Côte d’Ivoire : L’Éclat d’un Eurobond Record à 1,3 Milliard de Dollars, Symbole d’une Confiance Renouvelée
La Côte d’Ivoire n’en finit plus de surprendre les marchés financiers internationaux. Le 18 février dernier, la nation ouest-africaine a frappé un grand coup en levant 1,3 milliard de dollars via une émission obligataire, un exploit non seulement par son ampleur mais surtout par son coût historiquement bas. Cette opération, saluée par les experts, confirme le statut de l’État ivoirien comme émetteur de référence en Afrique subsaharienne, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives de développement.
Une Demande Historique et un Taux Inégalé
L’engouement des investisseurs pour cet Eurobond ivoirien a été palpable. L’opération a été sursouscrite pas moins de cinq fois, avec un livre d’ordres atteignant un pic impressionnant de 6,3 milliards de dollars, porté par la participation de près de 270 investisseurs internationaux. Au final, le taux d’intérêt ressort à un remarquable 5,39 %, marquant le coût de financement le plus bas jamais obtenu par la Côte d’Ivoire pour une telle opération, et le plus compétitif en Afrique subsaharienne depuis cinq ans. Ce succès n’est pas un coup d’essai pour le pays, qui avait déjà brillé en février 2021 en mobilisant 850 millions d’euros assortis d’un taux d’intérêt de 4,3 %.
Aux Portes du Statut « Investment Grade »
Au-delà des chiffres, cette opération marque une étape cruciale dans la trajectoire financière de la Côte d’Ivoire. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget s’est félicité d’un « passage de la Côte d’Ivoire dans une catégorie de crédit supérieure, reflétant les dernières améliorations de la notation souveraine, à présent aux portes du statut investment grade ». Cette reconnaissance fait écho à la décision de Fitch Ratings, le 12 décembre, de relever la note souveraine du pays de BB- à BB. Pour l’agence de notation américaine, le pays dirigé par Alassane Ouattara affiche désormais le meilleur profil de crédit d’Afrique subsaharienne, surpassant des économies comme l’Afrique du Sud et la Namibie. Au niveau continental, seul le Maroc fait mieux avec un BB+, bien qu’il soit important de noter que Fitch Ratings n’évalue ni le Botswana ni Maurice, considérés comme ayant un profil de crédit supérieur par sa concurrente Moody’s.
Des Fondamentaux Solides et une Stratégie Proactive
Le succès de cet emprunt obligataire est le reflet d’une gestion économique rigoureuse et d’une amélioration continue des fondamentaux macroéconomiques du pays. La croissance du PIB réel a atteint un solide 6,5 % en 2025 et devrait s’établir à 6,7 % en 2026, témoignant de la vitalité de l’économie ivoirienne. Parallèlement, le déficit public a été ramené à un respectable 3 % du PIB l’année dernière, signe d’une discipline budgétaire louable.
Comme le Bénin, qui a récemment réussi à lever des fonds via l’émission de sukuk et d’eurobonds avec des coupons compétitifs, la Côte d’Ivoire a mis en place une stratégie proactive de gestion de sa dette. Un dialogue constant avec les investisseurs historiques et une ouverture vers de nouvelles zones géographiques, notamment en Asie et au Moyen-Orient, ont consolidé la position du pays sur la scène financière internationale, diversifiant ses sources de financement et renforçant sa résilience.
Un Emprunt au Service du Développement : Le PND 2026-2030 en Ligne de Mire
Les fonds fraîchement levés ne sont pas destinés à un simple pansement budgétaire. Ils seront intégralement et exclusivement affectés au financement du Budget 2026. Cette loi de Finances, adoptée en fin d’année dernière, propose un budget ambitieux en hausse de 13,1 % par rapport à celui de 2025, s’élevant à 17 350 milliards de F CFA, soit environ 26,5 milliards d’euros.
Ce budget marque le coup d’envoi de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030. Ce plan quinquennal ambitieux vise à transformer structurellement l’économie ivoirienne et à améliorer significativement les conditions de vie de ses citoyens. Les objectifs sont clairs : augmenter le revenu moyen par habitant à 4 000 dollars (contre 2 700 dollars en 2024) et réduire drastiquement le taux de pauvreté nationale, en le ramenant à moins de 20 % d’ici à 2030. L’emprunt obligataire record de la Côte d’Ivoire n’est donc pas qu’une simple transaction financière ; c’est un vote de confiance retentissant de la communauté financière internationale, un signal fort de la résilience et du potentiel de développement d’une nation africaine déterminée à bâtir un avenir prospère pour ses citoyens.
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