Illustration stylisée du marché du private equity en 2026, avec des graphiques financiers, des flèches de croissance et des symboles d'intelligence artificielle, reflétant la complexité et la technicité du secteur.
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Private Equity 2026 : Le Marché Redéfini par la Technique et l’Intelligence Artificielle

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Private Equity 2026 : Le Marché Redéfini par la Technique et l’Intelligence Artificielle

Le dixième rapport annuel de McKinsey sur les marchés privés, le «Global Private Markets Report 2026», lève le voile sur une industrie en pleine mutation. Après un rebond spectaculaire des transactions en 2025, le secteur du private equity aborde une nouvelle ère, où les défis structurels éclipsent l’euphorie passagère. Multiples d’entrée record, allongement des durées de détention et impératif de création de valeur opérationnelle redessinent les contours d’un terrain de jeu désormais plus technique. Pour les General Partners (GP) et les Limited Partners (LP), l’heure n’est plus à la course effrénée, mais à une préparation minutieuse pour affronter une route semée d’embûches et exigeant une expertise accrue.

Le Grand Rebond de 2025 : Une Euphorie à Nuancer

Des chiffres impressionnants…

Après trois années de relative léthargie, l’année 2025 a marqué le retour en force de l’industrie du private equity. Les opérations de buyout et de croissance dépassant les 500 millions de dollars ont connu une flambée impressionnante de 44%, atteignant un volume colossal de 1 100 milliards de dollars, pulvérisant ainsi le précédent record de 2021. La valeur totale des transactions de buyout, toutes catégories confondues, a grimpé de 20% pour s’établir à près de 1 800 milliards de dollars, se hissant au deuxième rang des meilleures performances historiques.

Les signaux positifs se sont multipliés : les sorties d’investissement (exits) ont bondi de plus de 40%, propulsées par un quasi-doublement du volume des introductions en bourse. Les mégadeals, ces opérations pharaoniques de plus de 2,5 milliards de dollars, ont refait surface avec un éclat particulier. L’année 2025 a même été le théâtre de la plus grande transaction jamais enregistrée dans le secteur : le rachat de l’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts par un consortium de fonds pour la somme vertigineuse de 55 milliards de dollars.

…mais une réalité plus subtile

Pourtant, derrière ce rebond spectaculaire se cache une réalité plus complexe et nuancée. Le rapport de McKinsey souligne que le nombre total de transactions a, paradoxalement, reculé de 5%. Ce chiffre révèle une tendance claire : la reprise est principalement tirée par des opérations de plus grande envergure, mais moins nombreuses. En d’autres termes, les acquéreurs sont prêts à payer le prix fort pour des actifs de choix, mais leur sélectivité s’est accrue.

Un Terrain de Jeu Profondément Transformé

L’envolée des multiples d’acquisition

Le premier indicateur de cette transformation structurelle est l’escalade des prix. Le multiple d’acquisition médian a atteint un nouveau record historique, passant de 11,3 fois l’EBITDA en 2024 à 11,8 fois en 2025. Cette inflation est encore plus prononcée pour les grandes transactions, qui se négocient en moyenne à 15,8 fois l’EBITDA, bien au-delà de la moyenne du marché. Cette flambée des valorisations s’explique par la rareté des actifs de qualité et la pression croissante sur les GP pour déployer un «dry powder» (capitaux disponibles) vieillissant. En effet, plus de 40% des capitaux non investis attendent depuis plus de deux ans, un seuil inédit.

Des rendements sous pression

Dans ce contexte de prix élevés, les rendements du private equity peinent à rivaliser avec l’euphorie des marchés publics, notamment portée par l’engouement autour de l’intelligence artificielle. Les fonds de buyout du premier quartile n’ont affiché qu’un taux de rendement interne (TRI) moyen de 8% en 2025, soit moins de la moitié des 18% du S&P 500 et des 22% du MSCI World. Les millésimes 2015-2017, en particulier, plafonnent à un TRI décevant de 2%, pesant lourdement sur la performance globale de l’industrie, tandis que les fonds plus récents affichent des rendements encore largement non réalisés.

Le fardeau des portefeuilles vieillissants

Cette dynamique a une conséquence directe et majeure : le stock d’entreprises non cédées n’a jamais été aussi élevé. McKinsey estime à près de 16 000 le nombre de sociétés détenues depuis plus de quatre ans par des fonds d’investissement à travers le monde. Cela représente 52% du portefeuille total des actifs issus de buyout, un record absolu. Historiquement, les GP parvenaient à céder environ 30% de leurs investissements après quatre ans. Pour les acquisitions de 2021, ce taux chute drastiquement à seulement 19%. La durée de détention moyenne dépasse désormais six ans et demi, et les liquidités distribuées aux investisseurs (le fameux DPI, pour distributions to paid-in capital) stagnent à leur plus bas historique, autour de 10% des actifs sous gestion sur cinq ans. En clair, l’argent frais peine à revenir dans les poches des LPs.

La Création de Valeur Opérationnelle : Le Nouveau Credo

Face à ces défis, les leviers traditionnels du private equity – l’expansion des multiples et le recours à un levier financier bon marché – ne suffisent plus. Entre 2010 et 2022, ces facteurs représentaient 59% des rendements. Désormais, comme le soulignent les auteurs du rapport, «le succès dépendra de ce qui se trouve sous le capot plutôt que de la pente de la route». Les sponsors les plus avant-gardistes ont déjà intégré cette réalité. Ils élaborent dès l’acquisition des plans de création de valeur opérationnelle détaillés, axés sur l’amélioration des marges, la croissance du chiffre d’affaires et l’intégration stratégique de technologies. La création de valeur n’est plus une réflexion de dernière minute avant la cession, mais un processus continu et actif tout au long du cycle de détention. Les données de StepStone Group confirment cette tendance : la part de la croissance du chiffre d’affaires et de l’expansion des marges d’EBITDA, qui ne représentait que 41% des rendements entre 2010 et 2022, doit désormais s’accroître significativement pour compenser la faiblesse des autres leviers.

L’Intelligence Artificielle : Le Multiplicateur de Performance

L’intelligence artificielle (IA) émerge comme un accélérateur décisif dans cette quête de valeur. Si seulement 6% des GP estiment que l’IA a un impact très significatif sur leurs opérations internes aujourd’hui, une écrasante majorité (70%) anticipe un impact majeur à l’horizon trois à cinq ans. Les fonds les plus performants exploitent déjà l’IA pour affiner leur souscription des risques, stimuler les gains de productivité au sein de leurs participations, automatiser les tâches à faible valeur ajoutée et optimiser la qualité de leur reporting. L’IA redessine également l’évaluation des actifs : les entreprises capables de démontrer une utilisation stratégique de l’IA pour protéger leurs marges, accélérer leur croissance ou renforcer leur position concurrentielle attirent un intérêt disproportionné, tandis que les autres sont soumises à un examen plus rigoureux.

Le Marché de la Levée de Fonds : Une Polarisation Accélérée

Le marché de la levée de fonds reflète également cette nouvelle maturité de l’industrie. La collecte mondiale en fonds fermés a reculé de 17% en 2025, atteignant 616 milliards de dollars. Cependant, ce chiffre global masque des disparités régionales et structurelles prononcées. L’Amérique du Nord a fait preuve de résilience, enregistrant une progression de 8% de sa collecte. L’Europe, en revanche, a subi une chute de 41%, principalement due au fait que ses plus grands fonds avaient déjà finalisé leurs levées en 2023 et 2024. L’Asie-Pacifique a connu un effondrement encore plus marqué de 49%, ne collectant que 49 milliards de dollars.

Surtout, la concentration du capital s’accélère. Les fonds de plus de 5 milliards de dollars captent désormais 35% des capitaux levés, contre 28% en 2021. À l’inverse, les petits véhicules, ceux de moins de 500 millions de dollars, peinent de plus en plus à attirer les investisseurs, signe d’une consolidation du marché et d’une préférence marquée pour les acteurs établis et de grande taille.


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