Bougafer 1933-2026 : quand l’histoire devient terrain d’entente entre le Maroc et la France
Résistance des Aït Atta, mort du capitaine Henri de Bournazel, négociations d’Assou Oubaslam… L’inauguration du carré militaire du cimetière d’Alnif-Bougafer ravive le souvenir de la bataille de 1933, tout en offrant l’occasion d’une lecture dépassionnée de la relation franco-marocaine.
Assou Oubaslam négocie la paix avec le général Antoine Huré, au pied du Bougafer, le 25 mars 1933. © Domaine Public
Par Jassim Ahdani
Publié le 15 février 2026
Lecture : 6 minutes.
Fichier généré le 12 février 2026
L’Écho du Passé : Bougafer, Symbole de Résistance et de Dialogue
Au cœur de la région du Drâa-Tafilalet, à Alnif, une cérémonie d’une portée historique a eu lieu le 12 février 2026. L’inauguration du nouveau cimetière et de son carré militaire à Alnif-Bougafer n’est pas un simple acte de mémoire ; elle symbolise une démarche audacieuse et partagée entre le Maroc et la France, visant à transformer les pages parfois douloureuses de leur passé commun en un socle d’entente et de compréhension mutuelle.
1933 : La Bataille du Bougafer, un Héritage Complexe
L’année 1933 résonne encore avec force dans les annales de l’histoire marocaine et française. Le massif aride du Bougafer fut le théâtre d’une résistance acharnée des tribus Aït Atta face aux forces coloniales. Ce conflit, marqué par des épisodes héroïques et tragiques, a vu la mort du capitaine Henri de Bournazel, figure emblématique de l’armée française, et les négociations cruciales menées par le chef tribal Assou Oubaslam avec le général Antoine Huré. Ces événements, gravés dans la mémoire collective des deux nations, ont longtemps été perçus à travers le prisme de la confrontation, alimentant parfois les tensions mémorielles.
2026 : Quand la Mémoire Devient un Pont
Plus de neuf décennies après ces combats épiques, l’inauguration du carré militaire d’Alnif-Bougafer marque un tournant significatif. En présence de dignitaires marocains et français, ce geste fort dépasse la simple commémoration des disparus. Il s’agit d’une invitation solennelle à une relecture dépassionnée de l’histoire, où les récits nationaux s’entrelacent pour bâtir une compréhension plus nuancée et partagée des événements.
Le Devoir de Mémoire au Service de l’Avenir
Dans un contexte mondial où les questions mémorielles sont souvent instrumentalisées, cette initiative conjointe se distingue par sa volonté de pacification et de rapprochement. Elle démontre avec éloquence que l’histoire, loin d’être un fardeau clivant, peut devenir un puissant levier pour renforcer les liens diplomatiques et culturels. Le Maroc et la France, en honorant ensemble les sacrifices de part et d’autre, posent les jalons d’une relation renouvelée, fondée sur le respect mutuel et la reconnaissance des parcours individuels et collectifs.
Un Symbole Fort pour la Coopération Franco-Marocaine
L’image d’Assou Oubaslam négociant la paix avec le général Huré, immortalisée au pied du Bougafer, prend aujourd’hui une dimension prophétique. Ce lieu, jadis synonyme de lutte et de sacrifice, se mue désormais en un espace de dialogue et de convergence. L’engagement des deux pays à aborder leur passé avec lucidité et dignité ouvre la voie à une coopération future plus solide, où les leçons de l’histoire éclairent les défis contemporains et les opportunités de partenariat.
L’événement d’Alnif-Bougafer est un témoignage éloquent : même les chapitres les plus ardus de l’histoire peuvent être revisités pour forger un avenir commun. Le Maroc et la France prouvent qu’en embrassant leur mémoire partagée, ils peuvent non seulement guérir les blessures du passé, mais aussi construire un partenariat plus riche et plus profond pour les générations à venir.
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Jassim Ahdani, Journaliste, correspondant au Maroc
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