Le Niger, pion stratégique de l’Algérie dans le Sahel : une nouvelle donne pour l’AES ?
Après une année 2025 marquée par des tensions diplomatiques sans précédent avec les nations de l’Alliance des États du Sahel (AES), Alger semble opérer un virage stratégique. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, multiplie désormais les gestes d’ouverture, avec une cible privilégiée : le Niger du général Abdourahamane Tiani. Cette nouvelle approche soulève une question fondamentale : le Niger est-il en passe de devenir le cheval de Troie de l’Algérie au sein de l’AES, redessinant ainsi les équilibres géopolitiques d’une région déjà en pleine mutation ?

Un virage diplomatique inattendu d’Alger
Le 7 février dernier, lors de son traditionnel entretien avec la presse nationale – un exercice de communication désormais bien rodé –, le président Abdelmadjid Tebboune a dévoilé les contours d’une diplomatie renouvelée envers ses voisins sahéliens. Loin des postures de confrontation qui ont caractérisé l’année précédente, le chef de l’État algérien a affiché une bienveillance notable, marquant une rupture avec la période de froid glacial qui avait suivi les récents coups d’État dans la région.
Cette initiative algérienne intervient dans un contexte régional complexe, où l’influence des puissances traditionnelles est contestée et où de nouvelles alliances se dessinent. L’Algérie, puissance régionale soucieuse de sa stabilité frontalière et de son rôle historique dans la médiation, semble vouloir reprendre la main, non plus par l’isolement, mais par un engagement sélectif.
Le Niger : une porte d’entrée stratégique pour l’Algérie ?
Le choix du Niger comme interlocuteur privilégié n’est pas anodin. Géographiquement, le Niger partage une longue frontière avec l’Algérie et représente un maillon essentiel dans la lutte contre le terrorisme et les trafics transfrontaliers. Mais au-delà de ces considérations sécuritaires classiques, la démarche d’Alger pourrait cacher des ambitions plus profondes au sein de l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
En effet, l’hypothèse d’un « cheval de Troie » algérien au cœur de l’AES prend de l’épaisseur. En cultivant une relation privilégiée avec Niamey, Alger pourrait chercher à influencer les décisions et l’orientation de l’Alliance, voire à y introduire une voix dissonante face à d’autres influences, notamment russes ou chinoises, qui gagnent du terrain dans la région. Il s’agirait pour l’Algérie de réaffirmer son leadership régional et de contrer toute tentative d’encerclement ou de marginalisation.
Les motivations de Niamey et les enjeux pour l’AES
Du côté nigérien, l’ouverture algérienne est également perçue comme une opportunité. Le régime du général Tiani, confronté à des sanctions régionales et à une pression internationale, pourrait trouver en Alger un allié économique et diplomatique de poids. L’accès aux ports algériens, la coopération énergétique ou encore le soutien politique sur la scène africaine sont autant d’avantages que Niamey pourrait tirer de ce rapprochement.
Pour l’AES dans son ensemble, cette dynamique algéro-nigérienne pourrait avoir des répercussions majeures. Si le Niger s’aligne davantage sur les positions d’Alger, cela pourrait fragiliser la cohésion interne de l’Alliance, voire la réorienter. Les autres membres de l’AES, le Mali et le Burkina Faso, observeront avec attention cette évolution, qui pourrait les pousser à reconsidérer leurs propres stratégies d’alliances et leurs relations avec Alger.
Quel avenir pour la diplomatie sahélienne ?
L’année 2026 s’annonce donc comme une période charnière pour le Sahel. Le rapprochement entre l’Algérie et le Niger, s’il se confirme et s’intensifie, pourrait remodeler les cartes de l’influence régionale. L’Algérie de Tebboune, en adoptant une stratégie plus nuancée et ciblée, tente de se repositionner comme un acteur incontournable. Reste à savoir si cette manœuvre sera perçue comme une opportunité de stabilisation ou comme une tentative de division au sein de l’AES. L’avenir de la sécurité et de la diplomatie sahélienne pourrait bien se jouer dans les coulisses de cette nouvelle entente.
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