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Sila Atlantik : Le Maroc et l’Allemagne unis par un câble électrique géant pour l’avenir vert de l’Europe

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Sila Atlantik : Le Maroc et l’Allemagne, un Pont Énergétique Gigantesque pour l’Avenir Vert de l’Europe

Après l’épisode britannique, la société Xlinks, pionnière des interconnexions énergétiques à très longue distance, ne lâche rien de ses ambitions. Loin de se décourager, elle pivote avec audace vers un nouveau défi colossal : Sila Atlantik. Ce projet pharaonique vise à tisser un lien électrique sous-marin de 4 800 km entre les vastes étendues solaires et éoliennes du Maroc et le cœur industriel de l’Allemagne, promettant une révolution dans l’approvisionnement en énergie renouvelable du continent. Un investissement estimé entre 30 et 40 milliards d’euros est en jeu, témoignant de l’ampleur et de la vision de cette initiative.

Le Revers Britannique : Une Leçon Apprise, une Nouvelle Voie Tracée

L’aventure initiale de Xlinks, qui prévoyait de relier le Maroc au Royaume-Uni, s’est heurtée à un obstacle de taille : le refus de Londres d’accorder le Contrat pour Différence (CfD). Ce mécanisme, essentiel pour garantir la viabilité économique de tels projets en stabilisant les prix de l’électricité pour les producteurs, était la pierre angulaire de l’opération. Malgré quatre années de négociations intenses, l’accord n’a pas été trouvé, forçant Xlinks à reconsidérer sa stratégie. Mais de cette déconvenue est née une opportunité, car l’idée d’une connexion avec l’Allemagne n’était pas nouvelle, elle était simplement passée au second plan. Aujourd’hui, elle s’impose comme l’alternative de choix, forte d’un accord gouvernemental avec Berlin.

Sila Atlantik : L’Ambition Démesurée au Service de la Transition Énergétique

Le projet Sila Atlantik, héritier de la vision de son prédécesseur, ne fait pas dans la demi-mesure. Il prévoit l’installation au Maroc d’une capacité impressionnante de 15,2 GW d’énergies renouvelables, combinant solaire et éolien, complétée par 9,6 GW de stockage par batteries pour assurer une alimentation stable et continue. Le câble sous-marin, long de près de 5 000 km, acheminera cette électricité verte vers l’Allemagne, garantissant un coût de production compétitif et une disponibilité annuelle exceptionnelle de 7 000 heures équivalent pleine charge. C’est l’équivalent de la production de trois centrales électriques conventionnelles, un apport non négligeable pour un pays en pleine mutation énergétique.

L’Allemagne, un Géant Industriel en Quête d’Énergie Verte

Malgré son statut de leader dans le développement des énergies renouvelables, l’Allemagne reste fortement dépendante des combustibles fossiles, qui représentent encore 41% de son mix énergétique. Ses objectifs ambitieux – atteindre 75% d’énergies renouvelables et une capacité de 360 GW d’ici 2030 – se heurtent à une réalité géographique : le manque de foncier disponible pour de nouvelles infrastructures massives. En tant que première puissance industrielle européenne, l’Allemagne est également un émetteur majeur de gaz à effet de serre. Le besoin d’une énergie propre, fiable et abordable est donc crucial. Les prix de l’électricité y sont comparables, voire légèrement supérieurs, à ceux du Royaume-Uni, et restent fortement influencés par les énergies fossiles. Sila Atlantik pourrait offrir une bouffée d’oxygène à son secteur industriel, qui devrait bénéficier de prix subventionnés dès 2026.

Un Cadre Favorable et des Perspectives Prometteuses

L’Allemagne se distingue par une plus grande ouverture aux interconnexions énergétiques transfrontalières. Déjà connectée au Danemark, à la Suède et à la Norvège par des câbles CCHT, elle prévoit la nécessité de 35 projets de lignes supplémentaires d’ici 2045 pour acheminer 70 GW d’éolien offshore. Le processus d’autorisation y est également moins complexe qu’au Royaume-Uni, la Bundesnetzagentur étant l’autorité compétente. Le tracé du câble Sila Atlantik, traversant les eaux territoriales de la France, de l’Espagne et du Portugal, bénéficiera des discussions déjà entamées lors du projet Xlinks, permettant un gain de temps précieux. De plus, la Deutsche Bahn s’est montrée intéressée comme « off-taker » potentiel, soulignant l’attractivité du projet.

Le Financement : Les Contrats pour Différence en Ligne de Mire

Le coût colossal de Sila Atlantik, entre 30 et 40 milliards d’euros, exige un cadre financier solide. L’Allemagne, consciente de l’importance de la stabilité pour les investisseurs, s’apprête à modifier sa loi sur les énergies renouvelables pour introduire des Contrats pour Différence (CfD) dès janvier 2027. Ce mécanisme, qui garantit un prix d’exercice fixe pour l’électricité produite, avait été un atout majeur pour le projet britannique avorté. L’Union Européenne développe également des contrats de différence bilatéraux et des mécanismes de récupération, créant un environnement propice à de tels investissements massifs. La fondation Desertec, fervente partisane de l’interconnexion avec les déserts producteurs d’énergies renouvelables, valide la maturité des technologies de transport CCHT, parfaitement adaptées aux besoins allemands. Sila Atlantik n’est pas seulement un câble, c’est un symbole d’une coopération énergétique transnationale audacieuse, prête à redéfinir le paysage énergétique européen.


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