Le Maroc à l’avant-garde : Les PME embrassent la double révolution verte et numérique
Le tissu économique marocain est en pleine mutation, propulsé par une dynamique sans précédent vers la durabilité et l’innovation. Une récente étude, fruit d’une collaboration entre la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Trade and Competitiveness Programme (TCP), cofinancé par l’Union européenne, met en lumière un engagement massif des petites et moyennes entreprises (PME) du Royaume. Plus de 70% d’entre elles ont déjà enclenché des initiatives de décarbonation, tandis qu’une écrasante majorité, huit sur dix, a intégré le digital dans ses opérations. Cette double transition s’affirme comme un pilier stratégique, non seulement pour doper la compétitivité des PME marocaines, mais aussi pour leur ouvrir les portes des marchés européens et consolider leur position dans une économie mondiale résolument orientée vers le bas-carbone.
La décarbonation : Un impératif stratégique et une réalité en marche
Un engagement environnemental profond
L’heure n’est plus à l’hésitation. Les PME marocaines l’ont bien compris, et les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’enquête menée auprès de 150 dirigeants révèle une prise de conscience aigüe des enjeux climatiques. Près de la moitié des entreprises interrogées ont déjà concrétisé des actions visant à réduire leur empreinte carbone, qu’il s’agisse d’optimisation énergétique, de gestion des déchets ou d’adoption de procédés plus propres. Un autre quart (22%) ne se contente pas d’initiatives ponctuelles, mais déploie une stratégie de décarbonation structurée et activement mise en œuvre. Seule une frange marginale (1%) des dirigeants n’envisage aucune mesure, témoignant d’une adhésion quasi-unanime à cette transformation écologique.
Le MACF européen, catalyseur de la transition
Cette mobilisation n’est pas fortuite. Elle s’inscrit dans un contexte où le Maroc affiche une ambition claire pour une économie à faibles émissions. Parallèlement, l’Union européenne, partenaire économique majeur, introduira dès 2026 le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Ce dispositif aura un impact direct sur les PME marocaines opérant dans des secteurs clés tels que la sidérurgie, l’aluminium, le ciment, les engrais, l’électricité et l’hydrogène. Sans une décarbonation avérée et un suivi rigoureux de leur empreinte carbone, ces entreprises risquent de voir leur compétitivité érodée et leurs opportunités d’exportation vers le marché européen sérieusement compromises.
Un accompagnement sur mesure pour relever le défi
Face à ces défis, le Trade and Competitiveness Programme (TCP) se positionne en allié stratégique. En partenariat avec des institutions financières locales, le TCP offre un accompagnement ciblé, visant à sensibiliser les PME aux exigences environnementales des marchés internationaux et à les guider dans l’intégration de la décarbonation au cœur de leur modèle économique. L’objectif est clair : transformer ces contraintes écologiques en véritables leviers de compétitivité, en particulier pour les entreprises exportatrices. La BEI, en collaboration étroite avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a d’ailleurs publié un guide pratique, véritable feuille de route pour faciliter cette indispensable mutation.
La digitalisation : Second pilier d’une compétitivité renouvelée
L’ère numérique pleinement embrassée
Au-delà de l’enjeu environnemental, la course à la digitalisation constitue l’autre moteur de la transformation des PME marocaines. Près de huit entreprises sur dix ont déjà adopté les technologies numériques, avec une répartition éloquente : 22% se distinguent par un niveau d’intégration très avancé, exploitant pleinement les outils digitaux pour optimiser leurs opérations, affiner leurs stratégies marketing et étendre leur rayonnement à l’international. Si 57% des répondants affichent un usage intermédiaire, il est notable que seule une PME sur dix considère le manque de digitalisation comme un frein majeur à son développement, signe d’une adoption déjà bien ancrée.
Investir dans l’avenir : R&D et financement
Un dirigeant interrogé a souligné l’importance cruciale d’investir massivement dans la recherche et le développement (R&D) pour stimuler la collaboration et perfectionner les technologies numériques. Il a également insisté sur la nécessité d’élargir les systèmes de crédit afin de dynamiser les réseaux d’investissement, essentiels à l’innovation et à l’expansion.
Au-delà du financement : Des attentes fortes en compétences et innovation
Si la majorité des dirigeants marocains jugent les dispositifs d’accompagnement nationaux satisfaisants, une proportion significative (plus de la moitié) estime qu’ils pourraient être améliorés. Les attentes envers les organisations internationales sont particulièrement élevées, révélant un besoin croissant pour un soutien plus holistique. Les domaines prioritaires sont clairs : l’appui à l’innovation et aux transitions digitale et écologique (cité par 72% des PME), l’accompagnement à l’export et l’accès aux marchés internationaux (67%), ainsi que la formation et le renforcement des capacités (61%).
Cette étude marque un véritable changement de paradigme : les PME marocaines ne se limitent plus à la quête de financement. Elles aspirent désormais à un soutien qui privilégie le développement des compétences et l’innovation, reconnaissant en eux les véritables moteurs d’une croissance durable et d’une compétitivité renforcée sur la scène internationale.
Soufiane Guellaf, 12 février 2026
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