Zagora à la croisée des eaux : Quand la pastèque assèche l’oasis
La région de Zagora, joyau oasien du sud-est marocain, se débat contre une crise hydrique d’une gravité inédite. Sous l’étreinte d’années de sécheresse, d’une pluviométrie en berne et d’une hausse inexorable des températures, le Drâa, territoire par essence fragile, voit ses ressources en eau s’amenuiser à un rythme alarmant. Au cœur de cette équation délicate, une culture emblématique, celle de la pastèque, est devenue le point de cristallisation des tensions et des interrogations sur la soutenabilité d’un modèle agricole.
La pastèque, un fruit gourmand aux conséquences amères
Si la culture de la pastèque a, en quelques années, propulsé l’économie locale en générant des revenus substantiels pour de nombreux agriculteurs, son empreinte hydrique colossale soulève aujourd’hui une question existentielle. Ce fruit, gorgé d’eau, est particulièrement exigeant dans une région où les nappes phréatiques constituent l’unique bouée de sauvetage pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation agricole.
M. Jamal Akechbal, président de l’Association Les Amis de l’Environnement, tire la sonnette d’alarme. Il souligne la criticité de la situation, rappelant les mesures restrictives mises en place par les autorités provinciales, notamment la limitation des superficies cultivées à un hectare par exploitation. Cependant, la réalité du terrain dépeint un tableau plus nuancé : l’application de ces directives reste, selon lui, lacunaire. Des stratagèmes de contournement, parfois orchestrés par de grands exploitants via des accords avec de petits agriculteurs, permettraient d’étendre illégalement les surfaces cultivées, exacerbant ainsi la pression sur les précieuses réserves souterraines.
Un écosystème oasien en péril
Cette surexploitation a des répercussions dramatiques. Le niveau des nappes phréatiques ne cesse de chuter, contraignant les agriculteurs à forer toujours plus profondément, augmentant drastiquement les coûts d’extraction et rendant l’accès à l’eau de plus en plus difficile pour les populations locales. Au-delà de la quantité, la qualité de l’eau est également menacée. L’usage intensif de pesticides et d’engrais chimiques, inhérent à ce type de culture, contribue à la dégradation des sols et à la pollution des aquifères, hypothéquant l’équilibre écologique des oasis sur le long terme.
Les conséquences sont palpables et douloureuses. Les palmeraies, véritables poumons économiques et symboles identitaires du Drâa, sont frappées de plein fouet par un dépérissement progressif. Les systèmes d’irrigation traditionnels, autrefois garants de la vie oasienne, sont fragilisés, et les oasis elles-mêmes sont décrites par certains observateurs comme des écosystèmes en voie de disparition.
Vers un avenir plus durable : l’urgence d’une nouvelle vision
Face à cette urgence, l’Association Les Amis de l’Environnement plaide pour une approche intégrée et résolue. Il est impératif de renforcer le contrôle effectif des superficies cultivées, de promouvoir activement des cultures moins gourmandes en eau et d’investir massivement dans le développement et l’adoption de techniques d’irrigation économes. L’avenir de Zagora, de ses habitants et de son patrimoine oasien millénaire, dépend de notre capacité collective à repenser et à rééquilibrer cette équation hydrique vitale.
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