour la protection du territoire, est située à la frontière sud et sud-est du pays, et bénéficie du soutien actif des directions régionales et provinciales de l’Agriculture.
Conclusion : Vigilance et Résilience Face aux Menaces Acridiennes
La situation actuelle des criquets pèlerins au Sahara marocain, bien que sous contrôle grâce aux efforts concertés, rappelle la fragilité des écosystèmes face aux phénomènes naturels. La capacité du Maroc à anticiper, surveiller et intervenir rapidement est un atout majeur dans la gestion de cette menace. La vigilance reste de mise, et la mobilisation des ressources humaines et matérielles est essentielle pour assurer la sécurité alimentaire et agricole du Royaume.
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