Les Pharmaciens du Maroc au Bord de la Rupture : Une Grève Nationale Historique Menace Face à la Libéralisation du Capital des Officines
Le secteur pharmaceutique marocain est en pleine effervescence. Les syndicats nationaux des pharmaciens d’officine ont récemment fait entendre leur « profonde indignation et leur rejet catégorique » face à l’approche adoptée par le Conseil de la concurrence concernant l’épineux dossier de l’ouverture du capital des pharmacies. Cette discorde pourrait bien déboucher sur une « grève nationale sans précédent », marquant un tournant majeur pour la profession et la santé publique au Royaume.
Le Conseil de la Concurrence Accusé de Bafouer le Dialogue
La tension est montée d’un cran suite à une réunion tenue en début de semaine entre le Conseil de la concurrence et le Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP). Loin d’apaiser les esprits, cette rencontre a ravivé la colère des professionnels. Dans une série de communiqués cinglants, les différentes représentations syndicales ont unanimement dénoncé une démarche jugée non-conforme aux « principes fondamentaux du dialogue et de la consultation », pourtant clairement stipulés dans la Constitution marocaine.
Un Front Syndical Uni Contre l’Exclusion
Les trois organisations les plus représentatives du secteur – la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, l’Union nationale des pharmaciens du Maroc et le Syndicat national des pharmaciens du Maroc – ont uni leurs voix dans un communiqué conjoint. Elles se déclarent « surprises par le non-respect des engagements du Conseil de la concurrence et son mépris flagrant des principes fondamentaux du dialogue et de la consultation, tels que stipulés dans la Constitution du Royaume ».
L’exclusion des représentants syndicaux d’une seconde réunion convoquée par le Conseil de la concurrence est perçue comme une « violation flagrante des promesses faites auparavant et une exclusion injustifiée des parties prenantes essentielles de la profession pharmaceutique ». Ce comportement, selon les syndicats, « confirme clairement le non-respect par le Conseil de ses promesses faites lors d’une précédente réunion officielle en présence de son président, ce qui soulève de nombreuses interrogations quant à la crédibilité et à l’intégrité de l’action du Conseil dans son ensemble dans le cadre de son approche du secteur pharmaceutique ».
L’Intégrité de la Profession et la Santé du Citoyen en Jeu
Les pharmaciens d’officine considèrent cette dérive comme un « dangereux dérapage par rapport aux principes de la démocratie » et un « désengagement indécent » de la part d’une institution publique de l’envergure du Conseil de la concurrence. Ils affirment avec force que « tout acte ou conclusion susceptibles de favoriser certains lobbies ou visant à ouvrir la voie à des parties spécifiques afin de contrôler le destin des pharmaciens d’officine et la santé du citoyen sont catégoriquement et totalement inacceptables ».
L’Ultimatum : Vers une Grève Générale
Face à cette situation qu’elles jugent intenable, les représentations syndicales des pharmaciens d’officine du Maroc ont annoncé leur intention de recourir à « toutes les mesures légales et de protestation que leurs structures et leurs adhérents décideront ». Parmi ces mesures, l’organisation d’une « grève nationale générale sans précédent » est envisagée, comme un signe de leur « rejet catégorique de toute atteinte aux règles éthiques, scientifiques et économiques de la profession pharmaceutique ».
La Confédération Syndicale en Ordre de Bataille
Dans ce contexte de crise, la Confédération nationale des pharmaciens du Maroc (CSPM) a également réagi en rappelant son opposition ferme à l’ouverture du capital des pharmacies. Elle a convoqué une assemblée nationale ce mercredi 18 février à 16h, afin de débattre de la situation et d’arrêter une feuille de route commune. Les syndicats appellent par ailleurs le Conseil de la concurrence à « respecter les règles d’un dialogue constructif, objectif et inclusif avec toutes les parties concernées, afin de préserver la crédibilité des institutions et de protéger les intérêts supérieurs de la nation et des citoyens ».
Un Avenir Incertain pour la Pharmacie Marocaine
L’enjeu est de taille. La libéralisation du capital des officines est une réforme qui touche au cœur du modèle de la pharmacie marocaine. Les professionnels, unis et déterminés, se positionnent comme les garants de l’éthique et de la qualité des soins, prêts à toutes les actions pour défendre leur vision. Le bras de fer engagé avec le Conseil de la concurrence promet des jours tendus et pourrait bien redessiner les contours d’un secteur essentiel à la santé de tous les Marocains.
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