L’Éclaircie se Dessine pour les Banques Cotées : Perspectives 2026-2027
Le secteur bancaire coté au Maroc s’apprête à franchir un nouveau cap, celui d’une croissance normalisée, promettant une visibilité accrue sur les profits attendus à l’horizon 2026-2027. C’est ce que révèle une analyse pointue d’Attijari Global Research (AGR), qui anticipe une divergence plus prononcée des performances, chaque institution affichant des profils distincts en matière de rendement, d’expansion ou de stabilisation.
L’année 2025 a déjà posé les jalons de cette dynamique, avec des résultats qui ont largement dépassé les prévisions, portés par des leviers structurels robustes. AGR souligne notamment un retournement spectaculaire du coût du risque, après quatre années de dégradation. Fin septembre, ce coût avait reculé de 9,8% pour s’établir à 10,5 milliards de dirhams (MAD), signe d’une consolidation du taux de défaut au Maroc, favorisée par un environnement macroéconomique plus clément et une normalisation progressive des portefeuilles.
La pérennité de la croissance du Produit Net Bancaire (PNB) constitue un autre pilier de cette surperformance. Contrairement aux cycles précédents, l’expansion des revenus repose désormais sur des facteurs plus durables. Le dynamisme des crédits d’équipement soutient activement la marge nette d’intérêt, tandis qu’une reconfiguration graduelle du PNB se dessine, marquée par la montée en puissance des activités de marché et des commissions.
Parallèlement, la diminution tendancielle du coefficient d’exploitation s’inscrit dans un mouvement de fond, largement attribué par AGR aux investissements continus dans la banque digitale. Ces avancées technologiques permettent non seulement d’absorber la croissance de l’activité, mais aussi de maîtriser l’évolution des charges, renforçant ainsi l’efficacité opérationnelle du secteur.
Perspectives 2026-2027 : Zoom sur les Acteurs Clés
Attijariwafa Bank : Le Leader Confirme sa Trajectoire
Pour la période 2026-2027, Attijariwafa Bank (AWB) devrait voir son PNB croître à un rythme annuel avoisinant les 5%, propulsé par une solide dynamique des crédits d’équipement. Le groupe est en passe de conforter sa position de leader sur ce segment, avec une part de marché estimée à 35%. L’efficacité opérationnelle continuera de s’améliorer, le coefficient d’exploitation étant ciblé à 34,7% en 2027, grâce à une optimisation constante des coûts et à l’intégration croissante des canaux digitaux.
Côté risque, AGR anticipe une normalisation du coût du risque autour de 68 points de base en 2027, un niveau proche de sa moyenne historique, reflétant un contexte macroéconomique plus porteur. Dans ce scénario, le résultat net part du groupe (RNPG) d’AWB est projeté à 11,6 milliards de MAD en 2027, confirmant son profil de rentabilité robuste. L’action se négocierait sur un P/E 2027 de 13,7x, soit une décote de 24% par rapport à la moyenne sectorielle à long terme, avec un rendement de dividende estimé à 2,9% sur la période.
Banque Centrale Populaire (BCP) : Une Croissance des Profits Stabilisée
La Banque Centrale Populaire (BCP) est attendue dans une phase de croissance des profits stabilisée, ayant déjà franchi le seuil des 5 milliards de MAD de RNPG dès 2025. Attijari Global Research prévoit une croissance du PNB de 4,3% en 2026, ralentissant à 3,7% en 2027, marquant une trajectoire plus normalisée mais durable. L’efficacité opérationnelle restera une priorité, avec un coefficient d’exploitation ramené à 43,3% en 2026 et 43,1% en 2027, soutenu par l’optimisation du réseau et le rôle croissant de la banque digitale.
Les indicateurs de risque devraient poursuivre leur normalisation, le coût du risque s’allégeant à 165 points de base en 2026 et 160 points de base en 2027, des niveaux proches des références pré-Covid. En valeur absolue, le coût du risque est projeté à 5,8 milliards de MAD en 2026, augmentant légèrement à environ 5,9 milliards de MAD en 2027. Le RNPG est estimé à 5,3 milliards de MAD en 2026 et 5,6 milliards de MAD en 2027, avec un ROE moyen dépassant les 11% sur la période. En termes de valorisation, le titre devrait s’échanger sur un P/E 2027 de 10,2x – le plus bas parmi les banques cotées – tout en offrant un rendement de dividende moyen estimé à 4,4%, soulignant son profil de rendement attractif.
Bank of Africa (BOA) : Moteur des Grands Projets d’Investissement
Le PNB de Bank of Africa (BOA) devrait progresser à un taux annuel moyen de 5,3% sur 2025-2027, tiré par l’implication du groupe dans les grands projets d’investissement au Maroc, qui animent la dynamique des crédits. L’efficacité opérationnelle demeurera un levier structurel clé dès 2026, avec un coefficient d’exploitation qui devrait reculer à 43,7%, puis à 43,2% en 2027, soit une réduction cumulée de plus de 3 points par rapport à la période 2019-2024. Cette tendance est soutenue par des investissements continus en IT et en efficacité opérationnelle.
Sur le front du risque, AGR anticipe une augmentation annuelle maîtrisée de 3,1% du coût du risque sur 2025-2027, avec un taux ciblé à 120 points de base en 2027, en baisse par rapport aux 129 points de base de 2024. Le RNPG est projeté à 4,1 milliards de MAD en 2026 et 4,4 milliards de MAD en 2027, avec un ROE approchant les 13%. En termes de valorisation, l’action serait valorisée à un P/E 2027 de 10,6x, reflétant une décote de 41% par rapport au niveau normatif du secteur, et offrant un rendement de dividende moyen estimé à 4,8%.
CIH Bank : Dynamisme Commercial et Performance des Activités de Marché
Le PNB de CIH Bank est attendu en forte croissance, avec un taux annuel moyen de 7,9% sur 2024-2027, soutenu par un élan commercial favorable et une performance robuste des activités de marché. L’amélioration de l’efficacité opérationnelle se poursuivrait en 2026, avec un coefficient d’exploitation ramené à 41,9%, puis à 41,7% en 2027, représentant un gain cumulé de 2,2 points par rapport à 2024, malgré une augmentation maîtrisée des frais de gestion.
Côté risque, AGR prévoit une augmentation prudente du coût du risque, faisant suite à la normalisation observée en 2024. Celui-ci atteindrait 1,3 milliard de MAD d’ici 2027, correspondant à un taux de 94 points de base, un niveau jugé contrôlé compte tenu du profil de croissance de la banque. Dans ce contexte, le RNPG s’établirait à 1,1 milliard de MAD en 2026, puis à 1,2 milliard de MAD en 2027. En termes de valorisation, le titre se négocierait sur un P/E 2027 de 11,6x, avec une décote par rapport au niveau normatif du secteur bancaire. Cette trajectoire de profits ouvre la voie à un ajustement à la hausse de la politique de dividendes, avec un rendement de dividende moyen estimé à 4,5% sur 2025-2027, supérieur à celui du secteur.
BMCI : Une Croissance des Profits Encore Sous Contrainte
Pour 2026-2027, la BMCI devrait évoluer dans un scénario de croissance des profits encore bridée par des charges élevées, malgré une activité désormais stabilisée. En effet, le PNB progresserait à un taux annuel moyen de 3,1% sur 2025-2027, reflétant une dynamique plus modérée que celle du secteur. L’amélioration de l’efficacité opérationnelle resterait progressive, avec un coefficient d’exploitation ramené à 57,8% en 2026, puis à 56,6% en 2027, suite à une normalisation initiée depuis le pic atteint en 2021. Cependant, ce niveau demeurerait significativement supérieur à la moyenne sectorielle, témoignant d’une base de coûts encore élevée.
Sur le front du risque, AGR anticipe un coût du risque moyen d’environ 121 points de base sur 2025-2027, un niveau plus élevé que la moyenne pré-Covid, avec une augmentation annuelle modérée sur la période. Dans ce contexte, le RNPG est projeté à 0,7 milliard de MAD en 2026 et 0,8 milliard de MAD en 2027. Le titre se négocierait sur un P/E 2027 de 12,5x, affichant une décote par rapport au secteur, et un rendement de dividende moyen estimé à 2,4% sur la période.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe









Laisser un commentaire