Mondial 2030 : L’Alliance Économique Maroc-Espagne-Portugal Prend Forme
Trois semaines seulement après le succès éclatant de la CAN 2025, le Complexe Mohammed VI de football à Salé a vibré au rythme d’une nouvelle ambition. Le lundi 10 février, il a accueilli le tout premier Forum d’affaires Maroc-Espagne-Portugal, un événement capital dédié à la Coupe du Monde 2030. Sous l’impulsion conjointe de la CGEM, de la CEOE espagnole et de la CIP portugaise, des figures ministérielles, des présidents de fédérations patronales et des capitaines d’industrie des trois nations co-organisatrices se sont réunis pour jeter les bases d’une collaboration économique d’une ampleur inédite. Au cœur des discussions : infrastructures, mobilité, tourisme, innovation et formation. Avec des retombées économiques estimées à plus de 5 milliards d’euros pour chaque pays, ce rendez-vous planétaire transcende le simple cadre sportif pour s’ériger en une véritable plateforme d’investissement, que ces trois partenaires entendent bâtir main dans la main.
Le siège régional de la FIFA, niché au cœur du Complexe Mohammed VI, symbole de l’ancrage indélébile du Maroc dans la sphère footballistique mondiale, a servi de cadre à cette rencontre historique. Les représentants patronaux marocains, espagnols et portugais y ont convergé pour concrétiser une vision audacieuse : transformer une aspiration sportive en un projet économique continental structurant. Le calendrier de cette initiative n’est pas fortuit : la Coupe d’Afrique des Nations, qui vient de s’achever, a offert au monde une démonstration éclatante de la maturité organisationnelle du Royaume. L’heure est désormais à la prochaine étape, celle d’un Mondial qui promet de redéfinir les standards.
Un Centenaire Historique, Un Pont entre Continents
« Cette Coupe du monde sera, à bien des égards, exceptionnelle », a affirmé d’emblée Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération Royale marocaine de football. Une exceptionnalité d’abord historique, marquant le centenaire de la première édition, tenue en Uruguay en 1930. Mais aussi géographique : pour la première fois, deux continents – l’Afrique et l’Europe – unissent leurs forces pour accueillir la plus prestigieuse des compétitions de football. M. Lekjaâ a souligné l’alignement de cet événement avec la Vision Royale, insistant sur le fait que « le sport, et en particulier le football, constitue l’un des éléments essentiels de ce puzzle complexe, générateur de valeur et de rayonnement international pour le Maroc ». Le complexe de Salé, a-t-il rappelé, œuvre « quotidiennement au service du football mondial et de la jeunesse ».
La Mobilité, un Défi et une Opportunité
Cent un matchs devront être orchestrés sur une période condensée, avec une contrainte logistique sans précédent : la mobilité totale des équipes entre les trois pays. Une sélection pourra ainsi fouler la pelouse de Madrid, puis celle de Marrakech, avant de s’envoler pour Lisbonne. Cette réalité, selon M. Lekjaâ, « impose une homogénéité parfaite en matière d’organisation, de transport, d’infrastructures et de services », ouvrant la voie à des investissements massifs et coordonnés.
La CAN 2025 : Une Répétition Générale Magistrale
Chakib Alj, président de la CGEM, a pris le relais pour dresser un bilan élogieux de ce qu’il a qualifié de « meilleure CAN de l’histoire ». Les chiffres, éloquents, témoignent de l’impact colossal : plus de 2 milliards d’euros de retombées économiques directes, près d’un milliard investi dans la modernisation des infrastructures sportives, la création de 60 000 emplois et la mobilisation de plus de 3 000 entreprises marocaines. « En deux ans, nous avons réalisé ce qui aurait pris une décennie en temps normal », a martelé le patron des patrons marocains. Au-delà des statistiques, M. Alj a mis en lumière l’effet d’accélération sur la formation et l’employabilité de dizaines de milliers de jeunes, désormais aguerris aux métiers de l’événementiel, de l’ingénierie à la technologie. Pour Chakib Alj, la leçon est limpide : « Lorsque l’ambition est claire, la coordination efficace et l’exécution collective, les grands événements sportifs peuvent devenir de puissants catalyseurs de développement économique et social ». La CAN n’était qu’un prélude. Le Mondial 2030, lui, promet de démultiplier ces effets.
Cinq Milliards d’Euros par Pays : L’Enjeu Économique Stratégique
Antonio Garamendi, président de la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE), a résolument ancré le débat dans la sphère de l’investissement. « Nous ne devons pas considérer la Coupe du monde 2030 uniquement comme un grand événement sportif international, mais comme une véritable plateforme d’investissement et de croissance, inscrite dans le long terme », a-t-il déclaré avec force. Le chef du patronat espagnol s’est appuyé sur les projections de la FIFA, corroborées par le gouvernement de Madrid : plus de 5 milliards d’euros de revenus directs par économie nationale. Mais au-delà de cette manne financière, c’est la capacité à orienter ces investissements vers des secteurs stratégiques qui captive son attention : infrastructures, mobilité, tourisme, innovation, culture et, bien sûr, l’emploi.
L’Espagne, a rappelé M. Garamendi, connaît bien ce scénario. La Coupe du monde 1982 et les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 ont été des vecteurs de transformation profonde pour le pays. « Ces grands rendez-vous ont été des déclencheurs : modernisation des infrastructures, repositionnement international, montée en gamme de l’économie », a renchéri Chakib Alj, citant l’exemple ibérique comme une source d’inspiration majeure pour le Maroc.
Des Chantiers Colossaux en Perspective pour le Maroc
Le Maroc, loin d’être en reste, a déjà enclenché une mue spectaculaire. Chakib Alj a détaillé les projets structurants qui verront le jour d’ici 2030 : le doublement de la capacité de six aéroports majeurs, l’extension du réseau autoroutier de près de 30%, la mise en service de la ligne à grande vitesse reliant Kénitra à Marrakech, et le déploiement de réseaux express régionaux dans les principales métropoles. À cela s’ajoutent les ports stratégiques de Nador West Med et Dakhla Atlantique, destinés à consolider la puissance logistique du Royaume sur l’échiquier mondial.
Le Grand Stade Hassan II : Un Symbole d’Ambition
Pièce maîtresse de ce dispositif ambitieux : le Grand Stade Hassan II de Casablanca, qui s’apprête à devenir le deuxième plus grand stade du monde. Antonio Garamendi y voit une opportunité de co-investissement majeure dans des domaines clés tels que l’ingénierie, la construction, l’énergie et la technologie. Une condition sine qua non, cependant : que ces infrastructures soient conçues comme des « plateformes multifonctionnelles, actives toute l’année, combinant usages sportifs, culturels, corporatifs et citoyens ». « Il ne s’agit pas seulement de construire, mais de laisser un héritage durable », a-t-il insisté, appelant à dépasser le « football-centrisme » pour une vision plus holistique.
Les TPME, Piliers du Développement Inclusif
Élargissant la focale, Chakib Alj a souligné l’importance cruciale des Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPME). « L’avenir économique d’un pays ne se construit pas uniquement par le haut. Il se bâtit à la base : dans l’écosystème entrepreneurial, au cœur même de l’économie réelle », a-t-il affirmé. De la grande entreprise chargée d’ériger les stades à la petite PME locale fournissant des services, l’ensemble du tissu économique sera sollicité, garantissant une répartition plus large des bénéfices et un développement inclusif. Ce Mondial 2030 se dessine ainsi comme un projet de société, où l’excellence sportive se conjugue avec une prospérité partagée et un héritage durable pour les générations futures des trois nations.
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