Des victimes de Jeffrey Epstein assistent au témoignage de la procureure générale américaine, Pam Bondi, devant une commission d’enquête de la Chambre des représentants, au Capitole, à Washington, le 11 février 2026.
Politique

L’Affaire Epstein : Le Silence Assourdissant d’une Justice Défaillante

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L’Affaire Epstein : Le Silence Assourdissant d’une Justice Défaillante

L’image est d’une brutalité saisissante, gravée dans les annales des défaillances judiciaires américaines. Au cœur du Capitole, lors d’une audition cruciale devant la Chambre des représentants, la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a ostensiblement tourné le dos aux six victimes de Jeffrey Epstein, présentes dans l’assistance. Un geste lourd de sens, qui a ravivé la douleur et l’indignation, et mis en lumière une vérité dérangeante : l’impunité du prédateur sexuel n’est pas le fruit du hasard, mais le symptôme d’une négligence systémique s’étalant sur trois décennies.

Un Déni de Justice en Direct

La scène, survenue le mercredi 11 février, fut orchestrée par la démocrate Pramila Jayapal (Washington). S’adressant aux survivantes, elle leur demanda de lever la main si elles n’avaient toujours pas obtenu d’entretien avec le département de la Justice. Six mains se sont levées, en un témoignage silencieux mais puissant. Face à cette démonstration poignante, Pam Bondi est restée impassible, refusant toute excuse, secouant à peine la tête avant de reprendre une offensive verbale contre ses détracteurs. Elle a maintes fois renvoyé la responsabilité à son prédécesseur, Merrick Garland, dont le rôle dans cette affaire n’aurait, selon elle, jamais été suffisamment examiné sous la présidence de Joe Biden.

Une Impunité Qui Dépasse les Administrations

C’est alors que le républicain Thomas Massie (Kentucky), fervent défenseur des victimes, a confronté la procureure à ses propres responsabilités. « Ceci est plus gros que le Watergate », a-t-il lancé, soulignant l’ampleur du scandale. « Cela s’étale sur quatre administrations. Vous n’avez pas besoin de remonter à Biden. Remontons à Obama. Remontons à George W. Bush. Cette dissimulation s’étend sur des dizaines d’années, et vous êtes responsable d’une portion de cela. » Une déclaration qui résume l’amertume et l’incompréhension face à la longue clémence dont a bénéficié Jeffrey Epstein.

L’affaire Epstein est devenue le symbole d’une justice à deux vitesses, où les puissants semblent jouir d’une voie privilégiée. Les premières plaintes contre le millionnaire remontent à 1996. Pourtant, entre sa première condamnation en 2008 et son arrestation à l’été 2019, le prédateur n’a plus été inquiété par la justice, laissant derrière lui un sillage de victimes ignorées et de questions sans réponses. Même Merrick Garland, lors de son audition de confirmation au Sénat en février 2021, avait qualifié la situation d’« épouvantable », admettant son ignorance quant aux raisons de cette inaction prolongée. Le mystère demeure, mais la douleur des victimes, elle, est bien réelle et palpable, réclamant enfin une véritable reddition de comptes.


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