Les Chemins de Fer Ukrainiens : L’Épine Dorsale de la Résistance Face à l’Assaut Russe
Dans le tumulte incessant de la guerre en Ukraine, un secteur vital se dresse en première ligne face à l’implacable offensive russe : le réseau ferroviaire. Alors que les attaques s’intensifient, ciblant sans relâche les infrastructures essentielles, les cheminots ukrainiens, véritables héros du quotidien, réinventent la résilience pour maintenir la pulsation vitale du pays. Un reportage exclusif nous plonge au cœur de cette lutte acharnée, où l’ingéniosité et le courage sont les meilleurs boucliers.
Odessa sous les sirènes : Le quotidien d’un dépôt ferroviaire en première ligne
Ce 10 février, l’air d’Odessa est déchiré par le hurlement des sirènes, annonciatrices de nouvelles frappes russes. Pourtant, au principal dépôt ferroviaire de cette région stratégique du sud de l’Ukraine, le personnel ne cède pas à la panique. Avec une discipline et un calme impressionnants, mécaniciens, employés de la blanchisserie – dont les mains expertes préparent les draps des trains de nuit – et cadres de l’entreprise, dont l’emblématique directeur Leonid Loboïko, descendent méthodiquement vers l’un des abris souterrains fortifiés. Ce vaste complexe, autrefois simple centre logistique, est devenu une cible prioritaire pour les missiles et drones de Moscou, à l’instar des installations énergétiques.
Quand le rail devient cible : L’escalade des frappes russes
Les cicatrices de la guerre sont visibles, comme en témoignent les dégâts subis par la gare de Fastiv en décembre 2025, immortalisés le 7 février 2026 par JEDRZEJ NOWICKI pour « Le Monde ». Leonid Loboïko, le directeur du dépôt d’Odessa, ne mâche pas ses mots : « Depuis l’automne 2025, chaque nuit, ici, est un cauchemar. Les Russes visent nos ateliers de réparation, nos trains, les voies ferrées et nos installations électriques. S’ils arrivent à bloquer le trafic, l’Ukraine ressemblera à un grand cimetière. » Une déclaration glaçante qui souligne l’enjeu colossal de cette guerre des infrastructures.
Leonid Loboïko, le général des rails : Une gestion de crise exemplaire
Malgré la gravité de la situation, l’abri résonne d’une atmosphère de détermination, loin de toute panique. Les conversations se mêlent, mais c’est la voix de Leonid Loboïko qui domine. À 75 ans, cet homme au regard franc et rieur, qui en paraît dix de moins, incarne l’esprit indomptable de son équipe. Il dirige avec une autorité bienveillante 1 300 âmes, et sa vision stratégique est digne d’un chef militaire.
Procédures renforcées et esprit de corps : La réponse ukrainienne
« En janvier, l’administration militaire de la ville nous a demandé de nous coordonner avec les services de police pour augmenter notre niveau de sécurité », révèle Loboïko. Mais son action ne s’arrête pas là. Il a également mis en place de nouvelles procédures internes, révisant les méthodes de travail et renforçant la discipline pour minimiser les risques. « Nous sommes devenus une ligne de front, et je me sens parfois comme un général ferroviaire », confie-t-il, un mélange de fierté et de gravité dans la voix. Cette adaptation constante, cette capacité à transformer une entreprise civile en un maillon essentiel de la défense nationale, est le reflet de la résilience ukrainienne.
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