L’Énigme Epstein : Comment un Prédateur a Tissé sa Toile au Cœur des Élites Mondiales
Par Arnaud Leparmentier (San Francisco, correspondant)
Publié aujourd’hui à 06h00 – Temps de Lecture : 11 min.
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L’ombre de Gatsby plane sur l’affaire Epstein
En 1925, Francis Scott Fitzgerald dépeignait l’enterrement désolant de Gatsby le Magnifique, figure énigmatique aux fastes démesurés, dont la fortune illicite s’était bâtie dans l’effervescence des Années folles. Un siècle plus tard, l’écho de cette solitude finale résonne étrangement avec le destin de Jeffrey Epstein, le prédateur sexuel décédé en prison à l’été 2019. Seul dans sa cellule, après avoir côtoyé et corrompu une frange de l’élite financière, politique et culturelle mondiale, il laisse derrière lui un réseau d’intrigues et d’abus d’une ampleur vertigineuse.
Des révélations qui ébranlent le monde
La récente divulgation de milliers de documents inédits issus du dossier Epstein lève le voile sur une emprise globale, dont les ramifications dépassent l’entendement. Ce maillage complexe menace aujourd’hui le gouvernement et même la royauté britannique, fait trembler les institutions norvégiennes, éclabousse le Comité olympique, met en lumière des liens avec des personnalités comme Jack Lang, et révèle des connexions insoupçonnées en Russie et dans les pays du Golfe. L’onde de choc est planétaire, et la liste des noms impliqués continue de s’allonger, semant la consternation et l’indignation.
L’ascension fulgurante d’un manipulateur
La comparaison avec Gatsby, loin de minimiser la gravité des crimes sexuels et pédocriminels du financier, vise à éclairer un mystère central : comment un homme, né en 1953 dans une famille modeste de Brooklyn – fils d’un jardinier municipal et d’une assistante maternelle – a-t-il pu échafauder un tel empire d’influences ? De la haute société new-yorkaise aux cercles scientifiques de la Nouvelle-Angleterre, en passant par la jet-set internationale, Epstein a su s’immiscer partout, cultivant un sentiment d’impunité qui lui a permis de sévir si longtemps. Sans ces puissants relais, son règne de terreur n’aurait sans doute jamais atteint une telle longévité.
Le triple visage d’Epstein : prédateur, gangster, séducteur
Jeffrey Epstein n’était pas seulement un prédateur, déjà condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution de mineure. Il était aussi un véritable gangster, ayant bâti une partie de sa fortune colossale sur le dos de Leslie Wexner, l’octogénaire visionnaire derrière le succès planétaire de marques emblématiques comme Abercrombie & Fitch et Victoria’s Secret. Mais au-delà de ses activités criminelles, Epstein excellait dans l’art de la séduction. Il offrait à ses hôtes bien plus que de simples divertissements : un accès privilégié à ses réseaux d’affaires, des discussions politiques de haut vol, des fêtes grandioses où l’opulence le disputait à la débauche, et, pour ceux qui le désiraient, des jeunes filles – « très jeunes », comme en témoignent de nombreuses victimes et témoins. Ce mélange toxique de pouvoir, d’argent et de perversion lui a permis de tisser une toile d’araignée dont les fils continuent de se défaire aujourd’hui, révélant l’étendue de sa corruption.
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