Assortiment de poissons et fruits de mer frais sur lit de glace avec citron et herbes
Actualité

Mercure dans le poisson : l’EFSA alerte sur la méconnaissance des risques par les consommateurs européens

Partager
Partager
Pinterest Hidden

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de lever le voile sur une réalité préoccupante : malgré les recommandations sanitaires, une part significative des consommateurs de l’Union européenne, et notamment des populations vulnérables, continue de s’exposer potentiellement à des niveaux de mercure supérieurs aux seuils conseillés via leur consommation de poisson et de fruits de mer. Cette étude d’envergure, diligentée par la Commission européenne, s’inscrit dans un débat plus large sur la réévaluation des risques liés à ce contaminant et l’ajustement des limites maximales autorisées.

Le mercure, un défi pour l’assiette européenne

Au cœur de cette problématique se trouvent les grands prédateurs marins. Requins, espadons, et certaines variétés de thon, en haut de la chaîne alimentaire, accumulent naturellement le méthylmercure – la forme la plus toxique du mercure – au fil de leur existence. Si ces espèces sont autorisées à présenter des concentrations plus élevées de ce métal lourd, leur consommation doit être encadrée, en particulier pour les femmes enceintes ou allaitantes, dont les fœtus et nourrissons sont les plus sensibles aux effets neurotoxiques du composé.

Deux enquêtes pour sonder les habitudes et les connaissances

Pour dresser ce tableau, l’EFSA a mené deux vagues d’enquêtes. La première, réalisée en avril-mai 2023, a couvert les 27 États membres de l’UE, ainsi que l’Islande et la Norvège. Une seconde phase, plus approfondie, a ciblé quinze pays, dont dix avaient récemment actualisé leurs directives alimentaires. L’objectif : évaluer non seulement les habitudes de consommation, mais aussi le degré de familiarité des citoyens avec les avertissements officiels.

Des habitudes de consommation qui interrogent

Les chiffres sont éloquents : 60 % des Européens interrogés intègrent le poisson et les fruits de mer à leur régime. Cependant, un tiers de ces consommateurs – 34 % des adolescents et adultes, et 33 % des femmes enceintes – déclarent consommer au moins trois fois par semaine des espèces connues pour leurs teneurs élevées en mercure. L’EFSA appelle à la prudence quant à l’interprétation de ces données, soulignant des incertitudes sur la représentativité parfaite des échantillons, mais la tendance est claire.

Des recommandations souvent ignorées

Les autorités sanitaires de la plupart des pays de l’UE préconisent une consommation modérée des poissons les plus à risque : une à deux portions par semaine. Pour les espèces moins contaminées, trois à quatre portions sont généralement considérées comme sûres. Les femmes enceintes sont spécifiquement conseillées de privilégier les poissons de petite taille, dont l’accumulation de mercure est moindre. Ces directives visent à optimiser les apports nutritionnels essentiels du poisson (oméga-3, vitamines, minéraux) pour le développement cognitif et immunitaire, tout en minimisant l’exposition au méthylmercure, dont les effets délétères sur le cerveau du fœtus et du jeune enfant sont avérés.

Le fossé entre information et comportement

Pour la première fois, l’EFSA a mobilisé les sciences sociales pour évaluer l’impact des campagnes de sensibilisation. Si une majorité de répondants affirme avoir connaissance des recommandations nationales, l’étude révèle que les choix alimentaires sont avant tout guidés par des facteurs pratiques et hédonistes : le goût, le prix et la perception générale d’une alimentation saine l’emportent souvent sur la vigilance face au mercure. Les bénéfices du poisson sont largement reconnus (environ la moitié des consommateurs), tandis que les risques sont spontanément cités par seulement un dixième d’entre eux, le mercure restant néanmoins le contaminant le plus identifié.

Adapter la communication pour une meilleure santé publique

Le rapport de l’EFSA met en lumière des disparités notables entre les pays et les groupes démographiques, tant dans les habitudes de consommation que dans le niveau d’information. Ces conclusions sont un appel clair aux autorités de santé publique nationales : il est impératif d’affiner et de cibler les stratégies de communication. L’objectif est de permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés, en trouvant le juste équilibre entre les bienfaits indéniables du poisson pour la santé et la nécessité de limiter l’exposition au mercure, pour la protection de tous, et en particulier des plus fragiles.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *