Armement. En quoi consistent exactement
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Armement. En quoi consistent exactement les achats russes de l'Algérie ?

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L’Algérie sous le feu de Washington : Décryptage des acquisitions militaires russes

Le spectre des sanctions américaines plane sur Alger. Un rappel à l’ordre cinglant est venu de Washington, où le chef du Bureau des affaires du Proche-Orient du département d’État a qualifié de « préoccupants » les achats d’avions russes par l’Algérie, brandissant la menace de représailles. Mais au-delà des déclarations diplomatiques, que révèlent les données disponibles sur l’ampleur de cette dépendance algérienne envers l’armement russe et la réalité des livraisons ?

L’image du Général de Corps d’Armée Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, à Moscou en juin 2021, symbolise une relation militaire profonde et historique. Une alliance qui, aujourd’hui, se retrouve au cœur d’une tension géopolitique grandissante.

Un partenariat historique et stratégique

La relation militaire entre l’Algérie et la Russie n’est pas nouvelle. Héritée de l’ère soviétique, elle s’est consolidée au fil des décennies, faisant de l’Algérie l’un des principaux clients de l’industrie de défense russe. Cette fidélité s’explique par plusieurs facteurs : une compatibilité des systèmes d’armes, des coûts souvent plus avantageux que ceux des concurrents occidentaux, et une volonté de diversification des partenariats stratégiques face aux pressions régionales et internationales.

La menace américaine : Quand la CAATSA s’invite au Maghreb

L’audition au Sénat américain le 3 février 2026, initialement axée sur la lutte antiterroriste en Afrique du Nord, a rapidement dévié vers la question des acquisitions militaires algériennes. Le directeur par intérim du Bureau des affaires du Proche-Orient a clairement exprimé les inquiétudes de Washington, faisant écho à la loi

Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA). Cette législation permet aux États-Unis d’imposer des sanctions aux entités qui réalisent des transactions significatives avec les secteurs de la défense ou du renseignement russes. Une épée de Damoclès pour Alger, qui pourrait voir ses relations économiques et financières avec l’Occident sérieusement affectées.

Dans le viseur : Quels armements russes pour l’Algérie ?

Si les détails précis des contrats militaires sont souvent entourés de discrétion, les analyses des instituts spécialisés et les rapports de renseignement permettent d’esquisser un tableau des acquisitions algériennes. Les « avions russes » évoqués par Washington ne sont que la partie émergée de l’iceberg. L’Algérie a notamment renforcé sa flotte aérienne avec des chasseurs de pointe et des bombardiers tactiques :

  • Aviation de combat : L’Algérie opère déjà une importante flotte de Sukhoi Su-30MKA

    , et des rumeurs persistantes font état de commandes ou d’intérêt pour des appareils plus modernes comme les

    Su-35 Flanker-E, voire les Su-57 Felon, des chasseurs de cinquième génération. L’acquisition de bombardiers tactiques Su-34 Fullback est également confirmée, offrant à l’Algérie une capacité de frappe en profondeur significative.

  • Défense aérienne : Le pays est un acteur majeur en matière de défense antiaérienne, avec des systèmes de missiles S-400 Triumf, capables d’intercepter des cibles à longue portée et haute altitude, complétés par des systèmes à courte et moyenne portée comme les Pantsir-S1.
  • Forces terrestres : L’armée de terre algérienne est largement équipée de matériel russe, notamment des chars de combat principaux T-90SA

    , des véhicules blindés de transport de troupes, et une artillerie moderne.

  • Marine : La marine algérienne a également bénéficié de l’expertise russe, notamment avec l’acquisition de sous-marins de la classe Kilo améliorée (Projet 636 Varshavyanka), reconnus pour leur discrétion et leur puissance de frappe.

La réalité des livraisons et la dépendance stratégique

Les données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) confirment que la Russie demeure le principal fournisseur d’armes de l’Algérie, représentant une part prépondérante de ses importations militaires. Cette dépendance, bien que stratégique pour Alger, soulève des questions sur sa marge de manœuvre face aux pressions extérieures et sur la résilience de sa chaîne d’approvisionnement en cas de tensions accrues avec Moscou.

Les livraisons, bien que parfois sujettes à des retards ou des ajustements en fonction des capacités de production russes et des priorités géopolitiques, s’inscrivent dans une logique de modernisation continue de l’armée algérienne. L’objectif est clair : maintenir une dissuasion régionale crédible et garantir la sécurité des vastes frontières du pays.

Quelles perspectives pour l’Algérie ?

Face à la position ferme de Washington, l’Algérie se trouve à la croisée des chemins. Poursuivre sa politique d’acquisition auprès de la Russie, au risque de s’exposer à des sanctions, ou chercher à diversifier davantage ses sources d’approvisionnement, ce qui impliquerait des coûts financiers et opérationnels importants, ainsi qu’une réorientation stratégique complexe. La décision d’Alger aura des répercussions non seulement sur sa propre sécurité, mais aussi sur l’équilibre géopolitique fragile de la région nord-africaine.

Par Wissam El Bouzdaini, le 10 février 2026 à 17h59


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