Grève des avocats : Casablanca
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Grève des avocats : Casablanca à bout, l’unité de la profession à rude épreuve

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Casablanca au bord de la rupture : La grève des avocats met la justice à l’arrêt et la profession à l’épreuve

Depuis sept semaines, la métropole économique de Casablanca est le théâtre d’une crise judiciaire sans précédent. La grève illimitée des avocats, ces « robes noires » dont l’absence se fait cruellement sentir, a plongé les tribunaux dans un état de saturation alarmant. Les audiences sont reportées sine die

, les dossiers s’empilent, et l’engorgement menace l’efficacité même de l’appareil judiciaire dans la ville qui concentre le plus grand nombre d’affaires du pays.

Un front uni qui se fissure face à la paralysie

Alors que la grève s’éternise, des voix discordantes s’élèvent au sein du barreau de Casablanca, appelant à une reprise des activités. Certains avocats, interrogés par notre rédaction, expriment leur lassitude face à une situation qu’ils jugent intenable, impactant directement leurs propres dossiers et, par extension, leurs revenus. D’autres, fidèles à l’esprit de corps, insistent sur la nécessité de maintenir la solidarité jusqu’à l’obtention de leurs revendications, malgré les conséquences économiques et professionnelles.

Ce scénario n’est pas sans rappeler de précédents épisodes de contestation où des tentatives de reprise individuelle avaient été fermement réprimées par la profession, allant parfois jusqu’à des agressions, des affaires qui avaient même fini devant la Cour de cassation. La tension est palpable, et la question de l’unité de la profession est plus que jamais sur la table.

Le dialogue de sourds entre l’ABAM et le Ministère de la Justice

Au cœur de ce conflit se trouve un projet de loi dont l’Association des Barreaux du Maroc (ABAM) exige le retrait pur et simple. Si l’ABAM se dit ouverte au dialogue, elle refuse catégoriquement de soumettre des propositions d’amendements écrites. Une position qui se heurte à la fermeté du ministre de la Justice, qui, lui, conditionne toute discussion à la présentation de telles propositions. Le dialogue est donc dans une impasse, et les tentatives de médiation parlementaire n’ont, pour l’heure, pas abouti à un cadre concret.

Même la conférence de presse, annoncée par les barreaux pour éclairer l’opinion publique, n’a pas apporté les réponses claires et rassurantes que les citoyens et les justiciables attendaient.

La voix dissonante du bâtonnier de Casablanca

C’est dans ce climat de tension que le bâtonnier Mohamed Chehbi a fait entendre une voix dissonante. Dans un communiqué publié le lundi 9 février, il a tenu à clarifier une réunion tenue à son domicile avec des personnalités éminentes de la profession, dont Me Abdelkbir Tabih et l’ancien ministre de la Justice Me Mustapha Ramid. Il a souligné le caractère « non officiel » et « non contraignant » de cette rencontre, tout en affirmant son droit de se concerter librement.

Plus important encore, Me Chehbi a vivement critiqué la stratégie actuelle. Selon lui, une grève générale et illimitée, couplée à une demande de retrait sans propositions alternatives, est vouée à l’échec. Le communiqué révèle également que la situation critique de Casablanca, soumise à une pression intense, avait été signalée au bureau de l’ABAM, mais sans succès. Le bâtonnier de Casablanca aurait même décidé de cesser toute communication officielle, signe d’un profond désaccord.

L’unité à l’épreuve : Quel avenir pour la grève ?

En réaction à ce communiqué, l’ABAM a rapidement réaffirmé l’unité des 17 barreaux du royaume. Cependant, la question demeure : cette fracture interne, rendue publique par la prise de position du bâtonnier de Casablanca, parviendra-t-elle à fissurer la solidarité de la profession et à mettre un terme à cette grève qui paralyse le système judiciaire et épuise les justiciables ? L’avenir de la justice à Casablanca, et au-delà, semble suspendu à cette délicate équation.


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